11 mars 2009 / 06:46 / il y a 8 ans

LEAD 4 JCDecaux-Décroissance en 2009, veut consolider le secteur

* Décroissance organique prévue en 2009, dont 10% au T1

* Suppression surprise du dividende, chute du titre

* Le groupe veut consolider le secteur

par Cyril Altmeyer et Julien Ponthus

PARIS, 11 mars (Reuters) - JCDecaux (JCDX.PA) a annoncé mercredi prévoir une décroissance organique en 2009 pour la première fois de son histoire et a supprimé le dividende à la grande surprise du marché qui attendait son maintien à 0,44 euro par action, entraînant une chute du cours en Bourse.

Le numéro deux mondial de la communication extérieure derrière Clear Channel Outdoor (CCO.N), qui a dit prévoir une décroissance d'environ 10% au premier trimestre, a précisé qu'il souhaitait conserver de la trésorerie pour saisir des opportunités d'acquisitions à la faveur de la crise.

L'action perdait 16,57% à 8,21 euros vers 15h05, après avoir perdu jusqu'à 22% à un plus bas de six ans à 7,77 euros.

"Le paiement du dividende est suspendu, une vraie mauvaise surprise qui souligne la pression sur le cash flow et un intérêt pour les opportunités d'acquisitions", commente Charles Bedouelle, analyste chez Exane BNP Paribas, ajoutant que le marché ne souhaite pas voir le groupe se lancer dans de nouvelles acquisitions.

Le groupe, dont la marge opérationnelle a baissé d'un point à 25,4% en 2008, n'a pas fait de prévision pour 2009, précisant seulement qu'il comptait économiser 24 millions d'euros par an en 2009 et en 2010.

Ses investissements passeraient de 304 millions d'euros en 2008 à environ 250 millions en 2009 et 200-230 millions en 2010 en raison d'une diminution des renouvellements de contrats.

PAS D'AMÉLIORATION DU MARCHÉ PUB AU S2

Jean-François Decaux, codirecteur général du groupe, a précisé qu'après un bon mois de janvier, février avait été "difficile", tout comme mars, et que personne ne pouvait prévoir une amélioration du marché publicitaire au second semestre.

Il a souligné que la division transport résistait mieux que le mobilier urbain et l'affichage en début d'année grâce à des contrats de long terme dans les aéroports.

Jean-François Decaux a souligné que le groupe familial, qui n'a pas de besoin de refinancement avant la mi-2012 et peut compter 673 millions d'euros de lignes de crédit confirmées, entend consolider le secteur où beaucoup d'acteurs sont trop endettées et insuffisamment rentables ou solides financièrement pour affronter une tempête telle qu'il n'en a "jamais vu".

"Il faut avoir une flexibilité financière maximum pour pouvoir tirer parti des opportunités", a-t-il déclaré, pour expliquer le non versement d'un dividende malgré un ratio dette/Ebita de 1,3 fois - mais qui devrait progresser en 2009 - contre 3 à 6 fois pour ses concurrents.

"Nous ne sommes pas obsédés par la consolidation", a-t-il cependant ajouté. "Nous allons essayer, intelligemment, de consolider le secteur".

Il s'est également montré mécontent de la "sous-performance" des sociétés allemandes - Wall et NSR - où il détient des participations respectives de 40% et 35%. "En tant que minoritaires nous allons commencer à montrer aux majoritaires notre impatience quant à leur mauvaise performance", a-t-il dit, prévoyant une accélération de la consolidation dans le pays, ainsi qu'en France et au Royaume-Uni.

"C'est une crise structurelle, on ne reviendra pas avant quelques années aux niveaux d'investissements publicitaires de 2007", a-t-il souligné, tout en notant que la crise offrait également des opportunités en termes de contrats.

"Tous les contrats passés dans des périodes euphoriques sont généralement moins profitables", a-t-il observé.

OPPORTUNITÉS DANS LES MARCHÉS ÉMERGENTS

Le groupe s'est également montré prêt à saisir des opportunités d'acquisitions dans les pays émergents, qui devraient représenter plus de 20% du chiffre d'affaires du groupe en 2009 contre 19% l'année dernière, marquée par une croissance organique de 22,2% contre 6,3% pour le groupe.

JCDecaux et NewsCorp NSWa.N avaient abandonné en octobre leurs discussions en vue du rapprochement de certains de leurs actifs dans le communication extérieure. Sans regret, puisque la détérioration des marchés publicitaires russe et ukrainien a entraîné une dépréciation d'actifs de 28 millions d'euros sur BigBoard, filiale de JCDecaux.

Les charges de dépréciation expliquent en grande partie la chute de 51,1% accusée par le bénéfice net part du groupe à 108,1 millions d'euros, tandis que la marge opérationnelle ressort à 549,9 millions d'euros, contre 192 millions et 533 millions attendus.

Dans le mobilier urbain, qui assure près de la moitié du chiffre d'affaires du groupe, JCDecaux affiche une marge opérationnelle de 37,3% en 2008 contre 39% en 2007.

La division transport a vu en revanche sa marge opérationnelle bondir à 13,1% contre 10,8%, à la faveur d'une forte croissance en Chine, en Amérique du Nord et dans certains pays scandinaves.

Dans l'affichage, la marge opérationnelle ressort à 14,8% contre 17,6% en 2007 à cause principalement par la baisse du chiffre d'affaires sur la période au Royaume-Uni et en Espagne.

Edité par Jacques Poznanski

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