25 février 2010 / 06:44 / dans 8 ans

LEAD 4 BPCE remboursera l'Etat d'ici 2013, Natixis se redresse

 * Les résultats de Natixis meilleurs que prévu au T4
 * BPCE veut renforcer ses fonds propres et sa profitabilité
 * Forte hausse de l‘action Natixis
  
 (Actualisé avec conférence de presse de Natixis et BPCE, commentaires d‘analystes)
 par Julien Ponthus
 PARIS, 25 février (Reuters) - Le groupe bancaire mutualiste BPCE a présenté jeudi un plan stratégique visant à améliorer sa profitablité et renforcer ses fonds propres, avec pour objectif de rembourser d‘ici 2013 les sept milliards d‘euros accordés par l‘Etat au plus fort de la crise financière.
 Présentant un plan qui se veut la pierre fondatrice d‘une grande banque universelle, le nouveau groupe vise un milliard d‘euros d’économies annuelles en 2013 et 800 millions d‘euros de synergies avec sa banque d‘affaires Natixis (CNAT.PA).
 Si le groupe a lancé une rationalisation de ses structures et de sa gouvernance, il ne semble pas avoir encore tranché sur un scénario envisagé par certains analystes, à savoir la sortie de la cote de Natixis et une introduction en Bourse de la maison mère BPCE.
 En suivant ce schéma, BPCE s‘alignerait sur l‘autre grande banque mutualiste française, le Crédit agricole (CAGR.PA), dont l‘organe central, détenu en majorité par les caisses régionales, est coté en Bourse. 
 “Ce n‘est pas à l‘ordre du jour”, a répondu François Pérol à la question de savoir si une introduction en Bourse du nouvel ensemble était envisageable à terme. 
 Il a également indiqué qu‘il n‘avait à ce stade aucune intention de relever la participation de 72% de BPCE dans Natixis.
 Cette dernière a annoncé au quatrième trimestre un résultat net de 748 millions d‘euros, très largement au-dessus des attentes des analystes grâce notamment à 498 millions d‘euros d’éléments non récurrents.
 Le consensus indicatif réalisé par la rédaction de Reuters auprès de sept analystes tablait sur un bénéfice net trimestriel de 173 millions d‘euros.
  
 PROFITABILITÉ DURABLE
 Natixis a aussi agréablement surpris les analystes en relevant son objectif de produit net bancaire à l‘horizon 2012 de 6,1 milliards à 6,7 milliards d‘euros. 
 “L’écart avec nos attentes s‘explique par le fait que le groupe confirme attendre des synergies avec les réseaux retail (les agences des Caisse d‘Epargne et de Banque Populaire) de plus de 400 millions d‘euros”, ont indiqué les analystes d‘Oddo qui tablaient seulement sur 6,22 milliards.
 A 13h10, l‘action Natixis s‘adjugeait 3,03% à 3,73 euros, surperformant largement l‘indice sectoriel DJ Stoxx .SX7P des banques européennes en progression de 0,36% au même moment.
 C‘est le deuxième trimestre consécutif de retour aux bénéfices pour Natixis, qui signe néanmoins sur l‘année une perte globale de 1,7 milliard d‘euros. 
 Les directions de Natixis et de BPCE ont annoncé lors d‘une conférence téléphonique que le redressement de Natixis, la banque française la plus touchée par la crise, avait été effectué et que sauf surprise, sa profitabilité serait durable.
 “L‘ensemble des risques est maîtrisé, le profil de risque global du groupe a été réduit, et donc je pense que Natixis est en situation d’être profitable”, a ainsi déclaré Laurent Mignon, le directeur général de la banque d‘affaires.
 Annoncée au plus fort de la crise financière à l‘automne 2008, la fusion des Banques populaires et des Caisses d’épargne a vu le jour après une intense pression du gouvernement et le parachutage de François Pérol, l‘ancien secrétaire général adjoint de l‘Elysée.
 L‘Etat a en effet injecté 7 milliards d‘euros de fonds propres dans BPCE pour que cette dernière soutienne Natixis, lessivé par la crise financière. 
  
 “PARTICIPATIONS FINANCIÈRES”
 Pour aider sa filiale à nettoyer son bilan, BPCE a apporté en août dernier sa garantie aux actifs toxiques de Natixis et ces derniers sont désormais cantonnés au sein d‘un portefeuille spécial baptisé GAPC (gestion active des portefeuilles cantonnés) pour être progressivement liquidés.
 Ces actifs toxiques pèsent à l‘heure actuelle une trentaine de milliards d‘euros. 
 BPCE conduira de front son objectif de relever son ratio de fonds propres core Tier One de 7% à plus de 8% en 2013 tout en remboursant l‘Etat avant cette date. 
 Souvent présenté comme le groupe qui a le plus mal résisté à la crise, BPCE sera la dernière des banques françaises (hors Dexia) à rembourser l‘Etat, les autres groupes bancaires ayant déjà procédé à leurs remboursements.
 BPCE a précisé ne pas compter sur la vente d‘actifs non stratégiques pour rembourser sa dette et a d‘ailleurs été peu disert sur son programme de cession d‘actifs.
 Le groupe a simplement indiqué avoir décidé que plusieurs sociétés comme l‘assureur crédit Coface, le site internet Meilleur Taux ou encore la société de service Foncia seraient gérées comme des “participations financières”. 
 “Participations financières ne veut pas dire vendre tout de suite”, a néanmoins précisé François Pérol, refusant de commenter les nombreuses rumeurs portant sur les entreprises non stratégique du groupe. 
 (Avec la contribution de Matthieu Protard, édité par Dominique Rodriguez)  

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