9 mai 2010 / 16:25 / il y a 7 ans

RPT AVANT-PAPIER Wall Street redoute de nouvelles secousses

* La crise européenne du crédit sur toutes les lèvres

* Le plongeon de jeudi reste à élucider

* Les ventes au détail seront scrutées

par Edward Krudy

NEW YORK, 9 mai (Reuters) - Les marchés s'attendent à une semaine difficile à Wall Street, où l'on s'interroge toujours sur les raisons qui ont provoqué le bref mais spectaculaire plongeon jeudi, alors que les craintes d'une nouvelle crise du crédit en Europe sont de plus en plus vivaces.

Les gains affichés par les principaux indices boursiers américains depuis le début de l'année ont été réduits à néant lors des cinq dernières séances, marquées par un plongeon de 6 à 8% du Dow .DJI, du S&P 500 .SPX et du Nasdaq .IXIC.

Nerveux, les opérateurs, dont certains ont fermé toutes leurs positions vendredi soir, regardaient vers Bruxelles pour tenter de déterminer si la zone euro était en mesure d'enrayer la crise qui contamine désormais les secteurs bancaires et financiers.

"Tout le monde est très inquiet de ce qui se passe en Europe, en particulier en Grèce, et se demande s'il y aura une propagation à l'Espagne et au Portugal et si cela aura des répercutions sur le système bancaire mondial dans son ensemble", commente Frank Ingarra de Hennessy Funds.

INDICATEURS

Les investisseurs espèrent également en savoir davantage sur le plongeon affiché jeudi dernier par Wall Street lorsque le Dow a effacé en quelques minutes jusqu'à 1.000 points et que certains cours se sont approchés de zéro. (Voir : [nLDE64700S])

Vendredi, le président Barack Obama a déclaré que les régulateurs enquêtaient sur des "activités de marché inhabituelles" et souligné l'engagement des Etats-Unis à soutenir la réponse que l'Europe apporterait à la crise qui secoue la zone euro. (Voir : [nLDE646272])

Bien que les indicateurs aient été relégués au second plan ces derniers temps, les investisseurs ne manqueront pas d'étudier avec attention les chiffres des ventes au détail en avril ainsi que les résultats que publieront Walt Disney (DIS.N) et Macy's (M.N) afin de prendre le pouls du consommateur.

Tim Ghriskey, directeur des investissements de Solaris Asset Management, explique que les chiffres des ventes au détail prendront une grande importance la semaine prochaine parce que de nombreux distributeurs ont fait état de ventes à périmètre constant en baisse.

"Les ventes à périmètre comparable ont été si faibles que je pense qu'il y aura une certaine curiosité à l'égard de ces chiffres", a-t-il dit. "Pour moi, l'indice des ventes au détail hors automobile sera le plus gros chiffre de la semaine."

L'indicateur, qui sera publié vendredi, devrait montrer que les ventes, hors-automobile, ont reculé de 0,9% en avril par rapport au mois précédent, selon la moyenne des estimations des économistes interrogés par Reuters.

La production industrielle et la confiance du consommateur mesurée par l'indice Reuters/Université du Michigan, qui seront également connus vendredi, devraient de leur côté montrer une amélioration.

Ils suivront les chiffres des inscriptions hebdomadaires au chômage publiés jeudi qui pourraient montrer un recul de 4.000 à 440.000 inscriptions, accréditant l'idée d'une amélioration lente mais progressive du marché de l'emploi.

NERVOSITE

Mais comme la semaine dernière, de bons chiffres pourraient bien ne pas suffire à apaiser des marchés nerveux.

Le S&P 500 vient de subir son recul hebdomadaire le plus marqué depuis mars 2009, lorsqu'il avait atteint un plus bas de 12 ans, tandis que le Nasdaq a chuté de 10% par rapport au pic atteint le 23 avril, ce qui le place en situation de correction technique qui pourrait toucher à son tour le Dow et le S&P 500 dans les jours à venir.

Parallèlement, l'indice de volatilité du CBEO .VIX, baromètre très suivi des turbulences sur les marchés, est remonté à son plus haut niveau depuis un an.

Les investisseurs américains commencent à comparer la crise du crédit qui sévit dans la zone euro à l'effondrement de la banque Lehman Brothers et celui de Bear Stearns en 2008.

"Depuis un an, les marchés se sont relevés et on a oublié le risque. Tout à coup, on reconnaît que les choses sont risquées. D'un point de vue émotionnel, c'est une sacrée transition", a souligné Tom Forester de Forester Value Fund.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Angrand

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below