2 septembre 2010 / 06:15 / il y a 7 ans

LEAD 3 Pernod - Priorité à la croissance et au désendettement

* ROP courant annuel dans le haut de la fourchette prévue

* La marge opérationnelle se tasse légèrement 25,4%

* Les tendances de juillet-août sont bonnes / DG

* Le titre accuse la plus forte baisse du CAC 40

(Actualisé avec précisions et déclarations du DG)

par Pascale Denis et Dominique Vidalon

PARIS, 2 septembre (Reuters) - Pernod Ricard (PERP.PA), qui a annoncé jeudi des résultats sans surprise soutenus par les pays émergents, se donne pour priorité de développer ses marques stratégiques dans un marché mondial qu'il juge mieux orienté.

Le numéro deux mondial des spiritieux, qui avait déjà annoncé prévoir une progression comprise entre 3% et 4% de son résultat opérationnel courant annuel, a fait état d'un résultat de 1,79 milliard d'euros, en hausse de 4%.

Ce résulat a été porté par l'Asie (+14%) et par la France (+7%), tandis qu'il a timidement augmenté de 1% sur le continent américain et qu'il a reculé de 3% en Europe.

Le directeur général de Pernod Ricard, Pierre Pringuet, a déclaré à Reuters dans une interview que la priorité du groupe restait axée sur le développement de ses 14 marques haut de gamme, dites "premium" - qui tirent la croissance et les marges - en maintenant un niveau élevé de dépenses publicitaires.

Dans un marché des spiritueux qui reste difficile dans certains marchés matures, notamment en Europe du Sud - le marché grec est sinistré et le marché espagnol est toujours en baisse - et aux Etats-Unis, Pernod Ricard a accru ses dépenses publicitaires à 17,8% de son chifre d'affaires (contre 17,2% un an plus tôt) et à 24% pour ses seules marques stratégiques.

Ce portefeuille de marques stratégiques compte notamment l'anis Ricard, le cognac Matell, les whiskies Ballantine's ou Chivas Regal, la vodka Absolut et le champagne Mumm.

Ces investissments ont pesé sur sa marge opérationnelle, qui s'est tassée à 25,4% contre 25,6% un an plus tôt.

MARCHÉ MONDIAL ATTENDU EN CROISSANCE

Pierre Pringuet a également dit à Reuters qu'il anticipait pour l'année qui vient un marché mondial "en croissance" et il a évoqué une "bonne tendance" des ventes du groupe en juillet et août, les deux premiers mois de l'exercice. Il s'est refusé à préciser si cette tendance était conforme ou non à l'évolution de la croissance organique du quatrième trimestre (+3%).

Il a précisé que l'Asie et l'Amérique latine confirmaient leur dynamique de croissance, que la consommation "se portait bien" en France, tandis que la tendance était seulement à une "amélioration très progressive" aux Etats-Unis et que le marché espagnol restait négatif.

La Chine est aujourd'hui le troisième marché de Pernod Ricard, derrière les Etats-Unis et la France.

En l'absence de perspectives précises pour l'exercice en cours, le titre cède 2,22% à 61,350 euros à la Bourse de Paris à 12h30, accusant la plus forte baisse du CAC, qui cède 0,05%.

"Les chiffres sont globalement en ligne (...) Même si le groupe fait plutôt mieux que ses pairs, il n'y a guère de véritable motif pour acheter", commente un analyste ayant souhaité garder l'anonymat.

Pernod Ricard réserve traditionnellement ses prévisions annuelles à l'assemblée de ses actionnaires, qui aura lieu cette année le 10 novembre.

Son concurrent Diageo (DGE.L), numéro un mondial du secteur, s'est peu avancé sur ce terrain, se contentant de tabler sur une hausse de son résultat opérationnel "supérieure" aux 2% de l'exercice écoulé. (voir [ID:nLDE67P07U]).

DÉSENDETTEMENT

L'allègement d'une lourde dette héritée du rachat du suédois V&S (fabricant de la vodka Absolut) reste l'autre grande priorité pour Pernod Ricard.

Sa dette nette s'établissait à 10,5 milliards d'euros à la fin juin, en baisse de 304 millions (en tenant compte du taux de l'euro/dollar), pour un ratio de dette nette/Ebitda en baisse à 4,9 contre 5,4.

Après avoir achevé son programme de cessions d'actifs d'un milliard d'euros affecté à son désendettement, Pernod Ricard compte aujourd'hui sur sa génération de cash flow pour poursuivfre l'effort.

Pierre Pringuet a précisé à Reuters que le groupe était en bonne voie pour parvenir, à la fin de l'exercice 2010-2011, à l'objectif de génération de cash flow de 3,0 milliards d'euros qu'il s'était fixé à partir de l'exercice 2008-2009.

Le résultat net courant part du groupe est ressorti à 1.001 millions d'euros, en recul de 1% et en hausse de 7% à taux de changes constants. Le groupe proposera à ses actionnaires un dividende de 1,34 euro par action (0,50 euro un an auparavant), renouant avec sa politique de distribution d'environ un tiers de son résulat net.

En Bourse, la valeur se traite avec des multiples de valorisation d'environ 17,7 fois les bénéfices estimés pour l'année à venir, contre près de 15 pour Diageo.

A ce niveau, le titre est généralement jugé correctement valorisé par les analystes qui, pour nombre d'entre eux, privilégient Pernod face à son concurrent britannique pour sa plus forte exposition aux marchés asiatiques.

Voir aussi:

* Le communiqué de résultats: here

* Pernod Ricard relève ses prévisions grâce aux émergents [ID:nLDE66L1W4] (Edité par Dominique Rodriguez)

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