19 février 2010 / 06:29 / il y a 8 ans

LEAD 3 Lafarge prévoit une légère reprise de la demande en 2010

* Demande vue en hausse de zéro à 5%

* Net pdg 736 millions d'euros, consensus un milliard

* L'hiver rude a pesé sur le T4

* Dette nette réduite de 18% à E13,8 milliards

(Actualisé avec conférence de presse, analyste et cours)

par Gilles Guillaume et Michel Rose

PARIS, 19 février (Reuters) - Lafarge LAFP.PA anticipe un léger rebond de la demande mondiale de ciment en 2010 sur ses marchés, après une année 2009 marquée par des résultats inférieurs aux attentes qui pèsent sur l'action du groupe.

Le premier cimentier mondial, qui a souffert du ralentissement économique et de ses retombées sur le secteur de la construction, a réalisé en 2009 un chiffre d'affaires de 15,88 milliards d'euros, en baisse de 17% (-14% à périmètre et taux de change constants). Le consensus Thomson Reuters I/B/E/S donnait 16,4 milliards d'euros.

Le résultat net, part du groupe, a chuté quant à lui de 54% à 736 millions d'euros, alors que le consensus donnait un milliard. Lafarge proposera un dividende de deux euros par action, identique à l'exercice précédent.

Vers 11h30, le titre accusait une baisse de 2,7% à 49,40 euros, portant ainsi son recul depuis janvier à 15% environ.

"Les résultats 2009 sont clairement inférieurs aux attentes et le titre devrait être sous pression aujourd'hui", écrit Oddo dans une note de recherche. "Comme nous l'anticipions, la guidance pour 2010 est très prudente dans les pays matures."

Lafarge a accusé sur le seul quatrième trimestre une perte nette de 38 millions d'euros alors qu'il affichait un bénéfice de 40 millions un an plus tôt.

STRUCTURE FINANCIÈRE RENFORCÉE

"Nous avons connu un hiver très rude qui peut avoir un effet très important", a précisé le PDG du groupe Bruno Lafont, au cours d'une conférence de presse. "Le quatrième trimestre n'est pas de loin le plus gros trimestre de l'année, et les variations climatiques peuvent avoir un impact important."

Lafarge a également comptabilisé sur la période près de 140 millions d'euros d'éléments exceptionnels, les deux tiers correspondant aux dépréciations qu'il inscrit habituellement à la fin de l'année, liées à certains actifs ciment en Europe occidentale. Le tiers restant correspond au règlement du contentieux avec l'américain USG (USG.N).

Lafarge avait dévoilé un an plus tôt un train de mesures destinées à renforcer sa structure financière face à la crise. Outre une augmentation de capital de 1,5 milliard d'euros, réalisée au début 2009, le groupe s'était fixé comme objectif de céder pour au moins un milliard d'euros d'actifs et de réduire ses coûts de 200 millions. Il a annoncé vendredi avoir réalisé l'an dernier 919 millions de désinvestissements ainsi que 230 millions d'économies de coûts.

Les modalités de la vente de la participation dans Cimpor (CPR.LS), annoncée début février, dépendront quant à elles de l'issue de l'OPA du sidérurgiste brésilien CSN (CSNA3.SA) (SID.N), dont la clôture a été repoussée à lundi prochain. (voir [ID:nLDE61B282])

En février 2009, Lafarge avait annoncé son intention de réduire sa dette de manière significative avant la fin de l'année. Celle-ci a diminué de 18% à 13,8 milliards d'euros grâce à un free cash flow libre en hausse de 34% à 2,8 milliards.

OPTIMISME PRUDENT POUR 2010

Pour 2010, Bruno Lafont a simplement indiqué qu'il continuerait d'améliorer la structure financière du groupe.

L'acquisition de l'égyptien Orascom avait entraîné un doublement de l'endettement de Lafarge entre la fin 2007 et la fin 2008, quand celui-ci avait atteint 16,9 milliards d'euros. Le groupe a également procédé l'an dernier au remboursement anticipé d'une partie du crédit d'acquisition d'Orascom, repoussant à 2011 sa prochaine échéance majeure.

Pour 2010, Lafarge compte réduire encore ses coûts de 200 millions d'euros et céder entre 300 et 500 millions d'euros d'actifs parmi les moins stratégiques de son portefeuille.

"On aborde 2010 avec un certain optimisme parce que les perspectives s'améliorent", a déclaré Bruno Lafont. "Elles restent contrastées, avec une stabilisation des pays développés et une poursuite de la croissance dans les pays émergents, mais la demande de ciment devrait se répartir d'une façon plus équilibrée et surtout plus favorable aux positions de Lafarge."

"2010 sera une année difficile globalement car nous resterons à des niveaux d'activité historiquement bas dans les pays développés", a-t-il ajouté pour justifier sa prudence.

Lafarge anticipe au mieux une croissance de 5% de la demande totale sur ses marchés, et au pire une stagnation, après une contraction estimée entre 6% et 8% de ses volumes l'an dernier.

Le choix du groupe de se renforcer sur les marchés émergents s'en trouve conforté. En 2009, il a réalisé 52% de son chiffre d'affaires dans les nouvelles économies, contre 48% sur les marchés développés. L'année précédente, la répartition était au contraire de 46% contre 54%.

Selon Bruno Lafont, cette tendance ne s'inversera pas: 70% des capacités cimentières du groupe sont maintenant situées en Amérique latine, en Europe de l'Est, en Afrique, au Moyen-Orient et surtout en Asie.

Edité par Dominique Rodriguez

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