ABN Amro a perdu près d'un milliard d'euros au premier semestre

jeudi 26 août 2010 14h22
 

AMSTERDAM, 26 août (Reuters) - ABN Amro [ABRGPA.UL], nationalisée par les Pays-Bas au plus fort de la crise, a annoncé jeudi que l'essentiel des charges liées à l'intégration de Fortis Bank Nederland était derrière elle tout en faisant état d'une perte semestrielle de près d'un milliard d'euros.

La banque avait prévenu en mai qu'elle anticipait des pertes massives au titre de la première moitié de l'année en raison d'un volume très élevé de charges.

Elle a lancé en juin un nouvel avertissement, expliquant que ses pertes seraient plus élevées encore, en raison de charges supplémentaires que Fortis devait passer pour des raisons légales.

Jeudi, le numéro un néerlandais de la gestion de fortune et troisième banque de détail du pays, n'a pas livré beaucoup de précisions sur les motifs justifiant ces provisions, se bornant à dire qu'elles étaient liées "à des activités internationales conduites dans le passé."

L'Etat a déboursé plus de 26 milliards d'euros pour racheter et soutenir ABN Amro, faisant de ce sauvetage l'un des plus coûteux au monde. Son directeur général Gerrit Zalm a estimé qu'il était peu probable que le contribuable rentre un jour dans ses frais.

Le patron de la banque a déclaré jeudi qu'il s'attendait à ce que l'intégration des établissements soit finalisée d'ici fin 2012 et qu'il faudrait que le gouvernement trouve une porte de sortie pour le groupe entre 2013 et 2015.

Le directeur financier Jan van Rutte a quant à lui estimé que les coûts de l'intégration étaient en majorité passés. L'opération devrait toutefois conduire la banque à passer une nouvelle charge de 400 millions d'euros au deuxième semestre.

Le bénéfice courant est ressorti à 325 millions d'euros lors du premier semestre, en raison notamment de la hausse des revenus nets tirés des intérêts, tandis que les dépréciations d'actifs ont diminué de plus de moitié.

ABN Amro a toutefois fait état d'une perte nette de 968 millions d'euros, comprenant une charge d'intégration de 481 millions d'euros et une perte de 812 millions sur des actifs vendus à Deutsche Bank (DBKGn.DE: Cotation) en application d'une injonctions des autorités européennes de la concurrence.

Elle a en outre dû passer 265 millions d'euros de charges légales supplémentaires.

(Ben Berkowitz, Nicolas Delame pour le service français, édité par Gwénaëlle Barzic)