5 mai 2010 / 05:29 / il y a 7 ans

LEAD 3 Lafarge - La météo a pesé sur le T1, le titre baisse

* CA -10% à E3,3 milliards, en ligne avec les attentes

* Ebit courant -30%, marge en baisse de 200 pdb à 7,2%

* Prévision confirmée d'un rebond de la demande en 2010

(Actualisé avec cours de bourse et commentaire)

par Gilles Guillaume

PARIS, 5 mai (Reuters) - Lafarge LAFP.PA a vu ses ventes et son résultat d'exploitation affectés au premier trimestre par des conditions météo particulièrement difficiles, mais le groupe est parvenu à renouer avec un bénéfice net grâce à la cession de sa participation dans le portugais Cimpor (CPR.LS).

Le premier cimentier mondial, qui a par ailleurs maintenu sa prévision d'un léger rebond de la demande mondiale de ciment en 2010, perdait à la Bourse de Paris 2,6% à 51,49 euros vers 13h15. Le titre a touché un temps un plus bas de 49,99 euros.

Pour pallier l'anémie des marchés matures, Lafarge mise sur la croissance des pays émergents où 70% de ses capacités de production sont désormais installées. Le fait que les conditions métérologiques aient aussi entravé l'activité dans certaines zones à forte croissance a donc particulièrement déçu des spécialistes de la valeur.

"Lafarge a publié des résultats légèrement inférieurs aux attentes au niveau opérationnel (...). Les principales déceptions viennent d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Europe de l'Est", commente un trader.

Le groupe, également numéro deux mondial pour les granulats et le béton et numéro trois pour le plâtre, a réalisé un chiffre d'affaires en baisse de 10% à 3,28 milliards d'euros sur la période (-8% à périmètre et taux de change constants), globalement en ligne avec un consensus de 3,32 milliards établi auprès de neuf analystes.

Dans le sillage de cette baisse des volumes, le résultat opérationnel courant a chuté de 30% à 236 millions d'euros et la marge d'exploitation courante est tombée à 7,2% (-200 points de base).

"Ce trimestre a été très fortement perturbé par les aléas climatiques, à la fois dans les pays développés dans l'hémisphère nord, mais également dans un assez grand nombre de pays émergents, frappés par des pluies, des sécheresses et autres aléas", a souligné le PDG de Lafarge, Bruno Lafont, au cours d'une conférence téléphonique.

"Ce qui veut dire que ce trimestre, traditionnellement un petit trimestre pour Lafarge, a été cette année encore plus petit et qu'il sera probablement sans signification pour l'ensemble de l'année", a-t-il précisé.

REBOND TOUJOURS EN VUE CETTE ANNE

Lafarge est parvenu néanmoins à dégager sur les trois premiers mois de l'année un résultat net, part du groupe, positif de 64 millions d'euros, contre une perte de 17 millions un an plus tôt et un bénéfice de 44 millions attendu, selon le consensus réalisé par la rédaction de Reuters auprès de sept analystes.

Le résultat net inclut une plus-value nette de 137 millions d'euros réalisée sur la cession récente de sa participation de 17,3% dans Cimpor [ID:nLDE624260]. Cette transaction prévoit aussi l'apport au troisième trimestre de plusieurs cimenteries de Votorantim au Brésil, ce qui permettra à Lafarge de doubler sa position sur ce marché émergent particulièrement dynamique.

Le groupe a maintenu sa prévision d'un léger rebond des volumes globaux de ciment, de zéro à 5%, en 2010, après une contraction estimée entre 6 et 8% l'an dernier sur l'ensemble des marchés où il est présent.

Outre la croissance continue des marchés émergents, il mise toujours sur une reprise au second semestre des marchés de la construction dans les pays industrialisés.

"Il reste encore des incertitudes sur la date exacte, sur la vitesse et sur l'intensité de ce redémarrage", a déclaré Bruno Lafont. "Cela étant, les signaux positifs sont confirmés."

"Nous avons perdu sur les deux dernières années plus de trois milliards d'euros de chiffre d'affaires, qui correspondent au ralentissement de la construction des pays développés. Ces trois milliards représentent maintenant un potentiel de rebond", a-t-il poursuivi.

Lafarge a également confirmé son objectif de 300 à 500 millions d'euros de cessions d'actifs non stratégiques sur l'année, précisant qu'il avait comptabilisé 36 millions d'euros de désinvestissements sur la période et sécurisé en tout une centaine de millions d'euros.

Il s'est aussi dit en ligne avec son objectif de réduire à nouveau ses coûts de 200 millions d'euros sur l'exercice, avec 50 millions réalisés sur les trois premiers mois de l'année.

Sur un endettement net qui a atteint 14,6 milliards d'euros à la fin du trimestre, Bruno Lafont a indiqué qu'il continuerait de rechercher toute les actions permettant au groupe de "contrôler, et si nécessaire de réduire" la dette.

Edité par Cyril Altmeyer

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below