April 18, 2010 / 1:20 PM / in 7 years

Wall Street/Les sociétés devront particulièrement briller

5 MINUTES DE LECTURE

par Leah Schnurr

NEW YORK, 18 avril (Reuters) - Les résultats de sociétés, dont la saison bat maintenant son plein, devront être excellents, en particulier pour amortir à Wall Street les retombées de l'onde de choc créée par Goldman Sachs (GS.N).

La banque américaine a été accusée de fraude vendredi par la Securities and Exchange Commission (SEC), l'autorité des marchés financiers américains, qui lui reproche d'avoir trompé les investisseurs au sujet de la commercialisation d'un produit financier complexe lié à des crédits immobiliers subprime. (Voir [ID:nLDE63F1S6])

Les investisseurs se demandent si la plainte de la SEC est un prélude à des procédures contre d'autres banques. Elle survient en outre en un moment où un projet de réforme de la régulation financière fait l'objet d'âpres négociations au Congrès.

"On dirait bien qu'on entre dans une période où une épée de Damoclès réglementaire est placée au-dessus de Goldman Sachs, voire de l'ensemble du secteur de la banque d'investissement", dit Hank Smith (Haverford Trust).

Les investisseurs craignent qu'une réglementation plus stricte ne rogne les profits des banques sans apporter la protection adéquate.

Dans le même temps Wall Street devra absorber cette semaine les résultats de 11 sociétés composant le Dow Jones et de 123 entreprises de l'indice S&P-500. International Business Machines (IBM.N), Microsoft (MSFT.O), Citigroup (C.N), Goldman Sachs et Morgan Stanley (MS.N) entre autres sont sur les rangs.

Des analystes pensent que la Bourse est sans doute "valorisée à la perfection" et donc que les résultats des sociétés devront être réellement bons pour qu'elles soient gratifiées.

L'exemple de Google (GOOG.O) est significatif. Le géant d'internet a eu le malheur de livrer des résultats qui étaient inférieurs aux anticipations les plus hautes de Wall Street. L'action a chuté de 7,6% vendredi.

Intel (INTC.O), qui avait publié avant Google, avait vu au contraire ses résultats et ses projections dûment salués. C'est pourquoi le marché risque d'avoir des réactions épidermiques au cas par cas.

Ils Dormaient a Leur Poste

L'agenda des indicateurs étant relativement léger la semaine prochaine - doivent paraître entre autres les prix à la production et des statistiques immobilières - l'attention du marché risque d'être focalisée d'autant plus sur le secteur financier.

Un vote du Sénat sur le projet de réforme de la régulation est attendu dans les semaines qui viennent. Le chef de file démocrate au Sénat Harry Reid a dit à la presse jeudi qu'il espérait avoir le projet définitif la semaine prochaine.

Un projet de loi réglementant le marché des dérivés, évalué à 450.000 milliards de dollars, a été dévoilé vendredi et il n'est pas tendre avec les grandes banques.

Le cas Goldman Sachs constitue par ailleurs un argument de plus en faveur de la réforme, dit Dan Ripp (Bradley Woods). "C'est un argument pour plus de surveillance, plus de prudence. Tout ça n'est tout simplement bas bon pour Wall Street", dit-il.

"Le problème du secteur des services financiers n'est pas qu'il n'est pas suffisamment réglementé. Le problème est que ceux chargés de l'application des lois et des textes existants dormaient à leur poste".

Cela étant, le cas de figure où la Bourse monte beaucoup avant la saison des résultats avant de rétrograder quand cette dernière est en pleine effervescence n'a rien d'exceptionnel.

"Les attentes sont énormes et c'est le troisième cycle de résultats où l'on voit le marché monter avec de grandes espérances pour le voir ensuite revenir en arrière dès la deuxième semaine de publication", constate Burt White (LPL Financial).

Après cette emballée récente de la Bourse, il se peut simplement que les investisseurs cherchent un endroit moins onéreux où placer leur argent. "Je suis content d'avoir ces actions mais elles correspondent à des décisions prises il y a longtemps. Qu'est-ce qu'on va acheter maintenant?", s'interroge Bernie McGinn (McGinn Investment Management).

Wilfrid Exbrayat pour le service français

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