Anglo Irish Bank - Perte inédite dans l'histoire de l'Irlande

mercredi 31 mars 2010 21h09
 

DUBLIN, 31 mars (Reuters) - La banque irlandaise nationalisée Anglo Irish Bank a publié, mercredi, une perte de 12,7 milliards d'euros et obtenu une nouvelle aide de l'Etat qui ne sera sans doute pas la dernière.

La banque a indiqué avoir inscrit 15,1 milliards d'euros de charges de dépréciations pour les 15 mois à décembre. La plupart portent sur des actifs représentant la moitié de son portefeuille de prêts qui est en cours de transfert vers la National Asset Management Agency (Nama), la "bad bank" irlandaise. (Voir [ID:nLDE62T2BR])

Le gouvernement de Dublin, qui a déjà injecté quatre milliards d'euros dans la banque, a annoncé mercredi une nouvelle aide de 8,3 milliards d'euros. L'exécutif estime que Anglo Irish Bank pourrait avoir besoin de dix milliards d'euros supplémentaires pour couvrir ses pertes futures.

A l'issue du transfert d'une partie de ses créances dans la bad bank, le reste du groupe sera scindé en deux entités : une banque beaucoup plus petite mais en état de fonctionner appelée à entrer en Bourse ou à fusionner avec un autre établissement, et une structure de défaisance.

Cette restructuration devra au préalable recevoir le feu vert de l'Union européenne.

"De manière restreinte, nous pouvons fonctionner", a déclaré à Reuters le directeur financier, Maarten van Eden.

"Nous ne sommes pas autorisés à faire des prêts pour le moment, c'est une contrainte qui nous est imposée par la Commission dans l'attente de la validation du plan de restructuration".

Anglo Irish Bank a été nationalisée en janvier 2009 à la suite de l'effondrement du marché immobilier.

La police a arrêté ce mois-ci l'ancien président de la banque, Sean FitzPatrick, qui a été ensuite libéré sans qu'aucune charge soit retenue contre lui.

La police a également brièvement interpellé un homme que les médias ont présenté comme William McAteer, l'ancien directeur financier de la banque.

(Andras Gergely, Gwénaelle Barzic pour le service français, édité par Cyril Altmeyer)