23 juillet 2010 / 15:59 / dans 7 ans

ENCADRE Méthodologie des "stress tests" des banques européennes

LONDRES, 23 juillet (Reuters) - Les régulateurs européens ont passé au crible 91 des principales banques de l‘Union européenne pour s‘assurer que leurs niveaux de fonds propres soient suffisants pour leur permettre de faire face à des chocs plus sévères encore que la faillite de la banque Lehman Brothers en septembre 2008, qui avait déclenché un quasi-effondrement des marchés financiers mondiaux.

Le Comité européen des contrôleurs bancaires (CEBS), composé des régulateurs des 27 pays membres de l‘UE, ont procédé à des tests utilisant trois scénarios, dont un de base et deux intégrant une crise économique aiguë.

Les banques incapables de maintenir un ratio de fonds propres Tier 1 d‘au moins 6% d‘ici fin 2011 dans le plus dur des ces scénarios seront considérées comme ayant échoué aux tests.

Voici les principaux paramètres utilisés pour les tests, les deuxièmes du genre mensés par le CEBS en deux ans, et les principaux critères employés pour les trois scénarios:

PARAMETRES PRINCIPAUX

Les 91 banques sous revue représentent 65% du total des actifs bancaires de l‘UE et au moins la moitié des actifs bancaires dans chacun des 27 pays membres. Les banques sont testées sur une base consolidée, qui inclut donc aussi toutes leurs filiales.

La base de test est la situation des banques à la fin 2009. Tous les établissements ont dû passer des tests similaires, portant sur les risques sur les “trading books” (portefeuilles d‘actifs financiers) et les “banking books” (portefeuilles bancaires), l‘exposition au crédit immobilier, d‘entreprises et aux prêts interbancaires ainsi qu’à la volatilité des taux d‘intérêt et aux risques de crédit.

Les tests n‘ont pas examiné les niveaux de liquidités en raison des travaux distincts du CEBS et du Comité de Bâle sur les nouvelles règles en la matière.

Il a été demandé aux banques de calculer leurs pertes sur les portefeuilles de crédit notamment selon plusieurs scénarios, chiffres mis ensuite en rapport avec les bénéfices attendus en 2010 et 2011. Le résultat a été déduit des fonds propres Tier 1.

Les banques auront échoué aux tests si elles ne parviennent pas à maintenir un ratio Tier 1 d‘au moins 6%. Les règles actuelles exigent des banques que ce ratio soit d‘au moins 4%, mais nombre de grandes affichent un taux bien supérieur.

Fin 2009, le ratio moyen est monté à 9,9%, contre 8,3% fin 2008. Les “stress tests” ont été réalisés après la recapitalisation des banques européennes. Aux Etats-Unis, des tests similaires ont été conduits avant la recapitalisation.

SCENARIO DE BASE

Il ne s‘agit pas d‘un test de résistance mais d‘une base de comparaison pour les deux autres scénarios “stressés”. Il correspond aux prévisions actuelles de croissance économique jusque fin 2011 publiées par la Commission européenne.

Ce scénario est également bâti sur l‘hypothèse d‘une baisse des marchés boursiers de 10% en 2010 et 2011, soit -19% en données cumulées sur les deux années.

SCENARIO DUR

Celui-ci est basé sur une reprise en “W” en Europe.

Ce scénario se fonde sur une rechute de l‘Europe en récession avec un différentiel de trois points de pourcentage sur 2010-2011 par rapport au scénario de base.

Les portefeuilles des actifs disponibles à la vente ont été “stressés” de façon à simuler une chute de 20% des marchés boursiers en 2010 et en 2011, soit un plongeon cumulé de 36%.

Dans ce scénario, la note des avoirs en produits titrisés a été abaissée de quatre crans.

Le CEBS fait aussi comme si le taux des emprunts interbancaires augmentait de 125 points de base, un scénario comparable à ce qui s’était passé après la faillite de la banque Lehman Brothers. Dans ces deux mêmes années, les taux à long terme sont considérés en hausse de 75 points de base.

Le CEBS précise que la partie du test sur les bilans bancaires “stressés” à la fois le numérateur et le dénominateur des ratios Cooke, c‘est-à-dire que les capitaux propres détenus sont réduits et les actifs pondérés en fonction des risques augmentés.

SCENARIO DUR DOUBLÉ D‘UN CHOC SUR LA DETTE SOUVERAINE

En mai, les responsables européens ont ajouté un troisième scénario face aux craintes du marché concernant l‘exposition des banques à la dette souveraine de pays en difficultés économiques, comme la Grèce, l‘Espagne et le Portugal.

Dans ce scénario, les taux d‘intérêt à long terme augmentent de 30 points de abse supplémentaires dans la zone euro.

Celui-ci n‘intègre pas en revanche l‘hypothèse d‘un défaut sur des emprunts d’État car celle-ci est jugée “hautement improbable.” Les décotes s‘appliquent seulement aux obligations détenues dans les trading books, alors que le stress souverain a bien un impact aussi sur les pertes sur créances du banking book.

Huw Jones et Steve Slater, Gilles Guillaume pour le service français, édité par Matthieu Protard

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below