13 mai 2009 / 05:49 / il y a 8 ans

LEAD 5 Dexia signe un T1 meilleur qu'attendu, le titre progresse

* Bénéfice net de 201 mlns d'euros au T1

* L'impact de la crise évalué à 419 millions d'euros au T1

* Pas de besoin de capitaux supplémentaires, selon Mariani

* Aucune scission de la banque envisagée

(Actualisé avec interview de Mariani §14, clôture §4)

Par Matthieu Protard

PARIS, 13 mai (Reuters) - Dexia (DEXI.BR) a publié mercredi un bénéfice net supérieur aux attentes du marché pour le premier trimestre 2009, grâce à une maîtrise des coûts meilleure qu'attendu et à des revenus en hausse dans ses activités de financement public, soutenant l'action à la hausse.

Le leader mondial du financement des collectivités territoriales, sauvé de la faillite à l'automne dernier, a indiqué avoir réalisé un résultat net de 201 millions d'euros alors que les analystes attendaient 86 millions, selon le consensus établi par Inquiry Financial Intelligence.

Les analystes ont salué le retour aux bénéfices de la banque après la perte de 3,3 milliards d'euros enregistrée en 2008, tout en éprouvant des difficultés à analyser les résultats de Dexia en raison de la nouvelle présentation des comptes de la banque liée à la réorganisation de ses activités.

Le titre Dexia a clôturé mercredi en hausse de 1,78% à 4,29 euros dans un marché où toutes les valeurs bancaires européennes ont terminé dans le rouge, l'indice sectoriel DJ Stoxx .SX7P des banques européennes ayant accusé un repli de 6,56%.

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"On remarque un retour à la rentabilité. C'est encourageant", note Christophe Ricetti, analyste chez Natixis.

"La performance sous-jacente, meilleure qu'attendu, est de nature à apporter du soulagement sur le court terme", écrit Guillaume Tiberghein, analyste chez Crédit suisse, dans sa note de recherche.

Les revenus de Dexia sont meilleurs qu'attendu, à 1.703 millions d'euros au premier trimestre, contre une prévision moyenne de 1.444 millions d'euros.

Ils sont en hausse de 17% à 463 millions d'euros dans le financement public.

"Dans la banque publique et la banque de gros, nous sommes impressionnés par la résistance des revenus", relève l'analyste de Crédit suisse.

Les charges de Dexia se sont élevées à 807 millions d'euros sur le trimestre, alors que les analystes en attendaient un milliard d'euros, permettant au résultat brut d'exploitation de progresser de 44,9%.

NIVEAUX DE FONDS PROPRES SUFFISANTS, SELON MARIANI

Malgré la bonne surprise du premier trimestre, les analystes estiment que tous les problèmes de Dexia ne sont pas pour autant résolus, la banque indiquant avoir 14,4 milliards d'euros de pertes latentes à fin mars.

Le groupe franco-belge a par ailleurs chiffré à 419 millions d'euros l'impact de la crise sur son résultat net du premier trimestre, ce chiffre incluant 201 millions d'euros de dépréciations et de pertes sur son portefeuille d'investissements des activités d'assurance.

"Le financement à long terme de Dexia et l'avenir de la banque restent un sujet", souligne Christophe Ricetti chez Natixis.

Pierre Mariani, l'administrateur délégué de Dexia, a écarté toute scission des activités de banque de détail et de financement du secteur public.

"La scission de Dexia n'est pas la solution", déclare-t-il dans une interview aux Echos à paraître jeudi.

Comme l'ensemble du secteur bancaire, la banque a vu son coût du risque, qui mesure les provisions passées dans les comptes, augmenter sur le trimestre de 42% à 1,4 milliard d'euros.

Elle a par ailleurs fait état d'un ratio de solvabilité financière "Tier One" de 10,7% au 31 mars, contre 10,6% en décembre dernier. Le ratio "core Tier One" ressort à 9,8% à fin mars, en progression de 20 points de base sur les trois premiers mois de 2009.

"Le 'core Tier One' du groupe nous met, dans les conditions actuelles et en l'absence de chocs majeurs, à l'abri de tout besoin de capital additionnel", a déclaré Pierre Mariani, l'administrateur délégué de Dexia lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

"Le ratio Tier One est largement protégé contre des pertes additionnels depuis le 31 décembre 2008", a-t-il aussi indiqué, se refusant toutefois à donner des prévisions chiffrées pour l'exercice 2009.

FINALISATION DE LA VENTE DE FSA AVANT FIN JUIN

Touché par la crise financière, le groupe franco-belge a bénéficié fin septembre d'une injection de 6,4 milliards d'euros de la part de la Belgique, de la France, du Luxembourg et d'un certain nombre d'actionnaires-clés.

Les trois Etats, qui ont aidé la banque pour éviter un risque systémique, lui ont également apporté pour 150 milliards d'euros de garanties.

Depuis cet automne, une restructuration en profondeur des activités de Dexia a été engagée, avec notamment la cession de son rehausseur de crédit américain Financial Security Assurance (FSA) à Assured Guaranty (AGO.N).

La banque espère finaliser cette transaction d'ici la fin juin.

Dans le cadre de son plan de réorganisation, elle a aussi prévu d'économiser 600 millions d'euros, soit 15% de ses coûts, sur les trois prochaines années et a annoncé 900 suppressions de postes en 2009.

La Commission européenne a décidé le 13 mars d'ouvrir une enquête approfondie sur Dexia pour s'assurer que son plan de restructuration, qui bénéficie de fonds publics, garantira la viabilité du groupe à long terme.

Edité par Pascale Denis et Jean-Michel Bélot

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