9 juin 2009 / 14:39 / il y a 8 ans

SOMMET LUXE-Pour Parmigiani, le marasme horloger risque de durer

* Ventes en baisse de 20% depuis janvier

* Le bout du tunnel attendu cet automne

* Pas de retour aux niveaux de 2008 avant deux ou trois ans

par Pascale Denis et Katie Reid

PARIS, 9 juin (Reuters) - L'horloger suisse très haut de gamme Parmigiani Fleurier s'attend à une année difficile et estime que l'industrie ne reverra pas ses sommets de 2008 avant deux ou trois ans.

"Notre chiffre d'affaires recule de 20% à taux constants depuis le début de l'année et je pense que le plus dur reste à venir", a déclaré Jean-Marc Jacot, directeur général de la manufacture, à l'occasion du sommet du luxe organisé par Reuters.

L'industrie horlogère, dont les ventes pourraient baisser jusqu'à 20% en 2009 selon certains analystes, devrait cependant voir le bout du tunnel en septembre ou octobre, avec la fin des déstockages et les fêtes de fin d'année, a-t-il ajouté.

Les ventes du dernier trimestre, cruciales pour le secteur, représentent en moyenne 60% des ventes annuelles.

Jean-Marc Jacot estime cependant qu'il faudra attendre deux ou trois ans pour que le secteur retrouve ses sommets de 2008.

Comme tous ses concurrents, Parmigiani souffre des problèmes rencontrés par ses distributeurs, à court de trésorerie ou étranglés par des loyers exhorbitants hérités des années fastes.

"Ils ne peuvent plus payer, plus investir, et ne trouvent plus de crédits auprès des banques", a-t-il dit.

Positionnée sur le marché de l'ultra haut de gamme, avec un prix de vente moyen d'environ 50.000 francs suisses (soit 33.000 euros), Parmigiani compte parmi ses clients le sultan d'Oman, le couturier italien Giorgio Armani ou l'ancien dirigeant de Ferrari, Jean Todt.

Ses montres, qui nécessitent deux ans de fabrication et dont les boitiers renferment des technologies extrêmement sophistiquées, sont surtout destinées à une clientèle masculine (80% des ventes).

A l'image de nombreux acteurs du luxe, ce ne sont pas ses produits les plus chers qui sont les plus touchés.

"Les ventes des pièces de 10.000 à 40.000 euros souffrent le plus", a précisé Jean-Marc Jacot, qui a dit se fixer pour objectif de parvenir à l'équilibre au niveau du résultat net cette année.

POIGNEE DE MANUFACTURES

Parmigiani compte parmi la poignée de manufactures, avec le suisse Patek Philippe ou l'allemand Lange & Soehne (groupe Richemont CFR.VX), qui produisent l'intégralité de leurs mécanismes sans recours à la sous-traitance auprès de grands groupes, notamment Swatch UHR.VX.

La société, pour qui raffinement rime aussi avec discrétion, ne compte aujourd'hui qu'un seul magasin, à Dubaï. Elle entend cependant en ouvrir deux cette année, à Moscou et Istambul.

L'essentiel de ses ventes - en moyenne 5.000 montres par an - passe ainsi par des détaillants triés sur le volet ou des intermédiaires susceptibles de se déplacer, notamment pour des commandes spéciales qui représentent environ 50% de son chiffre d'affaires.

Basée à Neufchâtel (Suisse), la société a été créée en 1976 par Michel Parmigiani, qui se consacrait alors exclusivement à la restauration de montres pour des musées et des collectionneurs.

L'activité de fabrication proprement dite est lancée en 1996, lorsque la famille Sandoz, héritière du groupe pharmaceutique du même nom fusionné avec Ciba-Geigy pour donner naissance à Novartis NOVN.VX (dans lequel la fondation familiale détient 2,9% du capital) acquiert une participation majoritaire.

La société emploie 600 personnes aujourd'hui et entend poursuivre ses investissements - deux nouvelles fabriques sont prévues cette année, pour un investissement d'environ 15 à 20 millions de francs suisses. Le budget publicitaire restera quant à lui quasiment inexistant.

"Notre marque est très discrète et entend le rester. C'est ce que nous réclament nos clients", a dit Jean-Marc Jacot.

Parmigiani reste contrôlée à 90% par la famille Sandoz, le solde étant détenu par son managment et des investisseurs extérieurs.

Elle compte aussi une activité dédiée à la fabrication de composants destinés à d'autres horlogers, au sein d'une entité séparée, Vaucher Manufacture, dans laquelle Hermès (HRMS.PA) a pris une participation de 25% pour 25 millions de francs suisses il y a trois ans.

Cette entité, qui réalise 40% du chiffre d'affaires, fabrique des mouvements pour le groupe de luxe de la rue Saint-Honoré, l'italien Bulgari BULG.MI ou le suisse Corum, mais aussi des boitiers pour certains joailliers comme Cartier (groupe Richemont CFR.VX).

* Pour lire d'autres interviews et dépêches sur le sommet "Luxury & Retail" organisé par Reuters, cliquez sur [ID:nLUXEFR]

Edité par Marc Joanny

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