9 avril 2010 / 07:29 / dans 7 ans

LEAD 3 Banques - Des sources de vulnérabilité demeurent /BdF

* L’évolution des provisions dépendra de la reprise

* Pas d‘inquiétude “particulière” sur la Grèce

(Actualisé avec déclarations de Noyer sur Bâle III)

PARIS, 9 avril (Reuters) - Les banques françaises doivent aborder 2010 avec prudence car des sources de vulnérabilité existent encore, comme le risque de décotes sur les actifs toxiques ou les effets induits par les déficits des Etats, a déclaré vendredi la Commission bancaire.

L‘autorité française de contrôle du secteur bancaire, devenue en mars l‘Autorité de contrôle prudentiel (ACP) avec la fusion des autorités de supervision de la banque et de l‘assurance en France, estime que l’évolution des provisions destinées à couvrir les risques de crédit dépendra de la vigueur de la reprise économique.

“L’évolution du coût du risque de crédit dépendra (...) du rythme et de l‘ampleur de la reprise économique”, estime la Commission à l‘occasion de la publication de son rapport annuel 2009.

“D‘autres sources potentielles de vulnérabilité existent, qu‘il s‘agisse par exemple d‘un environnement de marché qui serait moins favorable qu‘en 2009, du risque de décotes supplémentaires de certains ‘actifs toxiques’ ou des effets induits (...) par l‘importance des déficits publics”, ajoute-t-elle.

La Commission bancaire rappelle que les cinq grandes banques françaises, BNP Paribas (BNPP.PA), Société générale (SOGN.PA), Crédit agricole (CAGR.PA), Crédit mutuel et BPCE, maison mère de Natixis (CNAT.PA), ont dégagé en 2009 un résultat net cumulé de 11,7 milliards d‘euros, en hausse de 93% par rapport à 2008.

“Les banques françaises apparaissent dans l‘ensemble bien armées pour relever les défis qui se dessinent à court et moyen termes”, a jugé Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, dont dépend la nouvelle ACP, lors d‘une conférence de presse.

Danièle Nouy, secrétaire générale de la Commission bancaire, a indiqué que les banques n’étaient pas sous pression pour liquider les actifs toxiques qui restent encore dans leur bilan.

PAS D‘INQUIÉTUDE SUR LA GRÈCE

Interrogé sur la situation de la Grèce, Christian Noyer a dit ne pas avoir d’“inquiétude particulière” sur l‘exposition des banques françaises, qu‘il a chiffrée à quelque 50 milliards d‘euros, à comparer aux 75,45 milliards de dollars (56,28 milliards d‘euros) estimés par la Banque des règlements internationaux.

“Sauf à imaginer que l’économie grecque disparaisse d‘un coup de baguette magique, c‘est une exposition économique normale”, a souligné le gouverneur de la Banque de France.

“C‘est un risque que nous surveillons de près mais qui est, pour une vaste majorité, un risque sur la clientèle grecque. (...) Les banques françaises détiennent des obligations souveraines (grecques) d‘un montant qui est relativement faible”, a-t-il poursuivi.

Le Crédit agricole et la Société générale sont présents sur le marché grec avec leur filiale respective Emporiki CBGr.AT et Geniki GHBr.AT.

Prié de commenter le projet de taxe sur les groupes bancaires visant à réduire le risque systémique, Christian Noyer a insisté sur la nécessité de réfléchir à la question au niveau international.

Il n‘a pas voulu préciser s‘il préférait qu‘une telle taxe alimente le budget de l‘Etat, comme le désire pour l‘heure le gouvernement français, ou d‘autres solutions, comme par exemple le choix allemand d‘alimenter un fonds de secours pour les banques.

PAS DE COMPLAISANCE AVEC BÂLE III

Christian Noyer a aussi rappelé que les régulateurs travaillent actuellement à une refonte de la réglementaire bancaire internationale pour laquelle le comité de Bâle a déjà fait des propositions.

Ces propositions qui passent notamment par un renforcement des fonds propres et de la liquidité des banques, sont soumises à consultation jusqu‘au 16 avril et feront l‘objet cette année d‘une étude d‘impact macroéconomique.

“Toute complaisance serait malvenue”, a insisté le gouverneur de la Banque de France.

Des dirigeants bancaires ont d‘ores et déjà prévenu les pouvoirs publics que les nouvelles normes réglementaires envisagées, dites Bâle III, risquaient de pénaliser la croissance économique en Europe.

BNP Paribas estime ainsi que Bâle III coûterait six points de croissance à l‘Europe et que le nouveau cadre réglementaire obligerait les banques européennes à lever 400 milliards d‘euros de fonds propres supplémentaires. (voir [ID:nLDE62I05F])

Prié de réagir à cette estimation, Christian Noyer a répondu: “Je me refuse à avoir une estimation a priori.”

Matthieu Protard et Jean-Baptiste Vey, édité par Dominique Rodriguez

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