1 mars 2010 / 06:34 / dans 7 ans

LEAD 4 Vivendi prudent pour 2010, provision liée au procès US

* Ebita E5.390 mlns (+8,8%), consensus E5.251 mlns

* C.A. E27.132 mlns (+6,9%), consensus E26.966 mlns

* Dividende stable à E1,40, taux de distribution 67%

* Prévoit une "légère" croissance de l'Ebita en 2010

* Provision de E550 mlns pour le procès aux USA

(Actualité avec conférence de presse, cours)

par Cyril Altmeyer

PARIS, 1er mars (Reuters) - Vivendi (VIV.PA) a annoncé lundi viser une "légère" croissance de son résultat opérationnel ajusté (Ebita) en 2010, après celle de 8,8%, plus forte que prévu, engrangée en 2009 en particulier grâce aux jeux vidéo.

Le groupe de télécommunications et de médias a également passé une provision inattendue de 550 millions d'euros sur ses comptes du quatrième trimestre après le jugement rendu le 29 janvier par un tribunal américain reconnaissant Vivendi coupable d'avoir induit en erreur ses actionnaires entre octobre 2000 et août 2002. [ID:nLDE60S2BG] [ID:nLDE6100U1]

Le président du directoire Jean-Bernard Lévy a souligné lors d'une conférence téléphonique que cette provision n'était pas une estimation des dommages que Vivendi pourrait devoir payer.

"Les effets mécaniques de la condamnation de janvier, nous ne les connaîtrons pas avant de très nombreux mois, ce ne sera peut-être qu'en 2011", a-t-il expliqué. "La procédure va rester particulièrement complexe et longue et nous avons de forts espoirs qu'à la fin des fins nous n'ayons rien à payer du tout".

L'action s'adjugeait 1,6% à 18,80 euros vers 16h15, en ligne avec l'indice paneuropéen des médias .SXMP (+1,59%).

CM-CIC note des "résultats plutôt supérieurs aux attentes, une rendement attractif et une guidance rassurante pour 2010".

"Le dividende de 1,40 euro (stable comparé à 2008) en cash devrait être apprécié, montrant la confiance du groupe dans ses perspectives d'activité et peut-être l'indication d'un peu de retenue dans sa stratégie d'acquisitions", note de son côté UBS.

Jean-Bernard Lévy a précisé aux analystes que le groupe était "raisonnablement prudent" sur ses perspectives pour 2010, malgré deux premiers mois en ligne avec un quatrième trimestre "plutôt bon" pour le groupe, citant les incertitudes macroéconomiques et les pressions réglementaires.

Ces contraintes devraient contribuer à faire légèrement baisser la marge brute opérationnelle (Ebitda) de SFR dans la téléphonie mobile, tandis qu'elle devrait progresser dans internet et la téléphonie fixe avec la poursuite des gains de parts de marché engrangés en 2009. (Voir [ID:nLDE62003N])

Le directeur financier de SFR Pierre Trotot a déclaré que l'opérateur investirait 150 millions d'euros dans la fibre optique cette année, comme l'an passé.

Frank Esser, PDG de SFR, a dit à la presse que l'opérateur ne comptait pas lancer dans l'immédiat une offre "quadruple play" (téléphonie fixe et mobile, internet, télévision) à l'image de celle de Bouygues Telecom (BOUY.PA) et du projet annoncé la semaine dernière par Orange FTE.PA pour 2010.

LÉGÈRE HAUSSE DE L'EBITA DE CANAL+ EN 2010

Vivendi anticipe également une légère hausse du résultat opérationnel ajusté (Ebita) de Canal+, a-t-il ajouté, après une croissance deux fois plus forte que la moyenne du groupe en 2009 à la faveur d'une baisse de son taux de résiliation et une hausse de son revenu moyen par abonné (Arpu).

Le groupe Vivendi a dégagé un Ebita de 5.390 millions d'euros, en progression de 8,8%, et un chiffre d'affaires de 27.132 millions en 2009, en hausse de 6,9%. Les 12 analystes interrogés par la rédaction de Reuters attendaient un chiffre d'affaires de 26.966 millions et un Ebita de 5.251 millions.

Vivendi a profité d'un bond de 41,4% du chiffre d'affaires d'Activision Blizzard (ATVI.O), numéro un mondial des jeux vidéo dont il détient 57%, avec un Ebita multiplié par 14,2 à 484 millions d'euros et qui devrait dépasser 600 millions en 2010.

Le résultat net ajusté de Vivendi ressort à 2.585 millions d'euros, en baisse de 5,5%, également au-dessus du consensus.

Le résultat net part du groupe ressort à 830 millions d'euros, trois fois moins élevé qu'en 2008, à la suite d'un impact fiscal de 750 millions chez SFR et de dépréciations d'actifs, notamment liées à Universal Music Group (UMG).

La première maison de disque mondiale, qui édite notamment les Black Eyed Peas et Mylène Farmer, a été une nouvelle fois le principal frein aux résultats de Vivendi, sous le coup de la baisse des ventes de musique enregistrée, même si le recul de 15,5% de son Ebitda à 580 millions a été moins marqué que prévu. Vivendi s'attend à une marge d'Ebita à deux chiffres en 2010.

GVT GVTT3.SA, l'opérateur fixe brésilien que Vivendi consolide depuis novembre et dont il détient 87%, devrait constituer l'un des principaux moteurs de croissance du groupe en 2010 avec une hausse de 30% son Ebitda ajusté et de 26% de son chifre d'affaires, a précisé Jean-Bernard Lévy.

Le groupe, qui affiche une dette financière nette de 9,6 milliards d'euros fin 2009 contre 8,3 millions un an plus tôt, restera à l'affût d'acquisitions dans les pays émergents aux potentiels de forte croissance dans la téléphonie mobile et la télévision payante, a-t-il ajouté.

Il a précisé qu'aucune discussion n'avait été encore engagée en vue du rachat des 20% de Lagardère (LAGA.PA) dans Canal+ France et des 44% de Vodafone (VOD.L) dans SFR.

La génération de trésorerie de Vivendi a augmenté de 3,0% à 5,237 milliards d'euros en 2009, mais le directeur financier Philippe Capron a précisé que cette performance, qui repose sur des facteurs exceptionnels, serait difficile à réiterer en 2010.

Avec la contribution de Marie Mawad. Edité par Jean-Michel Bélot

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