June 10, 2009 / 12:22 PM / 8 years ago

SOMMET LUXE Lamborghini n'entrevoit pas de reprise avant 2011

6 MINUTES DE LECTURE

* Lamborghini s'attend à ce que 2009 et 2010 restent difficiles

* Ventes -30% sur les 5 premiers mois de l'année

* Pas de reprise en vue avant 2011, mais le constructeur compte rester bénéficiaire d'ici là

par Gilles Guillaume

PARIS, 10 juin (Reuters) - Le constructeur de voitures de sport de luxe Lamborghini s'attend à ce que 2009 et 2010 restent difficiles mais veut continuer à jouer la carte de la différenciation sur un marché à la croisée des chemins.

"Je n'observe encore aucun signe de reprise à l'heure où je parle", a déclaré Stephan Winkelmann, PDG de la filiale italienne de l'allemand Volkswagen (VOWG.DE), au cours d'un sommet sur le luxe organisé par Reuters à Paris.

Depuis le début de l'année, les ventes de Lamborghini ont chuté de 30% environ et la marque au taureau ne s'attend pas à retrouver avant 2011 les niveaux de 2007, année record pour l'ensemble du marché des voitures de luxe. Le groupe a réalisé son propre record en 2008 avec 2.430 modèles écoulés.

"Nous avons choisi une priorité. Nous voulons rester bénéficiaires pendant ces années difficiles", a poursuivi Stephan Winkelmann, estimant que le groupe était capable de demeurer rentable cette année même en cas de chute de 40% des ventes.

Lamborghini a déjà réagi à la crise au tout début 2009 en réduisant sa production et en mettant en oeuvre des mesures de chômage partiel pour le tiers des salariés de son usine au nord de Bologne. Pas question en revanche de tailler dans la recherche et le développement, dont le budget sera maintenu autour de 8% à 10% du chiffre d'affaires cette année encore.

"Si vous réduisez maintenant les investissements, vous prenez du retard et quand le marché redémarrera, vous risquez de vous retrouver avec un modèle technologiquement dépassé", a expliqué Stephan Winkelmann. "Si vous choisissez d'économiser sur les investissements futurs, vous pouvez payer deux fois l'addition: maintenant et lors de la reprise."

Preserver a Tout Prix L'adn De La Marque

Il a également exclu de changer de cap stratégique et reste attaché à l'image de "bad boy" que véhicule ses voitures aux lignes acérées et aux accélérations foudroyantes.

"Nous devons rester un rêve pour de rares élus", a déclaré Stephen Winkelmann. "Il est toujours possible d'avoir des modèles plus accessibles, qui se vendent en plus grand nombre, mais vous entrez alors sur un segment inférieur où les marges sont moindres, et vous commencez à diluer l'image de la marque (...) à changer son patrimoine génétique."

Lamborghini n'élargira donc pas sa gamme, contrairement par exemple à Aston Martin avec son AMV8, plus petite et plus abordable, et ce même si une partie de sa clientèle traditionnelle recrutée dans l'immobilier et la banque d'affaires a disparu avec la crise. La seule diversification qu'il s'autorise, c'est dans le cadre de partenariat,s comme avec Versace dans les accessoires en cuir, ou de contrats de services techniques.

L'autre défi pour le groupe est la réduction des émissions de CO2. Si les constructeurs de niche ont obtenu une dérogation par rapport aux objectifs 2012 fixés à l'échelle de l'Europe, Stephan Winkelmann compte diminuer de 35% les émissions de ses bolides d'ici six ans.

Mais il reconnaît qu'il y a des limites. "Les clients veulent avoir l'assurance que l'automobile qu'ils conduiront demain restera tolérée, mais ils veulent aussi la même voiture qu'aujourd'hui. A nous de trouver le juste équilibre."

Une Lamborghini affiche environ 500 chevaux et émet plus de 400 grammes de CO2 au kilomètre, le tout à un prix de départ de 170.000 euros.

Le groupe a été fondé en 1963 par le constructeur de tracteurs Ferruccio Lamborghini. Ce passionné de voitures a décidé de créer sa propre entreprise automobile après qu'Enzo Ferrari eut refusé de prendre en compte les remarques qu'il lui avait faites sur ses modèles. Lamborghini appartient depuis 1998 à Audi (groupe Volkswagen).

Stephan Winkelmann joue aussi la carte de la diversification géographique. En huitième position, le marché français se maintient plutôt bien avec 80 Lamborghini vendues l'an dernier dans l'Hexagone, mais les perspectives de croissance sont ailleurs.

Selon lui, la Chine devrait ainsi remplacer d'ici trois à cinq ans l'Italie comme deuxième marché du groupe derrière les États-Unis, malgré des obstacles en termes d'infrastructures ... ou de mentalités puisqu'une Lamborghini n'est pas vraiment la voiture avec chauffeur que les Chinois associent toujours à une certaine idée du luxe.

(Edité par Marc Angrand)

* Pour lire d'autres interviews et dépêches sur le sommet "Luxury & Retail" organisé par Reuters, cliquez sur [ID:nLUXEFR]

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below