Valeur ajoutée - Sarkozy veut des résultats avant le 15 juillet

mercredi 13 mai 2009 15h05
 

PARIS, 13 mai (Reuters) - Nicolas Sarkozy a demandé mercredi aux partenaires sociaux de lui remettre avant le 15 juillet les conclusions de leurs discussions sur le partage de la valeur ajoutée et des profits des entreprises.

Dans un communiqué, l'Elysée indique que le chef de l'Etat écrira dans les tout prochains jours aux organisations patronales et syndicales pour leur demander d'ouvrir des discussions sur ces questions, objet d'un rapport que lui a remis le directeur général de l'Insee, Jean-Philippe Cotis.

"Le Président de la République souhaite que les partenaires sociaux lui fassent part des conclusions de leurs discussions avant le 15 juillet", a ajouté la présidence.

"C'est maintenant aux partenaires sociaux de s'emparer de ce sujet, qui est un sujet majeur en période de crise", a dit pour sa part Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement.

Une première réunion de" délibération" est prévue le 27 mai dans le cadre de l'"agenda social" issu du sommet social réuni à la mi-février par Nicolas Sarkozy, a indiqué la présidente du Medef, Laurence Parisot. S'exprimant à sa sortie de l'Elysée, Jean-Philippe Cotis a estimé que ce rapport, qui lui avait été commandé après le sommet social, offrait "un panorama assez complet des évolutions à la fois de la valeur ajoutée, des revenus salariaux, du partage des profits" en entreprise.

"Je pense que ce rapport apportera une contribution utile au débat public", a-t-il ajouté.

Le rapport Cotis, à l'élaboration duquel les partenaires sociaux ont été associés, conclut à une part "plutôt stable" des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises depuis 20 ans même si cette stabilité s'accompagne d'un accroissement des inégalités salariales.

Il note que, dans la masse salariale, "l'intéressement et la participation occupent une place réduite mais croissante" et que l'évolution du salaire net a souffert d'une croissance économique faible et des prélèvements sociaux.

Les syndicats dans leur ensemble ont vu dans ce rapport un motif pour réclamer des discussions sur les salaires.

"Il faut une politique fortement incitative, avec le conditIonnement des aides publiques à la conclusion d'accords" salariaux, a dit Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT, dans une interview aux Echos.

Le Medef a indiqué de son côté que ses propositions seraient centrées sur l'épargne salariale, Marc Veyron, président du groupe de travail consacré à ce sujet au sein de l'organisation patronale, se prononçant dans Les Echos pour une simplification des dispositifs d'intéressement et de participation. (Yann Le Guernigou, édité par Gilles Trequesser)