1 février 2010 / 11:55 / il y a 8 ans

LEAD 3 Total décidera de l'avenir de Dunkerque d'ici fin juin

(Actualisé avec échauffourées)

* Création d'un centre d'assistance technique et d'une école de formation

* Total s'engage à trouver un emploi au sein du groupe pour chaque collaborateur

* Publication des résultats le 11 février, bénéfice net 2009 prévu à E8 mds

* Les syndicats expriment leur mécontentement.

PARIS, 1er février (Reuters) - Total (TOTF.PA) a annoncé lundi qu'une décision définitive sur l'avenir de sa raffinerie des Flandres, près de Dunkerque (Nord), devrait être prise d'ici à la fin du premier semestre.

Le groupe a précisé dans un communiqué qu'il envisageait la création sur le site d'un centre d'assistance technique et d'une école de formation pour le raffinage et qu'il garantirait "à chaque collaborateur un emploi chez Total correspondant à ses compétences", ce qui n'a pas rassuré les salariés.

Une fermeture du site, où travaillent selon Total 620 personnes dont 260 équivalents temps plein employés par des sous-traitants, se serait traduite par environ 600 suppressions de postes.

Mais Total a précisé que la création d'un centre d'assistance technique aux opérations de raffinage et d'une école de formation "pourraient représenter au global les deux tiers des emplois de l'établissement actuel des Flandres".

Le groupe envisage en outre de participer au projet de terminal méthanier d'EDF (EDF.PA) à Dunkerque.

Une source industrielle avait déclaré à Reuters vendredi que Total envisageait de construire un terminal méthanier à Dunkerque avec EDF afin d'atténuer les effets de la fermeture de la raffinerie des Flandres. (Plus de détails [ID:nLDE60S29C])

LE GOUVERNEMENT VEUT POSER SES CONDITIONS

Conséquence de marges de raffinage insuffisantes et de débouchés jugés trop faibles, la raffinerie des Flandres avait été arrêtée le 15 septembre.

"Les évolutions attendues du marché, ne permettent pas d'envisager aujourd'hui une amélioration de la situation: les travaux (de maintenance) de fin de cycle quinquennal ne pourront donc pas être réalisés en mars 2010 comme prévu", a fait savoir Total.

Si elle avait annoncé une fermeture pure et simple du site de Dunkerque, la direction de Total se serait exposée à une nouvelle vague de contestations à quelques semaines des élections régionales et alors que le gouvernement a fait de la diminution du chômage une priorité.

"Il n'y aura pas de fermeture de la raffinerie tant qu'il n'y aura pas les garanties nécessaires (...) sur une nouvelle activité qui garantira la pérennité de l'emploi", a déclaré sur BFM radio le ministre de l'Industrie Christian Estrosi.

Les représentants des travailleurs de la raffinerie des Flandres et d'autres sites de Total en France, dont plusieurs centaines manifestaient devant le siège de l'entreprise à la Défense en compagnie d'une délégation d'élus locaux, ont exprimé leur mécontentement après ces annonces.

"C'est juste une manipulation de la direction. Le raffinage de Dunkerque fait de l'argent", a déclaré un représentant CFDT.

Des manifestants ont tenté d'accéder aux étages de la tour Total après avoir accédé au hall d'entrée, mais ils ont été repoussés par les services de sécurité après quelques échauffourées sans gravité.

Pour Marc Pigeon, délégué CGT de la raffinerie des Flandres, ces annonces veulent dire que l'activité raffinage cessera.

"On ne peut pas être satisfait", a-t-il dit sur i>Télé. "Tout ce flou, qui n'est pas concrétisé par une trame très détaillée, nous laisse dans l'incertitude".

Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, a dénoncé dans un communiqué un "énième moulinet de Christian Estrosi sur un sujet sur lequel il a complètement échoué".

L'UMP a promis une "vigilance extrême" sur le dossier, renouvelant sa volonté de voir les personnels de l'entreprise et des sous-traitants reclassés sur la base de "un pour un".

"C'est une bonne chose que la fermeté du gouvernement ait payé", s'est réjoui son porte-parole Fréderic Lefebvre. "C'était le moins que l'on puisse attendre".

La loi prévoit les reclassements "mais parfois certaines entreprises pensent qu'elles peuvent s'affranchir des règles", a-t-il déploré lors de son point de presse hebdomadaire, mais la majorité ne "laissera pas menacer" ces principes. Cependant, a-t-il fait valoir, "il ne s'agit pas d'inventer de nouveaux principes qui feraient que personne ne puisse jamais licencier si on fait des bénéfices".

L'an dernier, Total avait déjà provoqué la colère de ses salariés en raison du lancement d'un plan de restructuration de son raffinage, avec 555 suppressions de postes en France, quelques jours après avoir annoncé des bénéfices record de 14 milliards d'euros au titre de 2008.

Total publiera ses résultats annuels dans 10 jours, le 11 février. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice net de huit milliards d'euros au titre de 2009.

Total exploite 13 raffineries en Europe, dont six en France.

Nina Sovich et Mathilde Cru, avec le service France, édité par Yves Clarisse

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