24 mars 2010 / 13:50 / il y a 8 ans

France - Bénéfice net multiplié par quatre pour le Crédit mutuel

* Résultat net de E1,8 milliard en 2009 contre 440 mlns * Ratio tier one de 11,8% à fin 2009

PARIS, 24 mars (Reuters) - Le groupe Crédit mutuel a fait état mercredi d‘un bénéfice net multiplié par quatre en 2009, à 1,8 milliard d‘euros, grâce à une nette hausse de ses revenus qui a permis de compenser l‘augmentation de ses provisions pour risque de crédit du fait de la crise.

La banque mutualiste française, maison mère du Crédit industriel et commercial CC.PA, a vu l‘an dernier son produit net bancaire grimper de 61% à 13.573 millions d‘euros grâce à l‘acquisition du réseau de banque de détail de l‘américain Citigroup (C.N) en Allemagne, rebaptisé Targo Bank, et à la prise de contrôle du spécialiste du crédit à la consommation Cofidis.

A périmètre constant, le groupe bancaire précise que ses revenus ont crû de 37,5%.

A l‘instar des autres banques, le Crédit mutuel a enregistré dans ses comptes des provisions pour risque de pertes sur le crédit aux entreprises et aux ménages en forte hausse à 2,37 milliards d‘euros contre 1,40 milliard un an plus tôt.

“En gros, les risques ont été doublés”, a commenté Etienne Pfimlin, le président du Crédit mutuel lors d‘une conférence de presse.

La banque mutualiste est la dernière des banques françaises à publier ses comptes 2009. BNP Paribas (BNPP.PA), qui a racheté l‘an dernier le belge Fortis, a fait état d‘un bénéfice net de 5,83 milliards d‘euros en 2009.

Le groupe Crédit agricole (CAGR.PA) a de son côté rapporté un résultat net de 2,75 milliards d‘euros tandis que le bénéfice de la Société générale (SOGN.PA) est ressorti à 678 millions. La banque mutualiste BPCE, qui contrôle près de 71% de Natixis (CNAT.PA), a dégagé un bénéfice de 537 millions.

PRUDENCE POUR 2010

Le Crédit mutuel s‘est montré prudent pour l‘année en cours.

“Nos prévisions à court terme (...) ne sont pas trop mauvaises mais cela ne nous rassure pas sur ce qui peut se passer dans les mois qui viennent”, a souligné Etienne Pfimlin. “La crise ne sera finie que lorsque le chômage commencera à baisser”, a-t-il ajouté.

Le président du Crédit mutuel s‘est en revanche félicité des ratios de solvabilité financière de la banque. Ses fonds propres s’élèvent à 30,62 milliards d‘euros et son ratio “tier one” ressort à 11,8% à fin 2009.

Prié de réagir aux travaux du comité de Bâle sur les nouvelles normes bancaires, Etienne Pfimlin a estimé qu‘en l’état, les propositions de nouvelle réglementation pénaliseraient fortement l‘activité de crédit des banques et le financement de l’économie réelle, relayant ainsi les mises en garde des dirigeants de BNP.

Jean-Laurent Bonnafé, directeur général délégué de BNP Paribas, a estimé en fin de semaine dernière que les nouvelles règles dites Bâle III, devant entrer en vigueur à compter de la fin 2012, pourrait coûter 6 points de croissance à l‘Europe (voir [ID:nLDE62I05F]).

Les dirigeants du Crédit mutuel redoutent aussi que les banques américaines, qui n‘appliquent déjà pas les normes actuels de Bâle II, ne se soumettent pas à Bâle III, ce qui créerait des distorsions de concurrence de part et d‘autre de l‘Atlantique.

Matthieu Protard, édité par Benoît Van Overstraeten

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