12 décembre 2008 / 06:52 / il y a 9 ans

LEAD 5 Alcatel-Lucent, pessimiste pour 2009-10, ajuste ses coûts

(complété avec placement sous surveillance par S&P, cours de clôture)

* Marché des télécoms attendu en baisse de 8% à 12% en 2009, et “pas significativement meilleur” en 2010

* Recentrage sur 4 secteurs, nouvelles réductions de coûts

* Baisse de l‘action sur des prévisions de résultats décevantes

par Nathalie Meistermann

PARIS, 12 décembre (Reuters) - Alcatel-Lucent ALUA.PA a annoncé vendredi un plan de recentrage assorti de nouvelles réductions de coûts et d‘objectifs de rentabilité inférieurs au consensus, fondés sur une vision pessimiste du marché des télécoms en 2009 et 2010.

Le troisième équipementier télécoms mondial prévoit une contraction du marché de 8% à 12% l‘an prochain, quand Nokia Siemens Networks NKV1.HE anticipe une réduction de 5% seulement et Ericsson (ERICb.ST), un marché étale.

Le directeur général, Ben Verwaayen, a ajouté à la morosité ambiante en prédisant lors d‘une conférence de presse que le marché en 2010 ne serait pas “significativement meilleur” qu‘en 2009.

Dans ce contexte morose, l‘anticipation d‘une part de marché stable et d‘un résultat d‘exploitation ajusté tout juste à l’équilibre l‘an prochain a déçu les attentes des analystes, qui tablaient sur une marge opérationnelle aux alentours de 3%. Le directeur financier, Paul Tufano, a en outre prévenu qu‘il serait “très difficile” de dégager un free cash-flow en 2009.

Ces prévisions pèsent sur l‘action, réservée en baisse à l‘ouverture et qui a fini en repli de 11,71% à 1,6360 euro, contre un recul de seulement 2,3% pour l‘indice européen des télécoms .SXKP.

Depuis janvier, le titre accuse une chute de 68% (après -55% en 2007) alors que son indice de référence cède 37%.

UN AVERTISSEMENT DE FACTO POUR 2009

“Leur annonce est de l‘ordre du profit warning. Face au consensus qui tablait sur un marché stable en 2009 et 2010, ils anticipent une baisse de 8% à 12%. Le consensus va fortement baisser”, a observé Vincent Rech, analyste à la Société Générale.

Dans le même esprit, Oddo Securities met en avant “l‘avertissement sur les résultats 2009” tout en minimisant le recul du titre qui a gagné 23% ces quatre dernières séances. Natixis Securities relève, pour sa part, que 2009 sera “une autre année de restructurations”.

Les prévisions pour 2009 laissent en outre planer un doute sur le respect des objectifs fixés pour 2008 - une marge brute de 34% à 36% et une marge d‘exploitation de 2% à 5%. Ben Verwaayen s‘est refusé à les confirmer ou les infirmer.

Le groupe, déficitaire depuis sa création fin 2006 par la fusion du français Alcatel avec l‘américain Lucent, s‘est également refusé à s‘engager sur un échéancier de retour à l’équilibre au niveau du résultat net.

Alcatel-Lucent vise désormais pour 2010, une marge brute comprise entre 34% et 36% et une marge d‘exploitation comprise entre 4 et 6% - contre 0,6% en 2007 - puis pour 2011 des marges comprises, respectivement, entre 35% et 39% et 5% et 9%.

A cette fin, l’équipementier entend abaisser d‘un milliard d‘euros en 2009 et en 2010 son point mort et économiser 750 millions, à changes constants sur une base annualisée, d‘ici le quatrième trimestre 2009, dont les deux tiers sur les “dépenses de recherche et développement et de charges administratives et commerciales”.

L‘agence de notation Standard & Poor’s a placé sous surveillance avec implication négative la BB- du groupe, déjà classé en catégorie spéculative (junk).

RATIONALISATION DE LA R & D

Au plan stratégique, trois mois après son arrivée, Ben Verwaayen a promis de mettre en place une nouvelle organisation “plus agile” recentrée sur quatre domaines: internet, l‘optique, le haut débit et les facilitateurs d‘application.

L‘accent est mis sur la simplification des structures hiérarchiques, avec une réduction d‘un millier du nombre de cadres dirigeants, ainsi que sur la rationalisation du portefeuille de produits et la consolidation du nombre de centres de recherche.

Pour Pierre Ferragu, analyste chez Bernstein (à performance en ligne), “il s‘agit d‘un pas dans la bonne direction” mais “le redressement d‘Alcatel-Lucent sera long et douloureux”.

Plus sceptique, Vincent Rech de la Société Générale (à la vente) juge que “cela ressemble beaucoup à ce que l‘on a vu chez Alcatel depuis des années : réductions de coûts sans changement stratégique immédiatement perceptible”.

Alcatel-Lucent, le leader mondial des réseaux fixes, est pénalisé dans les infrastructures mobiles par la technologie déclinante du CDMA héritée de Lucent.

D‘après les données Markit, sur le marché des Credit Default Swap (CDS), la prime de risque d‘Alcatel Lucent mesurée par le CDS à cinq ans atteignait 1.271 points de base jeudi soir, signe d‘une anticipation de quasi-faillite. A titre de comparaison, l‘indice iTraxx Europe TMT pour les valeurs technologiques et des médias affiche 225 points de base.

Les nouvelles mesures annoncées s‘ajoutent à un premier plan de réduction de coûts de 1,7 milliard à fin 2009, porté dans un deuxième temps à 2,1 milliards et comprenant 12.500 suppressions d‘emplois.

Nathalie Meistermann, édité par Marc Angrand

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