3 mars 2010 / 07:53 / dans 8 ans

LEAD 4 PSA et Mitsubishi renoncent à une alliance capitalistique

* Divergences sur les aspects financiers, la valorisation

* Les deux groupes veulent néanmoins renforcer leurs partenariats

* La question de l‘utilisation des liquidités de PSA se pose à nouveau

(Actualisé avec précisions et cours de bourse)

par Gilles Guillaume et Yumiko Nishitani

GENEVE/TOKYO, 3 mars (Reuters) - Les discussions engagées par PSA Peugeot Citroën (PEUP.PA) et Mitsubishi Motors (7211.T) sur une alliance capitalistique ont achoppé sur des questions financières, liées notamment à la valorisation des actifs, relançant le débat sur l‘utilisation des importantes liquidités dont dispose le groupe français.

Les deux constructeurs automobiles avaient annoncé en décembre dernier discuter d‘un renforcement de leur coopération, notamment dans les 4x4 et les voitures électriques, pouvant aller jusqu’à un partenariat stratégique au niveau capitalistique.

Le quotidien japonais Nikkei avait alors rapporté que Mitsubishi pourrait laisser PSA prendre entre 30 et 50% de son capital pour un montant pouvant atteindre 300 milliards de yens (2,4 milliards d‘euros). (Voir [ID:nGEE5B200P]) Mitsubishi aurait pu prendre en retour une participation dans PSA, sur le schéma croisé de l‘alliance Renault (RENA.PA)-Nissan (7201.T) qui a fêté l‘an dernier ses dix ans d‘existence.

Philippe Varin, président du constructeur français, et son homologue japonais Osamu Masuko se sont rencontrés au salon automobile de Genève, qui ouvre ses portes au public jeudi. Ils ont confirmé leur intention de développer une alliance opérationnelle mais conclu qu‘une alliance capitalistique ne serait pas réaliste.

“L‘alliance capitalistique n‘est pas un sujet que nous maintenons à l‘ordre du jour pour le moment”, a déclaré Philippe Varin à Reuters en marge du salon de Genève, précisant que cette décision avait été prise par les deux constructeurs en raison de divergences de vue sur les aspects financiers et de valorisation.

“Pour le groupe PSA, il y avait des conditions à remplir pour tout développement externe du groupe : que cela crée de la valeur pour les actionnaires et que ce ne soit pas incohérent avec le retour du groupe à une meilleure santé financière”, a-t-il dit à des journalistes.

Interrogé sur l‘hypothèse d‘une relance du projet au cas où les conditions évolueraient, Philippe Varin a répondu: “Ce n‘est pas le point aujourd‘hui”.

MARGE DE MANOEUVRE FINANCIERE REDUITE

Mitsubishi a besoin d‘un partenaire stratégique pour survivre, tandis que PSA veut atteindre une taille mondiale pour réduire sa dépendance aux marchés européens qui tendent à stagner et où les aides gouvernementales, comme la prime à la casse en France, vont disparaître progressivement cette année.

“Mitsubishi offrait de bonnes complémentarités en terme de géographie et de produits, ce développement est donc un peu étonnant”, commente Citi dans une note. “Pour le marché, cependant, la question financière était sans doute plus préoccupante, notamment celle de savoir combien de capital PSA aurait dû investir.”

Vers 16h15, le titre PSA progressait de 2,48% à 20,70 euros, portant la capitalisation boursière du groupe à plus de 4,8 milliards d‘euros.

Frappé comme l‘ensemble du secteur automobile par la crise de 2008-09, PSA a donné la priorité au renforcement de sa situation financière. Pour investir dans Mitsubishi, il aurait pu procéder à une augmentation de capital, mais la question de la dilution de la famille Peugeot aurait été posée. Il aurait pu également recourir à la dette, mais cette fois c‘est la question de l‘accueil des agences de notation crédit qui aurait été soulevée.

Certains analystes estiment qu‘avec l‘abandon du projet stratégique avec Mitsubishi, PSA peut puiser dans ses liquidités, qui se montaient à 8,6 milliards d‘euros à la fin 2009, pour restructurer une partie de sa dette nette de deux milliards d‘euros et réduire ainsi ses charges financières. A moins qu‘une autre opportunité d‘alliance capitalistique se présente d‘ici là.

Interrogé sur cette hypothèse, Philippe Varin a répondu: “Ce n‘est pas le sujet aujourd‘hui.”

De nouvelles coopérations entre les deux sociétés sont “possibles dans les produits, l‘environnement”, a précisé son homologue Osamu Masuko dans un entretien publié mercredi par le quotidien La Tribune. Une complémentarité régionale est également en cours d’évaluation, “comme dans le Sud-Est asiatique ou l‘Amérique”, ajoute le quotidien. Dans les Échos, Philippe Varin ajoute qu‘un projet commun de petite voiture d‘entrée de gamme est aussi à l’étude.

Avec la contribution de Helen Massy-Beresford, de Ran Kim et du bureau de Paris, édité par Jean-Michel Bélot

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below