12 février 2010 / 07:41 / il y a 8 ans

LEAD 3 Michelin se veut vigilant pour 2010, visibilité réduite

 * Net 2009 inférieur aux attentes, CA en ligne
 * Marge opérationnelle globalement stable, mix-prix positif
 * Peu de visibilité en ce début 2010, hausse des matières premières
 * Pas encore de reprise dans les poids lourds
  
 (Actualisé avec conférence analystes et cours §§3-5)
 par Gilles Guillaume et Helen Massy-Beresford
 PARIS, 12 février (Reuters) - Michelin (MICP.PA) aborde 2010 avec une "grande vigilance" sur fond de hausse des prix des matières premières et faute de visibilité sur l'économie, après un exercice 2009 marqué par une baisse plus forte que prévu de son résultat net mais aussi un recul limité de ses ventes.
 Le groupe, l'un des deux leaders mondiaux des pneumatiques avec le japonais Bridgestone (5108.T), a ajouté aborder l'année en cours avec "confiance" en raison notamment de la croissance des pays émergents, mais n'a donné qu'un seul objectif pour l'année en cours: un cash flow libre positif, après +1,4 milliard d'euros en 2009 grâce à la réduction des stocks.
 "Nous n'avons pas beaucoup de visibilité sur 2010, pas beaucoup de visibilité sur les marchés, mais par contre une grande visibilité sur ce que nous ferons, grâce notamment à l'expérience que nous avons acquise en 2009", a déclaré Michel Rollier, cogérant de Michelin.
 Vers 12h00, le titre perdait 2,71% à 50,60 euros, sous-performant l'indice sectoriel européen .SXAP (-1,9%), le marché retenant essentiellement le message sur le manque de visibilité en 2010, comme ce fut le cas lors de la publication des résultats des constructeurs automobiles PSA Peugeot Citroën (PEUP.PA) et Renault (RENA.PA). (voir [ID:nLDE61904V] et [ID:nLDE6191X7].
 Le titre Michelin recule de 3,7% depuis le début de l'année, après une hausse de 42,6% en 2009.
 "Les chiffres sont globalement en ligne, le bilan s'est amélioré, les prévisions sont vagues et le langage prudent", résument les analystes de Morgan Stanley dans une note de recherche.
  La plupart des observateurs s'attendaient à ce que la direction opte pour un discours prudent depuis les mésaventures de l'année 2008, marquée par plusieurs avertissements du groupe sur ses résultats.
 "Dans un marché automobile qui sera difficile pour la première monte en 2010 en Europe, Michelin présente des qualités défensives indéniables", ajoute CM-CIC.
  
 MIX-PRIX POSITIF
 Face à la hausse des matières premières, notamment du caoutchouc naturel, Michelin a annoncé deux nouvelles hausses de prix pour 2010. Au total, il augmentera au 1er février ses tarifs de 7% sur le marché du remplacement poids lourds en Amérique du Nord, et de 3% à 4% au deuxième trimestre sur le marché du remplacement tourisme en Europe.
 "C'est indispensable parce que si nous ne le faisons pas, nous mettons en péril le niveau global des marges et il n'en est pas question", a souligné Jean-Dominique Senard, gérant du groupe chargé des finances, en marge d'une conférence de presse.
 Le mix-prix du groupe, renforcé également par la demande en pneus d'hiver, lui a permis de limiter la baisse de son chiffre d'affaires net à 9,8% en 2009, alors que les volumes ont reculé dans l'intervalle de presque 15%.
 Le CA est ressorti à 14,80 milliards d'euros, en ligne avec le consensus Thomson Reuters I/B/E/S établi à partir des estimations de 13 analystes.
 Le bénéfice net a quant à lui baissé davantage que prévu. Il a chuté de 70,5% à 106 millions d'euros alors que le consensus donnait 132 millions. Michelin propose de verser un dividende d'un euro par action, comme l'année précédente.
 Le groupe a souligné que l'exercice avait été marqué par 412 millions d'euros de charges de restructuration, liées notamment au plan de départ volontaire en France et à la fermeture de l'usine d'Ota, au Japon. 
 Il estime qu'à la fin de l'année, il aura cumulé un milliard d'euros environ de réductions de coûts depuis le début de son plan de compétitivité Horizon 2010, lancé en 2006. Sans la crise, dont il a déjà prévenu qu'elle risquait de différer dans le temps les objectifs du plan, Michelin aurait réalisé 1,3 milliard d'euros d'économies fin 2010, sur un cap initial de 1,5 milliard.
 Le résultat opérationnel avant éléments non récurrents a baissé de 6,3% à 862 millions d'euros, tandis que la marge opérationnelle est ressortie à 5,8% l'an dernier, contre 5,6% en 2008.
 Le marché des pneumatiques a connu en 2009 un recul historique dans le sillage de la crise qui a frappé l'automobile et du ralentissement économique qui affecte le trafic de poids lourds. La fin du déstockage et les aides à l'automobile ont  favorisé un rebond technique et une stabilisation sur la deuxième moitié de l'année passée, mais il est encore trop tôt pour parler de reprise.
 En revanche, des marchés comme la Chine affichent toujours une solide croissance, permettant au marché chinois de devenir l'an dernier le premier mondial devant les États-Unis. Michelin prévoit de doubler d'ici 2012 sa capacité en pneus tourisme camionnette dans les zones de croissance que sont la Chine, le Brésil et l'Inde.
 Sur l'exercice écoulé, le niveau de cash flow libre positif de Michelin lui a permis de réduire de 28,6% sa dette financière nette à 3,05 milliards d'euros, ce qui représente un ratio d'endettement "historiquement bas" de 55%. Jean-Dominique Senard a ajouté qu'il espérait pouvoir maintenir ce ratio sur la même ligne dans la durée.
 Voir aussi:
 * Principales données financières de Michelin:    here 
 * Pour le POINT sur le secteur automobile [AUTO/FR]
 (Edité par Dominique Rodriguez)  

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