23 décembre 2009 / 15:30 / il y a 8 ans

PERSPECTIVES 2010 Actions-Les profits devront prendre le relais

PARIS, 23 décembre (Reuters) - Les marchés actions devraient être bien orientés en 2010 mais les profits des entreprises devront prendre le relais du recul de l'aversion au risque pour alimenter leur progression, selon des stratégistes interrogés par Reuters.

L'écart de performance entre les marchés actions des pays matures et des pays émergents devrait se maintenir en 2010. Si la hausse moyenne attendue est de l'ordre de 10% dans les grands pays ou zones matures (Amérique du Nord, Europe et Japon), elle est du double dans les BRIC (Brésil, Russie, Chine et Inde, avec des perspectives un peu en retrait pour cette dernière).

Consensus de prévisions sur les indices boursiers des principales places émergentes et matures: EQUITYPOLL1

Consensus de prévisions sur le CAC 40: [ID:nLDE5BE18O]

SURPERFORMANCE DES EMERGENTS

Depuis le 1er janvier, l'indice MSCI World .MIWD00000PUS a progressé de 30%. Les marchés des pays matures ont rebondi avec une ampleur comparable, alors que les marchés émergents, tirés par le groupe des BRIC, se sont envolés (+70%).

Les évolutions sont encore plus marquées entre les plus bas touchés le 9 mars et les plus hauts du 15 octobre, que les marchés actions tutoient à nouveau en cette fin d'année.

Graphique sur la performance comparée des marchés matures et émergents depuis le point bas de 2009: here

PAUSE DEPUIS OCTOBRE Le redressement des marchés actions a marqué une nette pause à partir de la mi-octobre aussi bien dans les pays matures que dans les émergents, alors que l'activité économique et les résultats d'entreprises ont été globalement conformes, voire meilleurs qu'attendus, souligne CAAM dans son point de vue sur les marchés du 11 décembre.

"La première phase de hausse de mars à mi-octobre s'est déroulée grâce à une normalisation de l'aversion au risque et au rebond des ratios" (de capitalisation des bénéfices), rappellent les analystes de CAAM.

"Ces deux facteurs ayant été largement consommés, ce sont désormais les résultats qui devront prendre le relais sur fond de normalisation des stimuli monétaires et budgétaires et des niveaux des taux longs", préviennent-ils.

"Le marché semble donc devoir entrer dans une seconde phase de hausse, caractérisée par des rendements plus faibles et plus volatils, mais la tendance devrait demeurer globalement haussière", poursuivent-ils.

Pour les analystes de CAAM, "d'ici que les stratégies de sortie de crise commencent à se faire sentir, soit a minima pas avant mi-2010, les nouvelles positives sur les bénéfices devraient continuer à soutenir le marché".

Après un recul de 35% depuis fin 2007, le consensus des analystes table sur un rebond des bénéfices par action d'environ 25% en 2010 et 20% en 2011. Ainsi fin 2011, les bénéfices par action ne seraient plus que marginalement inférieurs à ceux de 2007, voire supérieurs aux Etats-Unis et dans les pays émergents, estime CAAM.

Graphique sur le recul de l'aversion au risque depuis le début 2009, mesuré par l'évolution de l'indice VIX .VIX: here

DISPARITES SECTORIELLES Le net rebond des marchés actions depuis mars s'est accompagné d'une surperformance des valeurs cycliques et financières au détriment des valeurs défensives, malgré une récession dont l'économie mondiale n'est sortie qu'au troisième trimestre.

"Confiants dans la reprise grâce à l'activisme monétaire et budgétaire des autorités et au caractère partiellement technique de la récession du fait de l'ampleur du déstockage, les gérants ont préféré jouer la reprise au travers des banques et des cycliques plutôt que de se protéger contre la récession en achetant des défensives, lesquelles se sont retrouvées injustement délaissées et sous-évaluées", estime François Chevallier, stratégiste de la banque Leonardo.

Graphique sur les performances sectorielles des valeurs européennes depuis mars 2009: here

Graphique sur les performances sectorielles des valeurs européennes depuis la mi-septembre 2009: here

2010, LA REVANCHE DES DEFENSIVES

Depuis la mi-septembre, les défensives ont en revanche surperformé les cycliques. Ce plafonnement des cycliques, industrielles et de consommation, coïncident avec la remontée constatée des profits.

"La rotation sectorielle semble s'apparenter à celle de 1993-1994, qui avait suivi la récession du début des années 90 et qui avait vu les défensives surperformer pendant la reprise", estime François Chevallier.

Pour lui, ce scénario a d'autant plus de chance de se reproduire que la résorption du surendettement des ménages pèsera durablement sur la croissance.

Voir aussi :

* Marché de taux, quelles stratégies de sortie? [ID:nLDE5BL0GF]

* Le POINT sur les perspectives 2010 des marchés [ID:nGEE5B91WU] (Marc Joanny, édité par Dominique Rodriguez)

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