20 janvier 2010 / 16:56 / dans 8 ans

Consensus - Prévisions revues à la hausse pour le luxe français

* Gros écarts entre publications et anticipations

* Les acteurs français du luxe pourraient moins surprendre

par Pascale Denis

PARIS, 20 janvier (Reuters) - Flattées par des bases de comparaisons favorables et soutenues par des ventes qualifiées de satisfaisantes pendant la cruciale période de Noël, les premières publications du secteur du luxe vont obliger les analystes à réviser leurs prévisions pour les géants français du secteur.

Les suisses Richemont CFR.VX, numéro deux mondial du luxe, propriétaire de Cartier, Van Cleef & Arpels ou Montblanc et Swatch UHR.VX, l‘horloger détenant les marques Blancpain ou Longines, comme le britannique Burberry (BRBY.L), tous ont pris les marchés par surprise cette semaine en annonçant des ventes nettement supérieures aux attentes pour les trois derniers mois de l‘année [ID:nLDE60J14D].

“Evidemment, la logique veut que les estimations pour les chiffres à venir soient revues à la hausse”, affirme un analyste qui a souhaité garder l‘anonymat, et pour qui “le niveau des attentes monte, mécaniquement”.

“Il y aura certainement des ajustements”, renchérit un autre analyste.

Aussi, LVMH (LVMH.PA), numéro un mondial du secteur, et Hermès (HRMS.PA) auront-ils plus de difficultés à surprendre lors de leur publication des 4 et 5 février.

Propriétaire de Gucci, PPR PRT.PA, qui entend céder son pôle de distribution grand public au profit d‘un recentrage sur des marques de mode, dans le luxe comme dans le grand public, publiera quant à lui ses résultats le 18 février.

Comparaisons favorables avec le 4e trimestre 2009, ventes de Noël qui semblent avoir bien tenu et estimations trop basses des analystes peuvent expliquer l’écart entre les attentes du marché et les chiffres publiés cette semaine.

RESTOCKAGES

Après leur effondrement d‘il y a un an et grâce au puissant moteur chinois, les ventes de fin d‘année, cruciales pour le secteur, se sont “apparemment plutôt tenues, sans être extravagantes”, a commenté un analyste.

Elles ont aussi bénéficié, pour les acteurs du “hard luxury” que sont les bijoutiers et les horlogers - les plus touchés par les déstokages des grossistes, de phénomènes de restockage induits par une extrême prudence dans les achats. “Noël a été plutôt correct en Europe et aux Etats-Unis, et la dynamique des émergents reste très forte”, relève un autre bureau d‘analyse.

Il ajoute, pour expliquer l’écart entre les anticipations et les chiffres effectivement publiés, que les analystes ‘sell side’ ont “peut-être été trop conservateurs et ont trop tardé à revoir leurs estimations”.

Cet écart peut aussi venir d‘une excessive prudence des groupes de luxe dans leur communication financière, qui ont préféré “faire une bonne surprise” au marché au sortir d‘une année particulièrement rude pour le secteur.

LVMH (LVMH.PA) et PPR (PRTP.PA) ont compté pami les plus fortes hausses du CAC en 2009 avec des progressions de plus de 64% et 80% respectivement, portés par des anticipations de reprise du marché du luxe.

Hermès (HRMS.PA), dont les multiples de valorisations restent près de deux fois supérieurs à la moyenne du secteur, a en revanche fini l‘année 2009 sur une hausse limitée à 3,7%.

De l‘avis du cabinet Bain & Co, le marché mondial devrait connaître une reprise encore timide en 2010 (+1% grâce au moteur chinois) avant de prendre plus de hauteur en 2011 (+4,2%).

Edité par Jean-Michel Bélot

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