Wyser-Pratte, échec du capitalisme des paradis fiscaux/Lagardère

mercredi 28 avril 2010 08h37
 

PARIS, 28 avril (Reuters) - Arnaud Lagardère, gérant commandité du groupe homonyme (LAGA.PA: Cotation), a déclaré mercredi voir dans l'échec de l'offensive du raider Guy Wyser-Pratte contre sa gestion le rejet du capitalisme à court terme à l'origine de la crise financière.

Les actionnaires du groupe de médias ont refusé mardi à 77,9% la résolution visant à faire nommer le financier franco-américain au conseil de surveillance et ont rejeté à 76,2% celle qui remettait en cause le statut de commandite et à laquelle Arnaud Lagardère avait d'ailleurs opposé son veto. (voir [ID:nLDE63Q0X4])

"C'est un rejet clair de ce fameux capitalisme qui nous a mis tous dans le mur il y a un an et demi, ce capitalisme spéculatif de court terme et qui opère à partir des paradis fiscaux", a observé Arnaud Lagardère sur RTL, faisant référence à la domiciliation de certaines sociétés de Guy Wyser-Pratte.

"Les actionnaires ont voté aussi pour une stratégie de long terme. Elle est peut-être moins glamour, mais elle est plus solide."

Interrogé sur le feu récent de critiques sur sa gestion du groupe intensifiées par l'offensive menée depuis un mois par Guy Wyser-Pratte, Arnaud Lagardère l'a expliqué notamment par la baisse de popularité de Nicolas Sarkozy, dont il est un ami.

"Quand le président est en bas des sondages, je suis en bas des sondages", a-t-il dit. "Quand il est en haut des sondages, parfois ça peut m'amener à progresser peut-être un peu dans l'opinion publique."

Sa discrétion en tant que patron du CAC 40 a fait le reste, a-t-il estimé.

"Je suis différent en ce sens que je suis assez peu présent, voire pas du tout, dans les dîners en ville, je ne cotise pas au Medef; et alors? Je ne suis pas pour autant un mauvais patron. Je ne suis pas un homme de réseau et je n'ai pas besoin de l'être."

(Cyril Altmeyer, édité par Dominique Rodriguez)