3 août 2010 / 13:06 / il y a 7 ans

ANALYSE Bourse - Les groupes auto français peinent à convaincre

* PSA et Renault sous-performent en Bourse

* Crainte sur les volumes avec la fin de la prime à la casse

* Le haut de gamme allemand vu comme un bonus par les investisseurs

* Le pari généraliste des constucteurs français jugé plus périlleux

par Gilles Guillaume

PARIS, 3 août (Reuters) - Les constructeurs automobiles français peinent à convaincre en Bourse malgré des résultats vigoureux et de nouveaux modèles prometteurs, les investisseurs leur préférant depuis le début de l'année leurs concurrents allemands.

Les titres PSA Peugeot Citroën (PEUP.PA) et Renault (RENA.PA) ont perdu respectivement 1,3% et 2,7% depuis le 1er janvier, alors que BMW (BMWG.DE) a bondi de 55%, Volkswagen (VOWG_p.DE) de 64% et Daimler (DAIGn.DE) de 42%.

Dans la foulée de ses résultats trimestriels, BMW s'adjuge 4% mercredi après-midi et entraîne dans son sillage l'ensemble de l'automobile européenne .SXAP, qui signe la plus forte hausse sectorielle, ce qui ne s'était pas produit la semaine dernière lors des comptes de Renault et PSA, pourtant robustes.

Daimler affiche une capitalisation boursière de 43,5 milliards d'euros environ, Volkswagen de 34 milliards et BMW de 26 milliards. Renault pèse seulement près de dix milliards en Bourse et PSA environ cinq milliards.

"Les constructeurs français, très dépendants des volumes, restent pénalisés par les craintes qui entourent maintenant le marché avec la disparition de la prime à la casse", explique Kristina Church, analyste chez Barclays Capital. "Personne ne veut vraiment investir dans ces valeurs tant que l'horizon du second semestre et de 2011 ne sera pas plus dégagé."

"Chez les Allemands, en revanche, la présence d'une offre haut de gamme forte et un positionnement plus précoce sur les marchés émergents constituent des éléments positifs pour les marges, d'où la préférence des investisseurs."

Barclays Capital, à "sous-pondérer" sur les deux groupes français mais à "surpondérer" sur BMW et VW, a classé lundi les valeurs préférées des analystes, sur la base des estimations I/B/E/S. Renault n'arrive qu'en quatrième position, alors qu'il était troisième six mois plus tôt, et PSA pointe à la cinquième place alors qu'il était deuxième précédemment.

Le trio de tête est exclusivement germanique. BMW est la valeur préférée, l'action préférentielle de Volkswagen vient en deuxième position et Daimler arrive à la troisième place.

TOUJOURS DES DOUTES SUR LE RESTE DE L'ANNÉE

Cette défiance explique en partie que PSA ait signé la plus forte baisse du CAC 40 mercredi dernier, abandonnant 4% le jour où il publiait de bons résultats semestriels. Vendredi, c'est Renault qui affichait sa solidité, ce qui n'a pas empêché de longues hésitations avant que le titre s'oriente à la hausse pour clôturer sur un gain de 1,75%.

L'action PSA, en outre victime de prises de bénéfices après son rally enregistré depuis fin mai, est pénalisée par les incertitudes entourant le positionnement moyen de gamme du groupe. Morgan Stanley lui préfère d'ailleurs Renault, même si la banque regrette que celui-ci, contrairement à PSA, n'ait pas été jusqu'à fixer un objectif de bénéfice annuel et se soit contenté d'une prévision de flux de trésorerie.

"L'idée communément admise est qu'on ne peut pas gagner d'argent sur des voitures simples et de petite taille. Ce postulat pourrait ne plus être vrai cette décennie-ci", ajoute Morgan Stanley.

L'écart de traitement entre Français et Allemands est aussi imputable à un décalage dans le temps de l'effet "prime à la casse", qui a permis au secteur de traverser la crise.

En Allemagne, où les aides ont disparu dès septembre 2009, le marché en a subi le contrecoup en début d'année, tandis qu'en France, leur disparition progressive ne se fait sentir que ces derniers mois.

LES FRANÇAIS TRÈS ATTENDUS AU MONDIAL

Les actions Daimler et BMW ont ainsi gagné 40% et 50% en 2009, alors que PSA et Renault ont quasiment doublé leur cours.

Quant à Volkswagen, le numéro un européen, il s'est adjugé plus de 70% en Bourse l'an dernier.

Si l'on compare les performances depuis la fin 2008, le contraste des deux côtés du Rhin devient ainsi moins saisissant: BMW a gagné plus de 100%, Volkswagen 93,5%, PSA près de 94% et Renault plus de 90%. Sur la période, Daimler a pris 56,5%.

Malgré de régulières incursions des Français - la Renault Latitude et la Peugeot 508 étant les exemples les plus récents - le segment des grandes routières haut de gamme reste l'apanage du trio allemand BWM, Audi (Volkswagen) et Mercedes (Daimler). Les constructeurs hexagonaux devront donc encore convaincre les investisseurs que leurs choix stratégiques sont viables et que le succès des Mégane, Duster, C3 et 3008 se concrétisera durablement dans leurs comptes.

Le Mondial de l'automobile, début octobre à Paris, leur en fournira l'occasion. Après les deux shows à l'américaine organisés fin 2009 et début 2010 par PSA pour la présentation aux analystes de son nouveau plan stratégique et de la nouvelle image de la marque Peugeot, ce sera au tour de Renault de dévoiler sa stratégie future en février 2011.

"Les analystes sont toujours friands de présentation sur ce que le management anticipe", souligne Kristina Church. "Ils aiment qu'on leur parle de stratégie, quelle qu'elle soit."

Voir aussi:

* Graphique interactif comparant les constructeurs automobiles européens:

here

* SYNTHESE Les constructeurs auto prudents malgré un bon T2 [ID:nLDE66S1YP]

* Les comptes de résultats :

de Renault [ID:nLDE66T0Z5]

de PSA [ID:nLDE66Q131]

de BMW [ID:nLDE6720VA]

de Volkswagen [ID:nLDE66S0ZM]

de Daimler [ID:nLDE66Q0SL]

Edité par Dominique Rodriguez

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below