S&P parie sur une amélioration du marché automobile en 2010

lundi 11 mai 2009 14h53
 

PARIS, 11 mai (Reuters) - L'année 2009 devrait rester très difficile pour le secteur automobile mondial mais une "embellie" devrait intervenir à partir de 2010, estiment les spécialistes de l'agence de notation Standard & Poor's.

"En prenant en compte notre scénario de base, les ventes mondiales de voitures neuves devraient s'inscrire en baisse de 14,9% sur un an en 2009 à 56,8 millions d'unités", a déclaré lundi Maria Bissinger, responsable européenne de la notation du secteur automobile, au cours d'une présentation destinée aux professionnels. "Si l'on se réfère à un scénario plus pessimiste, les ventes pourraient décliner de 20% à 53,4 millions", a-t-elle ajouté, précisant que ces deux hypothèses intégraient la mise en place des mécanismes de "prime à la casse" déployés dans plusieurs pays européens, dont la France, depuis le 1er janvier.

Carlos Ghosn, le patron de l'alliance Renault-Nissan (RENA.PA: Cotation)(7201.T: Cotation), avait indiqué la semaine dernière que les ventes mondiales de voitures s'établiraient probablement entre 54 et 55 millions d'unités cette année.

"Pour 2010, il est encore difficile de livrer des prévisions au niveau mondial mais à ce stade, et sur la base des indicateurs dont nous disposons, nous pensons que le marché européen pourrait reculer de 1,7% (contre une baisse de 7,8% en 2008, la plus forte contraction depuis 1993, ndlr). En Russie, où le marché à sévèrement corrigé l'an passé, nous pensons que 2010 pourrait marquer un retour avec une croissance forte de l'ordre de 10%", a souligné Maria Bissinger.

Selon elle, les groupes allemands Volkswagen (VOWG.DE: Cotation), Daimler (DAIGn.DE: Cotation) et BMW (BMWG.DE: Cotation) sont plus vulnérables, du fait de leur exposition aux Etats-Unis, que Renault, PSA (PEUP.PA: Cotation) et Fiat FIA.MI, absents de ce pays devenu, début 2009, le deuxième marché automobile de la planète derrière la Chine.

La baisse des ventes attendue cette année devrait néanmoins se traduire par une pression accrue sur les divisions de crédit de tous les constructeurs, ont souligné les experts de S&P.

"A moyen terme, les 'captives' vont devoir montrer qu'elles sont capables de rester rentables, de se refinancer et de maintenir des ratios de solvabilité satisfaisants dans des marchés plus difficiles", a souligné Bernard de Longevialle, responsable de la notation des banques à Paris.

"Les deux captives françaises, RCI (Renault Crédit International) Banque et Banque PSA Finance, abordent 2009 dans une situation relativement confortable compte tenu des niveaux de production automobile actuels et des dispositifs publics d'accès à la liquidité, a-t-il dit, mais à plus long terme, les défis redeviendront d'actualité."

Dans le cadre de son plan de soutien à la filière automobile, d'un montant total de près de huit milliards d'euros, l'Etat français a consenti début février à ouvrir, via la Société de financement de l'économie française (Sfef), des lignes de refinancement publiques de deux milliards d'euros à l'intention de Banque PSA Finance et de RCI Banque sur une durée comprise entre deux et cinq ans.

(Matthias Blamont, édité par Gilles Guillaume)