UBS - Affluence record pour une assemblée générale délicate

mercredi 14 avril 2010 14h01
 

ZURICH, 14 avril (Reuters) - L'assemblée générale ordinaire d'UBS UBSN.VX a attiré un nombre record d'actionnaires mercredi à Bâle, avec 4.700 personnes présentes, représentant 64% du capital.

Les participants doivent se prononcer lors d'un vote consultatif sur la politique de rémunération variable de la banque helvétique, et surtout rendre leur jugement, purement consultatif, sur les performances passées de l'ancienne équipe dirigeante, y compris les ex-présidents Marcel Ospel et Peter Kurer.

Ce dernier point est le plus débattu après qu'UBS a dû être secourue en urgence par la Confédération et la Banque Nationale Suisse (BNS), qui a accepté de reprendre une partie de ses actifs toxiques suite à la débâcle des "subprimes" aux Etats-Unis.

Une partie des actionnaires reprochent également à l'ancienne équipe d'avoir engagé la banque dans une aventure américaine qui l'a exposée aux foudres du fisc américain et nécessité un accord politique entre les deux pays.

Selon certains experts, il est tout à fait possible que le quitus pour l'exercice 2007 ne soit pas votée alors que l'équipe actuelle ne devrait pas rencontrer le même désaveu.

Les AG de 2008 et 2009 n'avaient pas été appelées à se prononcer sur la gestion de l'exercice 2007.

Le président Kaspar Villiger a mis en garde, dans son discours de bienvenue, sur les conséquences d'un tel vote négatif, susceptible d'ouvrir la voie à une plainte au pénal qui, selon lui, "dure souvent une dizaine d'années et engloutit des millions".

Il est très rare que le quitus ne soit pas accordé pour les grandes entreprises suisses. En 2001, Rolf Hüppi, alors directeur général de Zurich Financial ZURN.VX, avait dû s'y reprendre à deux fois avant d'obtenir l'aval de l'AG, un premier vote à main levée n'ayant pas donné de majorité claire.

L'assemblée générale d'UBS promet d'être longue, plus de 60 actionnaires ayant demandé à intervenir, même si leur temps de parole a été réduit à cinq minutes chacun.

(Albert Schmieder; version française Pascal Schmuck, édité par Marc Angrand)