RWE-L'accord avec Berlin sur le nucléaire pèsera sur le résultat

mardi 7 septembre 2010 16h57
 

MUNICH, 7 septembre (Reuters) - RWE (RWEG.DE: Cotation) compte réduire ses coûts pour compenser des milliards d'euros de taxes supplémentaires résultant d'un accord avec le gouvernement qui accroît la durée de vie des centrales nucléaires, a déclaré un membre du directoire mardi.

Rolf Martin Schmitz a précisé que les versements au fisc seraient étalés sur les six prochaines années, alors que les avantages de l'accord ne se concrétiseraient qu'à long terme.

"Financièrement, les effets sont négatifs pour nous à court terme", a-t-il dit à Reuters, lors d'une conférence sur l'énergie.

La coalition au pouvoir a décidé de rallonger la durée de vie des 17 centrales nucléaires du pays, dont cinq sont exploitées par RWE. Chaque réacteur fonctionnera 12 ans de plus environ en moyenne.

En soi, la mesure doit profiter au compte d'exploitation des quatre grandes compagnies d'électricité allemandes car une bonne partie des réacteurs a déjà été amortie, mais ces dernières doivent acquitter tous les ans une taxe commune sur le combustible nucléaire de 2,3 milliards d'euros par an.

Elles doivent en outre financer un fonds des énergies renouvelables, que le ministère de l'Economie souhaite élever à 30 milliards d'euros. Enfin, dans la mesure où les centrales doivent tourner plus longtemps, elles doivent appliquer des normes de sécurité encore plus strictes, ce qui coûte aussi de l'argent.

La planification à moyen terme de RWE fait l'objet d'un nouvel examen et une mise au point sera faite lors de la conférence de presse annuelle au printemps, a dit encore Rolf Martin Schmitz.

Les réductions de coûts toucheront tous les segments, à l'exception des énergies renouvelables, où RWE, le premier électricien allemand, veut investir 1,4 milliard d'euros par an pendant 10 ans.

Enfin, dans la mesure où le droit de la concurrence empêche RWE d'entrer au capital de ses concurrents allemands, les opportunités de croissance résident ailleurs, aux Pays-Bas, en Turquie et en Grande-Bretagne par exemple, a signalé Rolf Martin Schmitz.

(Vera Eckert et Jens Hack, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Gwénaëlle Barzic)