15 février 2010 / 13:26 / il y a 8 ans

AVANT-PAPIER Bonus et Bâle s'invitent aux résultats bancaires

par Matthieu Protard

PARIS, 15 février (Reuters) - Les inquiétudes sur la nouvelle réglementation bancaire, le tarissement du crédit et les bonus des traders risquent de perturber la saison des résultats dans le secteur bancaire français, qui commence mercredi avec BNP Paribas (BNPP.PA).

Dans le contexte de crise économique, le retour des bonus est d'autant plus mal perçu par l'opinion publique et les responsables politiques que les banques ont bénéficié d'aides de l'Etat en 2008 et 2009.

Après le tollé provoqué en août par les primes provisionnées par la BNP, l'Elysée a dû intervenir pour exiger un encadrement des pratiques de bonus accusées d'avoir contribué à la crise financière. (voir [ID:nLP82594] et [ID:nLP516230])

Suivant l'exemple britannique, le gouvernement a ensuite décidé de taxer à hauteur de 50% les bonus versés en 2010 qui dépasseront 27.500 euros. [ID:nLDE5BF11U]

"Aujourd'hui, on attend les banques au tournant. Elles devraient donc être prudentes", explique à Reuters Emmanuelle Rivez-Domont, avocate du cabinet Jones Day.

"Il y a une pression suffisante au niveau du gouvernement pour ne pas annoncer des bonus complètement démesurés par rapport aux années précédentes."

En septembre, les chefs d'Etat et de gouvernement du G20 ont adopté les recommandations du Conseil de stabilité financière (CSF) visant à empêcher que les politiques de rémunération des banques n'incitent à des prises de risques excessives.

Le gouvernement allemand a ainsi approuvé début février un projet de loi visant à limiter les bonus des banquiers, avec notamment le versement différé des primes et le paiement d'au moins la moitié des bonus sous forme d'actions. [ID:nLDE61821G]

La Grande-Bretagne, qui a choisi de taxer cette année à 50% les bonus au-delà de 25.000 livres sterling (28.800 euros), milite désormais pour une taxation au niveau mondial. [ID:nGEE5B91R2] et [ID:nLDE61C0H1]

Se disant choqué par les bonus de Wall Street, le président des Etats-Unis Barack Obama veut de son côté taxer davantage les institutions financières pour récupérer une partie des 117 milliards de dollars injectés pour sauver le système financier américain. [ID:nLDE6122QU]

ESSOUFFLEMENT DE LA BFI

La présentation des comptes annuels sera aussi l'occasion pour les analystes financiers de sonder les banques françaises sur leurs perspectives de revenus et de résultats. Après avoir profité en 2009 du rebond des marchés financiers, les activités de banque de financement et d'investissement (BFI) devraient s'essouffler cette année.

"En 2010, on sait que l'environnement de la BFI sera plus difficile qu'en 2009, notamment dans les activités de fixed income (marchés obligataires)", souligne Christophe Nijdam, analyste financier chez Alpha Value.

"En 2009, les BFI ont été un véritable moteur pour la rentabilité des banques", poursuit-il.

L'autre inconnue concerne la nouvelle réglementation bancaire Bâle III que prépare le comité de Bâle afin de tirer les enseignements de la plus grave crise financière depuis les années 1930.

Les analystes estiment que les normes nouvelles devant entrer en vigueur début 2013 modifieront en profondeur certaines activités bancaires, surtout dans les activités de marché.

"On sait déjà que cette nouvelle régulation va sensiblement affaiblir la rentabilité des BFI mais on n'arrive pas vraiment à chiffrer de combien pour l'instant", dit encore Christophe Nijdam.

Le mois dernier, la Société générale (SOGN.PA) a surpris le marché en lançant un avertissement sur ses résultats du quatrième trimestre. La banque, qui publie ses résultats jeudi, a fait savoir qu'elle passerait 1,4 milliard d'euros de provisions et de dépréciations supplémentaires sur ses actifs toxiques, relançant les inquiétudes sur les bilans bancaires. [ID:nLDE60C02G]

Aux Etats-Unis, les résultats des banques se sont révélés mitigés en raison du coût lié au remboursement des aides fédérales et du poids des provisions pour pertes sur le crédit. [ID:nLDE60J1YL]

"Cette année, le coût du risque devrait se maintenir à un niveau historiquement élevé mais avec toutefois une légère inflexion par rapport à 2009", estime l'analyste d'Alpha Value au sujet des banques européennes. "Je pense que le plus gros des provisions est passé."

Le Crédit agricole (CAGR.PA), Natixis (CNAT.PA) et le franco-belge Dexia (DEXI.BR) doivent publier leurs résultats le 25 février.

Lire aussi:

* Socgen - Bénéfice net attendu à E150 millions au T4 [ID:nLDE61B218]

* BNP - Bénéfice net attendu à E1.058 millions au T4 [ID:nLDE61B0YQ]

* 2010, année du "tsunami" réglementaire pour les banques [ID:nLDE5BG22Y].

Edité par Dominique Rodriguez

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