LEAD 3 Michelin se veut vigilant pour 2010, visibilité réduite

vendredi 12 février 2010 12h17
 

 * Net 2009 inférieur aux attentes, CA en ligne
 * Marge opérationnelle globalement stable, mix-prix positif
 * Peu de visibilité en ce début 2010, hausse des matières
premières
 * Pas encore de reprise dans les poids lourds
 
 (Actualisé avec conférence analystes et cours §§3-5)
 par Gilles Guillaume et Helen Massy-Beresford
 PARIS, 12 février (Reuters) - Michelin (MICP.PA: Cotation) aborde 2010
avec une "grande vigilance" sur fond de hausse des prix des
matières premières et faute de visibilité sur l'économie, après
un exercice 2009 marqué par une baisse plus forte que prévu de
son résultat net mais aussi un recul limité de ses ventes.
 Le groupe, l'un des deux leaders mondiaux des pneumatiques
avec le japonais Bridgestone (5108.T: Cotation), a ajouté aborder l'année
en cours avec "confiance" en raison notamment de la croissance
des pays émergents, mais n'a donné qu'un seul objectif pour
l'année en cours: un cash flow libre positif, après +1,4
milliard d'euros en 2009 grâce à la réduction des stocks.
 "Nous n'avons pas beaucoup de visibilité sur 2010, pas
beaucoup de visibilité sur les marchés, mais par contre une
grande visibilité sur ce que nous ferons, grâce notamment à
l'expérience que nous avons acquise en 2009", a déclaré Michel
Rollier, cogérant de Michelin.
 Vers 12h00, le titre perdait 2,71% à 50,60 euros,
sous-performant l'indice sectoriel européen  (-1,9%), le
marché retenant essentiellement le message sur le manque de
visibilité en 2010, comme ce fut le cas lors de la publication
des résultats des constructeurs automobiles PSA Peugeot Citroën
(PEUP.PA: Cotation) et Renault (RENA.PA: Cotation). (voir [ID:nLDE61904V] et
[ID:nLDE6191X7].
 Le titre Michelin recule de 3,7% depuis le début de l'année,
après une hausse de 42,6% en 2009.
 "Les chiffres sont globalement en ligne, le bilan s'est
amélioré, les prévisions sont vagues et le langage prudent",
résument les analystes de Morgan Stanley dans une note de
recherche.
  La plupart des observateurs s'attendaient à ce que la
direction opte pour un discours prudent depuis les mésaventures
de l'année 2008, marquée par plusieurs avertissements du groupe
sur ses résultats.
 "Dans un marché automobile qui sera difficile pour la
première monte en 2010 en Europe, Michelin présente des qualités
défensives indéniables", ajoute CM-CIC.
 
 MIX-PRIX POSITIF
 Face à la hausse des matières premières, notamment du
caoutchouc naturel, Michelin a annoncé deux nouvelles hausses de
prix pour 2010. Au total, il augmentera au 1er février ses
tarifs de 7% sur le marché du remplacement poids lourds en
Amérique du Nord, et de 3% à 4% au deuxième trimestre sur le
marché du remplacement tourisme en Europe.
 "C'est indispensable parce que si nous ne le faisons pas,
nous mettons en péril le niveau global des marges et il n'en est
pas question", a souligné Jean-Dominique Senard, gérant du
groupe chargé des finances, en marge d'une conférence de presse.
 Le mix-prix du groupe, renforcé également par la demande en
pneus d'hiver, lui a permis de limiter la baisse de son chiffre
d'affaires net à 9,8% en 2009, alors que les volumes ont reculé
dans l'intervalle de presque 15%.
 Le CA est ressorti à 14,80 milliards d'euros, en ligne avec
le consensus Thomson Reuters I/B/E/S établi à partir des
estimations de 13 analystes.
 Le bénéfice net a quant à lui baissé davantage que prévu. Il
a chuté de 70,5% à 106 millions d'euros alors que le consensus
donnait 132 millions. Michelin propose de verser un dividende
d'un euro par action, comme l'année précédente.
 Le groupe a souligné que l'exercice avait été marqué par 412
millions d'euros de charges de restructuration, liées notamment
au plan de départ volontaire en France et à la fermeture de
l'usine d'Ota, au Japon. 
 Il estime qu'à la fin de l'année, il aura cumulé un milliard
d'euros environ de réductions de coûts depuis le début de son
plan de compétitivité Horizon 2010, lancé en 2006. Sans la
crise, dont il a déjà prévenu qu'elle risquait de différer dans
le temps les objectifs du plan, Michelin aurait réalisé 1,3
milliard d'euros d'économies fin 2010, sur un cap initial de 1,5
milliard.
 Le résultat opérationnel avant éléments non récurrents a
baissé de 6,3% à 862 millions d'euros, tandis que la marge
opérationnelle est ressortie à 5,8% l'an dernier, contre 5,6% en
2008.
 Le marché des pneumatiques a connu en 2009 un recul
historique dans le sillage de la crise qui a frappé l'automobile
et du ralentissement économique qui affecte le trafic de poids
lourds. La fin du déstockage et les aides à l'automobile ont 
favorisé un rebond technique et une stabilisation sur la
deuxième moitié de l'année passée, mais il est encore trop tôt
pour parler de reprise.
 En revanche, des marchés comme la Chine affichent toujours
une solide croissance, permettant au marché chinois de devenir
l'an dernier le premier mondial devant les États-Unis. Michelin
prévoit de doubler d'ici 2012 sa capacité en pneus tourisme
camionnette dans les zones de croissance que sont la Chine, le
Brésil et l'Inde.
 Sur l'exercice écoulé, le niveau de cash flow libre positif
de Michelin lui a permis de réduire de 28,6% sa dette financière
nette à 3,05 milliards d'euros, ce qui représente un ratio
d'endettement "historiquement bas" de 55%. Jean-Dominique Senard
a ajouté qu'il espérait pouvoir maintenir ce ratio sur la même
ligne dans la durée.
 Voir aussi:
 * Principales données financières de Michelin:   
here 
 * Pour le POINT sur le secteur automobile [AUTO/FR]
 (Edité par Dominique Rodriguez)