2 mai 2010 / 16:18 / il y a 7 ans

Warren Buffett défend son investissement dans Goldman Sachs

* Défend la rentabilité des 5 milliards investis dans Goldman

* Voterait pour un jumeau de Lloyd Blankfein s'il le fallait

* Prêt à investir pour des acquisitions importantes

par Svea Herbst-Bayliss et Jonathan Stempel

OMAHA, Nebraska, 1er mai (Reuters) - Warren Buffett s'est attaché ce week-end à défendre l'investissement de sa holding Berkshire Hathaway (BRKa.N) (BRKb.N) dans Goldman Sachs (GS.N) et a pris fait et cause pour le PDG de la banque d'affaires Lloyd Blankfein.

Le milliardaire américain s'est exprimé samedi devant quelque 40.000 actionaires de Berkshire Hataway réunis en assemblée générale annuelle.

Berkshire a investi cinq milliards de dollars en actions préférentielles Goldman Sachs en septembre 2008 qui rapportent 500 millions de dollars en dividendes annuels, plus des bons de souscriptions pour acheter un montant égal en actions ordinaires.

Cet investissement est devenu controversé après le lancement le 16 avril par l'autorité boursière américaine, la Securities and Exchange Commission (SEC), d'une procédure au civil pour fraude contre Goldman - une enquête serait également en cours au pénal - compte tenu de l'insistance habituelle de Warren Buffett sur la moralité dans les affaires et ses critiques sur les excès de Wall Street.

Prié de dire qui devrait diriger Goldman si Lloyd Blankfein était remplacé, Warren Buffett a répondu : "Si Lloyd avait un frère jumeau, je voterais pour lui. Je n'ai jamais pensé à cela."

"Il y a beaucoup de patrons que j'aimerais voir partir, a pour sa part déclaré Charlie Munger, vice-président de Bershire, mais Blankfein n'est pas l'un d'eux".

"Nous adorons cet investissement", a déclaré Warren Buffett. "Nos actions préférentielles rapportent 15 dollars par seconde. Aussi, alors que nous sommes là assis, 'tic, tic, tic, c'st 15 dollars chaque seconde", a-t-il martelé.

Il a ajouté que le procès intenté par la SEC n'était pas un événement suffisamment important pour soulever des questions de réputation pouvant remettre en question l'investissement dans Berkshire.

"PLUS INTERESSES QUE JAMAIS"

Prié de dire si Goldman aurait dû révéler avoir reçu notification de la SEC qu'il était susceptible de se voir assigner au civil, le sage d'Omaha a répondu que de telles notifications n'étaient pas nécessairement importantes pour de grandes sociétés au point de devoir faire l'objet d'une révélation.

"Si cela débouche sur quelque chose de plus grave, alors nous examinerons la situation à ce moment-là", a-t-il déclaré.

Warren Buffett et Charlie Munger ont aussi abordé la question de la réforme du système financier en cours de discussion au Congrès. Charlie Munger a fait valoir que le système devait être "moins permissif" pour les banques.

"Ce dont nous avons besoin est une nouvelle version de la loi Glass-Steagall", a déclaré le vice-président, en faisant référence au texte pris après la Grande Dépression des anées 30 et qui prévoyait une séparation de la banque commerciale et de la banque d'investissement. Ce texte a été abrogé en 1999.

Berkshire s'est opposée à un article du projet de loi qui pourrait la contraindre à produire des garanties plus importantes sur ses quelque 250 contrats sur produits dérivés, principalement liés à la performance à long terme des indices boursiers.

Mais Warren Buffett a indiqué que Berkshire n'aurait sans doute "pas à mettre un sou" parce que la holding ne serait sans doute vraisemblablement pas considérée comme suffisamment "dangereuse pour le système" pour nécessiter des garanties de ce genre.

Par ailleurs, Warren Buffett a annoncé que Berkshire avait dégagé un bénéfice de 3,63 milliards de dollars au premier trimestre, contre une perte de 1,53 milliard de dollars au premier trimestre 2009, grâce à l'amélioration de l'économie et à des plus-values sur les investissements et des gains dans les produits dérivés.

Warren Buffett a déclaré à ses actionnaires qu'il voulait toujours procéder à d'importantes acquitions, même après l'achat en février de la compagnie ferroviaire Burlington Northen Santa Fe pour 26,5 milliards de dollars.

"Nous sommes plus intéressés que jamais", a-t-il dit. "Si on m'appelle pour une opération de dix milliards lundi et qu'elle me plaît, alors je dira oui".

Warren Buffett, qui est âgé de 79 ans, n'a pas donné d'indication sur sa succession. Il a dit qu'un nouveau patron serait nommé dans les 24 heures après son départ, mais qu'il faudrait un peu plus de temps pour nommer un ou plusieurs responsable des investissements.

Danielle Rouquié pour le service français

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