LEAD 4 BPCE remboursera l'Etat d'ici 2013, Natixis se redresse

jeudi 25 février 2010 13h17
 

 * Les résultats de Natixis meilleurs que prévu au T4
 * BPCE veut renforcer ses fonds propres et sa profitabilité
 * Forte hausse de l'action Natixis
 
 (Actualisé avec conférence de presse de Natixis et BPCE,
commentaires d'analystes)
 par Julien Ponthus
 PARIS, 25 février (Reuters) - Le groupe bancaire mutualiste
BPCE a présenté jeudi un plan stratégique visant à améliorer sa
profitablité et renforcer ses fonds propres, avec pour objectif
de rembourser d'ici 2013 les sept milliards d'euros accordés par
l'Etat au plus fort de la crise financière.
 Présentant un plan qui se veut la pierre fondatrice d'une
grande banque universelle, le nouveau groupe vise un milliard
d'euros d'économies annuelles en 2013 et 800 millions d'euros de
synergies avec sa banque d'affaires Natixis (CNAT.PA: Cotation).
 Si le groupe a lancé une rationalisation de ses structures
et de sa gouvernance, il ne semble pas avoir encore tranché sur
un scénario envisagé par certains analystes, à savoir la sortie
de la cote de Natixis et une introduction en Bourse de la maison
mère BPCE.
 En suivant ce schéma, BPCE s'alignerait sur l'autre grande
banque mutualiste française, le Crédit agricole (CAGR.PA: Cotation), dont
l'organe central, détenu en majorité par les caisses régionales,
est coté en Bourse. 
 "Ce n'est pas à l'ordre du jour", a répondu François Pérol à
la question de savoir si une introduction en Bourse du nouvel
ensemble était envisageable à terme. 
 Il a également indiqué qu'il n'avait à ce stade aucune
intention de relever la participation de 72% de BPCE dans
Natixis.
 Cette dernière a annoncé au quatrième trimestre un résultat
net de 748 millions d'euros, très largement au-dessus des
attentes des analystes grâce notamment à 498 millions d'euros
d'éléments non récurrents.
 Le consensus indicatif réalisé par la rédaction de Reuters
auprès de sept analystes tablait sur un bénéfice net trimestriel
de 173 millions d'euros.
 
 PROFITABILITÉ DURABLE
 Natixis a aussi agréablement surpris les analystes en
relevant son objectif de produit net bancaire à l'horizon 2012
de 6,1 milliards à 6,7 milliards d'euros. 
 "L'écart avec nos attentes s'explique par le fait
que le groupe confirme attendre des synergies avec les réseaux
retail (les agences des Caisse d'Epargne et de Banque Populaire)
de plus de 400 millions d'euros", ont indiqué les analystes
d'Oddo qui tablaient seulement sur 6,22 milliards.
 A 13h10, l'action Natixis s'adjugeait 3,03% à 3,73 euros,
surperformant largement l'indice sectoriel DJ Stoxx  des
banques européennes en progression de 0,36% au même moment.
 C'est le deuxième trimestre consécutif de retour aux
bénéfices pour Natixis, qui signe néanmoins sur l'année une
perte globale de 1,7 milliard d'euros. 
 Les directions de Natixis et de BPCE ont annoncé lors d'une
conférence téléphonique que le redressement de Natixis, la
banque française la plus touchée par la crise, avait été
effectué et que sauf surprise, sa profitabilité serait durable.
 "L'ensemble des risques est maîtrisé, le profil de risque
global du groupe a été réduit, et donc je pense que Natixis est
en situation d'être profitable", a ainsi déclaré Laurent Mignon,
le directeur général de la banque d'affaires.
 Annoncée au plus fort de la crise financière à l'automne
2008, la fusion des Banques populaires et des Caisses d'épargne
a vu le jour après une intense pression du gouvernement et le
parachutage de François Pérol, l'ancien secrétaire général
adjoint de l'Elysée.
 L'Etat a en effet injecté 7 milliards d'euros de fonds
propres dans BPCE pour que cette dernière soutienne Natixis,
lessivé par la crise financière. 
 
 "PARTICIPATIONS FINANCIÈRES"
 Pour aider sa filiale à nettoyer son bilan, BPCE a apporté
en août dernier sa garantie aux actifs toxiques de Natixis et
ces derniers sont désormais cantonnés au sein d'un portefeuille
spécial baptisé GAPC (gestion active des portefeuilles
cantonnés) pour être progressivement liquidés.
 Ces actifs toxiques pèsent à l'heure actuelle une trentaine
de milliards d'euros. 
 BPCE conduira de front son objectif de relever son ratio de
fonds propres core Tier One de 7% à plus de 8% en 2013 tout en
remboursant l'Etat avant cette date. 
 Souvent présenté comme le groupe qui a le plus mal résisté à
la crise, BPCE sera la dernière des banques françaises (hors
Dexia) à rembourser l'Etat, les autres groupes bancaires ayant
déjà procédé à leurs remboursements.
 BPCE a précisé ne pas compter sur la vente d'actifs non
stratégiques pour rembourser sa dette et a d'ailleurs été peu
disert sur son programme de cession d'actifs.
 Le groupe a simplement indiqué avoir décidé que plusieurs
sociétés comme l'assureur crédit Coface, le site internet
Meilleur Taux ou encore la société de service Foncia seraient
gérées comme des "participations financières". 
 "Participations financières ne veut pas dire vendre tout de
suite", a néanmoins précisé François Pérol, refusant de
commenter les nombreuses rumeurs portant sur les entreprises non
stratégique du groupe. 
 (Avec la contribution de Matthieu Protard, édité par
Dominique Rodriguez)