13 mai 2009 / 16:47 / dans 8 ans

France-Seuls les très hauts revenus augmentent fortement/Insee

par Yann Le Guernigou

PARIS, 13 mai (Reuters) - La part de la rémunération du travail dans la valeur ajoutée des entreprises est restée stable depuis plusieurs années en France de même que l’écart entre les bas et les hauts revenus, à l‘exception notable des très hauts.

Ces conclusions, issues d‘un rapport dirigé par le directeur général de l‘Insee Jean-Philippe Cotis publié mercredi, doivent servir de base à des discussions entre partenaires sociaux sur le partage des profits et la gouvernance des entreprises souhaitées par Nicolas Sarkozy lors du sommet social de février.

Le chef de l‘Etat, qui a reçu l‘auteur du rapport, a indiqué qu‘il demanderait au patronat et aux syndicats de lui faire part des conclusions de leurs discussions avant le 15 juillet.

“Nous faisons le constat d‘un partage de la valeur ajoutée assez stable au cours des vingt dernières années, avec un tiers destiné aux profits et les deux tiers à la masse salariale”, a déclaré le directeur général de l‘Insee.

Mais dans le même temps, cette valeur ajoutée n‘a progressé en moyenne que de 2% par an, soit un rythme bien moindre que la période antérieure au premier choc pétrolier des années 1970, et a servi dans la période la plus récente, depuis le milieu des années 1990, à rémunérer des emplois additionnels.

Au bout du compte, le surplus de productivité distribuable aux salariés a été de 0,7 point de produit intérieur brut en moyenne depuis 1990, contre plus de deux points au cours de la décennie précédente, une situation que l‘Insee explique par la faiblesse de la croissance de l’économie française.

Si l‘on inclut la part consacrée aux prélèvements sociaux, le salaire net n‘a progressé que de 20% en France entre 1983 et 2007, soit moins de 1% de croissance annuelle en termes réels.

S‘agissant des écarts de salaires, le ratio entre les 10% les plus bas et les 10% les plus hauts est relativement stable, voire en légère baisse aux alentours de 3, depuis plusieurs années, alors qu‘il augmente certains pays de l‘OCDE (Organisation de coopération et développement économiques).

CONFLITS INÉVITABLES

Mais le taux de croissance annuel des salaires des 0,1% de Français les mieux payés a été de quatre à cinq fois supérieur à celui des 10% du bas de l’échelle, une situation que n‘ont pas manqué de souligner les syndicats.

“Dans un univers très contraint, avec des gains de productivité très faibles, les conflits sur les différences de répartition des revenus, c‘est quelque chose d‘un peu inévitable”, a concédé Jean-Philippe Cotis.

Le directeur général de l‘Insee s‘est toutefois abstenu de toute recommandation pour le suivi politique de ce rapport, qui établit encore que, en 2007, le partage du profit brut des entreprises (hors impôts et charge d‘intérêts) se répartissait entre capacité d‘autofinancement (57%), dividendes (36%) et épargne salariale (7%).

Les syndicats dans leur ensemble ont vu dans ce rapport un motif pour réclamer des discussions sur les salaires.

“Il faut une politique fortement incitative, avec le conditionnement des aides publiques à la conclusion d‘accords” salariaux, a dit Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT, dans une interview aux Echos.

La CFTC s‘est félicitée mercredi du rapport Cotis, regrettant toutefois qu‘il n‘ait pas mesuré l‘impact sur la création de richesse, des aides et exonérations dont bénéficient les entreprises.

La centrale chrétienne estime que l‘entrée d‘un tiers de représentants des salariés dans les conseils d‘administration et dans les comités de rémunération “serait certainement un élément dynamique pour une plus juste répartition des profits et de la valeur ajoutée”.

Le Medef a indiqué de son côté que ses propositions seraient centrées sur l’épargne salariale, Marc Veyron, président du groupe de travail consacré à ce sujet au sein de l‘organisation patronale, se prononçant dans Les Echos pour une simplification des dispositifs d‘intéressement et de participation.

Edité par Yves Clarisse

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