10 février 2009 / 10:42 / dans 9 ans

LEAD 2 EADS dément un surcoût de E5 milliards sur l'avion A400M

* EADS dément un surcoût de E5 mds sur le programme A400M

* Le Sénat presse les dirigeants européens d‘adopter une position commune

* L‘action EADS en baisse de plus de 3% à la Bourse de Paris

par Tim Hepher et Jean-Michel Bélot

PARIS, 10 février (Reuters) - EADS EAD.PA, la maison mère d‘Airbus, a démenti mardi une information du Figaro selon laquelle les surcoûts liés aux retards de l‘avion militaire européen A400M s’élèveraient à cinq milliards d‘euros.

Dans un rapport publié le même jour, la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat a estimé que l‘avion de transport de troupes constituait néanmoins “la meilleure solution pour l‘armée française” et plaidé pour une poursuite du programme afin de sauver l‘industrie européenne de défense. Le développement de l‘A400M a été retardé à plusieurs reprises par des problèmes liés à sa motorisation et, plus largement, au système de contrôle de la propulsion (Fadec). La première livraison a été repoussée d‘au moins trois ans et interviendrait au plus tôt en 2012.

Certains médias ont évoqué ces derniers mois la possibilité d‘un abandon du projet. Louis Gallois, président exécutif d‘EADS, a cependant écarté cette option en début d‘année.

Le Figaro écrit que le premier vol d‘essai de l‘A400M est prévu début 2010 avec une première livraison fin 2012, citant une note confidentielle reçue par l‘Occar, l‘organisation européenne créée en 1998 pour faciliter les programmes d‘armement.

Selon le quotidien, le dérapage de ce programme, estimé jusqu’à présent à quelque 20 milliards d‘euros, pourrait atteindre cinq milliards d‘euros pour les industriels concernés.

“EADS dément un surcoût de cinq milliards d‘euros dû aux retards car le groupe est en cours de négociation avec les clients et les industriels sur les calendriers et les pénalités”, a déclaré un porte-parole d‘EADS.

Il a réaffirmé que les premières livraisons devraient intervenir trois ans après le premier vol dont la date n‘est toutefois pas encore fixée.

Jacques Gautier, sénateur UMP des Hauts-de-Seine, est allé dans le sens d‘EADS mardi et a souligné au cours d‘une conférence de presse qu‘une évaluation des surcoûts était impossible.

“EADS est incapable de dire à combien les surcoûts s’élèveront car les négociations sur d’éventuelles pénalités de retard avec les pays clients doivent débuter dans quelques semaines”, a-t-il expliqué.

Jean Arthuis, président de la commission des finances (Union centriste), a en revanche pressé les pays européens d‘adopter une position commune:

“Nicolas Sarkozy et (la chancelière allemande) Angela Merkel vont devoir se mettre d‘accord, il y a des enjeux militaires, politiques et économiques dans ce dossier. A l‘heure où les pays européens s‘engagent dans des plans de relance, l‘abandon du programme aurait un impact en termes sociaux et économiques désastreux et nous ne sommes pas prêts à assumer une telle contradiction.”

PROVISIONS

Quelque 30.000 personnes travaillent sur l‘A400M dont 7.200 chez Airbus Military, la division en charge de son développement chez EADS.

Début février, Tom Enders, président d‘Airbus, avait affirmé que le premier vol pourrait intervenir au second semestre 2009.

La perspective de nouvelles difficultés dans le programme pèse sur le titre EADS. Vers 14h45, il recule de 3,93% à 13,81 euros.

Les délais de l‘A400M ont déjà nécessité 1,7 milliard d‘euros de provisions dans les comptes d‘EADS et les analystes redoutent d‘autres charges dans les mois à venir.

EADS a engagé des négociations avec plusieurs grands pays clients comme l‘Allemagne et la France dans l‘espoir de réduire les pénalités de retard.

Jusqu‘ici, la France s‘est déclarée disposée à discuter avec EADS mais l‘Allemagne s‘est montrée plus ferme. Le Royaume-Uni a de son côté estimé début janvier que les nouveaux retards de l‘A400M étaient inacceptables et prévenu qu‘il réfléchissait à la possibilité d‘acquérir des avions de transport auprès du constructeur américain Lockheed Martin (LMT.N).

Les problèmes de production de l‘A400M ont également accentué les tensions entre Tom Enders et Carlos Suarez, le responsable de la division Airbus Military, écrit mardi le Financial Times.

”Les relations entre les deux (hommes) sont au plus bas après un violent clash la semaine dernière, précise le FT, citant des sources proches du dossier.

L‘Etat espagnol détient une part de 5,5% dans le capital d‘EADS.

Avec la contribution de Matthias Blamont et de Nathalie Meistermann, édité par Jacques Poznanski

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