July 30, 2010 / 6:02 AM / 7 years ago

LEAD 3 EDF cède ses réseaux britanniques, provision aux USA

7 MINUTES DE LECTURE

* Cession des réseaux britanniques pour près de E7 mds

* Doutes sur la rentabilité et les projets aux Etats-Unis

* Retard pour le réacteur EPR Flamanville

* Graphique comparant EDF à ses concurrents: here

(Actualisé avec conférence et commentaires d'analystes en fin de dépêche, cours de Bourse)

par Benjamin Mallet

PARIS, 30 juillet (Reuters) - EDF (EDF.PA) a publié vendredi des résultats semestriels plombés par une provision de 1,1 milliard d'euros aux Etats-Unis mais a annoncé un accord pour céder ses réseaux de distribution au Royaume-Uni pour 5,8 milliards de livres (6,9 milliards d'euros).

L'électricien public a également officialisé le retard du chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche), dont le coût est réévalué à cinq milliards d'euros environ contre quatre milliards auparavant.

L'objectif de première production d'électricité commercialisable de l'EPR de Flamanville est désormais fixé à 2014 alors que le groupe visait précédemment une mise en service en 2012 pour une vente de l'électricité produite en 2013.

La provision annoncée de 1,1 milliard d'euros aux Etats-Unis est liée aux risques sur la rentabilité de Constellation Energy, dont EDF a racheté près de 50% des actifs nucléaires en 2009 pour 3,1 milliards d'euros.

"Les prix de l'électricité sont bas et, évidemment, ce niveau de prix fait courir un risque sur la rentabilité des projets", a déclaré lors d'une conférence téléphonique Thomas Piquemal, directeur financier d'EDF.

Au total, l'électricien a investi près de 6,5 milliards de dollars aux Etats-Unis depuis 2007, a-t-il précisé. Ces investissements ont principalement été décidés alors que Pierre Gadonneix était encore la tête du groupe, avant d'être remplacé par Henri Proglio fin 2009.

Seul le projet de nouveau réacteur sur le site de Calvert Cliffs est en cours dans le cadre de la société Unistar, qu'EDF et Constellation détiennent conjointement, alors que le français visait l'année dernière quatre réacteurs de nouvelle génération EPR aux Etats-Unis, avec une première mise en service fin 2015.

PAS DE DÉTAILS SUR AREVA

EDF a en outre annoncé viser une production nucléaire comprise entre 405 terawattheure (TWh) et 415 TWh en France pour l'ensemble de l'année, avec un objectif de disponibilité de ses centrales nucléaires - crucial pour sa rentabilité - compris entre 78,5% et 79,5%.

Il visait auparavant un taux en hausse de 1,5 point "au moins" en 2010 par rapport aux 78% 2009, ce qui représentait le plus bas niveau depuis 1992 en raison de grèves et d'arrêts non programmés. A moyen terme, l'objectif est fixé à 85%.

Henri Proglio n'a pas détaillé le partenariat que devraient nouer EDF et Areva à la demande de l'Elysée mais a déclaré lors d'une conférence avec les analystes qu'EDF était "tout à fait disposé" à envisager de monter au capital du fabricant de réacteurs, dont il détient déjà 2,4%. [ID:nLDE66Q282]

"Il est un peu tôt pour juger de la dimension et de la forme (...), si nous le faisons nous serons totalement transparents et nous défendrons bien évidemment les intérêts du groupe EDF", a-t-il dit.

Le patron d'EDF a également souligné qu'il revenait à l'Etat de déterminer l'évolution des tarifs de l'électricité au 15 août et à moyen terme. "Nous avons des discussions en cours qui se passent dans un climat tout à fait naturel de concertation."

Vers 11h35, le titre EDF gagnait 1,23% à 32,87 euros pendant que le CAC 40 reculait de 0,5%, plusieurs analystes estimant que la vente des réseaux britanniques, qui iront à un consortium composé de Cheung Kong Infrastructure (1038.HK) et Hongkong Electric (0006.HK), se fera à un bon prix.

Thomas Piquemal a d'ailleurs indiqué, sans plus de détails, que l'opération, pour laquelle le consortium hongkongais a obtenu une période d'exclusivité, permettrait à EDF d'enregistrer une plus-value "significative".

OBJECTIFS CONFIRMÉS

EDF a confirmé qu'il visait pour 2010 une croissance organique de l'Ebitda (résultat brut d'exploitation) comprise entre 3% et 5%, un ratio dette nette/Ebitda compris entre 2,5 et 3 et un dividende stable par rapport à 2009.

Au 30 juin 2010, le groupe a enregistré un résultat net part du groupe de 1.659 millions d'euros (-46,9%), un résultat net courant de 2.977 millions (+1,5%), un Ebitda de 10.373 millions (+4,4% dont +3,8% en organique), un résultat d'exploitation de 5.289 millions (-22%) et un chiffre d'affaires de 37.513 millions (+7,7%).

Selon le consensus Thomson Reuters I/B/E/S, les analystes attendaient en moyenne un résultat net de 2.522 millions d'euros, un Ebitda de 9.862 millions, un Ebit de 5.950 millions et un chiffre d'affaires de 35.800 millions.

La dette nette d'EDF a atteint 44,1 milliards d'euros au 30 juin contre 42,5 milliards au 31 décembre 2009, principalement en raison des effets de change sur la livre sterling.

Le groupe a confirmé qu'il envisageait d'affecter 50% du Réseau de transport de l'électricité (RTE) à un portefeuille d'actifs pour faire face aux coûts de démantèlement des centrales nucléaires existantes et de stockage des déchets radioactifs, ce qui lui permettrait d'alléger sa dette. (voir [ID:nLDE66K0Y6])

Voir aussi:

* Le communiqué d'EDF de résultats: here

Edité par Dominique Rodriguez

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