14 juin 2010 / 14:52 / il y a 7 ans

AVANT-PAPIER SocGen veut convaincre le marché de sa stratégie

* La SocGen organise une journée investisseurs mardi

* L‘action a chuté de 28% depuis janvier

* Les analystes vont tester la nouvelle équipe dirigeante

par Matthieu Protard

PARIS, 14 juin (Reuters) - La Société générale (SOGN.PA), qui réunit mardi les investisseurs, s‘efforcera de convaincre le marché de ses projets de développement pour les cinq ans qui viennent, alors que son cours de Bourse accuse une forte baisse depuis le début de l‘année.

Cette journée tombe en plein procès de son ancien trader Jérôme Kerviel, qui comparaît depuis le 8 juin devant le tribunal correctionnel de Paris et dont la défense entend démontrer que la SocGen ne pouvait ignorer ni les activités ni les positions qui ont abouti en janvier 2008 à une perte de 4,9 milliards d‘euros.

“Aujourd‘hui, on est beaucoup plus focalisé sur ce plan de transformation et sur l‘ensemble des choses qui se passent dans notre entreprise, que par le procès Kerviel”, a déclaré vendredi Caroline Guillaumin, la directrice de la communication de la banque, sur la radio BFM.

“On va donner la vision de la banque qu‘on a envie d’être dans deux ans, dans trois ans ou dans cinq ans”, a-t-elle ajouté à propos de la journée investisseurs de mardi.

La banque, qui a encore près de 35 milliards d‘euros d‘actifs toxiques dans son bilan, peine toujours à convaincre les investisseurs de sa capacité à tourner la page de la crise.

Depuis le début de l‘année, l‘action Société générale abandonne 28% et sous-performe l‘indice sectoriel Stoxx 600 .SX7P des banques européennes, en repli de 10%.

Au prix d‘environ 35 euros, son cours de clôture vendredi, l‘action SocGen, victime début juin de rumeurs de pertes dans ses activités de produits dérivés, a renoué avec ses plus bas niveaux depuis juillet 2009. (voir [ID:nLDE6530XR])

Le titre, comme les autres valeurs bancaires, peine aussi à retrouver la confiance d‘investisseurs inquiets de l‘impact de la prochaine régulation financière.

Ses deux grands concurrents français BNP Paribas (BNPP.PA) et Crédit agricole (CAGR.PA) cèdent ainsi respectivement 15% et 25% depuis le 1er janvier 2010.

Ailleurs en Europe, la banque britannique Barclays (BARC.L) recule de 40% et l‘italienne UniCredit (CRDI.MI) de 19%, mais l‘allemande Deutsche Bank (DBKGn.DE) ne perd que 1,12%.

“L‘action a massivement sous-performé le secteur depuis le début de l‘année. Ça reflète les interrogations quant aux expositions de SocGen aux risques souverains”, explique Eric Hazart, analyste financier chez Exane BNP Paribas.

“Cela reflète aussi les interrogations sur la crédibilité de la stratégie à moyen, long terme”, poursuit-il.

VOIR UNE ÉQUIPE SOUDÉE

“Il y a des réticences de la part des investisseurs à revenir sur le titre”, commente un analyste financier basé à Londres.

Les analystes ne s‘attendent pas à de grandes surprises lors de cette journée investisseurs, au cours de laquelle la banque présentera son plan Ambition 2015. Ils espèrent plutôt des précisions sur les priorités de développement.

“Il n‘y a pas grand-monde en ce moment qui s‘intéresse à ce que 2015 va donner. Ils devraient toutefois donner une stratégie de réduction des coûts à plus court terme”, souligne l‘un d‘eux.

Auteur de deux avertissements sur ses résultats de 2009, la banque a promis cette année un rebond de ses performances. Après avoir poussé les feux dans ses activités de marché au début des années 2000, elle axe désormais son développement sur la banque de détail, en France et à l‘international, et sur la banque privée.

Pour ce faire, elle n‘exclut pas de procéder à des acquisitions. La Société générale, qui a repris 100% du Crédit du Nord l‘an dernier, est entrée lundi en négociations exclusives avec le groupe mutualiste BPCE pour racheter la Société marseillaise de crédit (SMC). [ID:nLDE65D031]

Les investisseurs vont aussi tester la nouvelle équipe dirigeante emmenée par Frédéric Oudéa, devenu l‘an dernier PDG de la SocGen après la démission de Daniel Bouton.

De nouveaux dirigeants, dont certains ne sont pas issus du secteur bancaire, ont aussi été nommés, à l‘image de Bernardo Sanchez Incera, un ancien de Monoprix nommé directeur général délégué de la banque en janvier.

“On veut voir une équipe cohérente, soudée, qui a un vrai ‘know-how’ bancaire”, explique Eric Hazart. “La SocGen est allée chercher des patrons qui ne viennent pas du groupe. C‘est totalement nouveau.”

“C‘est surtout un exercice de communication interne comme externe. C‘est la volonté de montrer aux salariés qu‘il y a quelqu‘un dans le cockpit et qu‘il y a un management qui sait où il va”, poursuit l‘analyste d‘Exane BNP Paribas.

Voir aussi:

* SocGen écarte encore toute fusion avec le Crédit agricole [ID:nLDE64O1Y0]

* SocGen bat le consensus au T1 et confirme ses objectifs [ID:nLDE6420XL]

* Le marché défie la SocGen sur le rebond de ses résultats [ID:nLDE61G2DU]

* Les actifs toxiques poussent SocGen à un profit warning [ID:nLDE60C02G]

* Le point sur le procès Kerviel [ID:nLDE64R1OP]

Edité par Dominique Rodriguez

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