LEAD 2 Thales - REX en baisse de 6% au S1, objectifs confirmés

mardi 29 juillet 2008 20h51
 

 (Actualisé avec nouvelles déclarations, cours de Bourse et
détails)
 
 par Matthias Blamont et Tim Hepher
 PARIS, 29 juillet (Reuters) - Thales (TCFP.PA: Cotation) a confirmé
mardi ses objectifs 2008 en dépit de résultats semestriels en
baisse et a répété ne disposer d'aucune information allant dans
le sens d'une cession de la part de 20,8% détenue par
Alcatel-Lucent ALUA.PA dans son capital.
 L'annonce du départ d'ici à la fin de l'année de Serge
Tchuruk, président de l'équipementier franco-américain de
télécommunications, et de sa directrice générale, Patricia
Russo, a ravivé les spéculations sur le sujet alors que
l'entreprise accumule les difficultés depuis fin 2006.
 "Je n'ai pas d'indication qu'ils (Alcatel) souhaitent
vendre. Ce n'est pas la question aujourd'hui", a déclaré Denis
Ranque, P-DG de Thales, au cours d'une conférence téléphonique,
confirmant des propos tenus lors d'une interview accordée en mai
à Reuters [ID:nL22474135].
 Le dirigeant a indiqué que Thales entendait boucler
l'acquisition du site d'Airbus à Laupheim (Allemagne) très
prochainement. "Le dossier devrait faire l'objet d'une annonce
dans les prochains jours", a-t-il dit.
 Airbus, la principale filiale du groupe européen
d'aéronautique et de défense EADS EAD.PA, a sélectionné fin
mai Thales et l'allemand Diehl comme "partenaire préférentiel"
au détriment du français Zodiac (ZODC.PA: Cotation) pour le rachat de
cette usine de 1.100 salariés spécialisée dans les aménagements
de cabine.
 L'opération permettra à Diehl et Thales de devenir des
partenaires de rang 1 (Tier One) pour la cabine du futur A350
XWB d'Airbus. "Le prix négocié pour la reprise du site est
'attractif'", a déclaré mardi Patrice Durand, directeur
financier.
 
 "OPTIMISTES"
 Thales a publié un résultat d'exploitation en repli de 6% et
un résultat net divisé par près de moitié au titre des six
premiers mois de 2008.
 Le résultat opérationnel du groupe s'est établi à 375
millions d'euros, à comparer à 398 millions d'euros un an plus
tôt. Le résultat net ajusté est tombé à 289 millions d'euros,
contre 559 millions atteint l'an dernier grâce à des éléments
exceptionnels, pour un chiffre d'affaires en hausse de 2% à 5,66
milliards.
 Thales a indiqué que la robustesse de ses marges dans la
défense le protégeait de l'appréciation de l'euro face au
dollar, négative pour son activité dans l'aéronautique civile
(tableau détaillé des résultats [ID:nPAT009201]).
 Dans un communiqué, le groupe réitère viser une croissance
organique de son chiffre d'affaires de 6% cette année ainsi
qu'une marge opérationnelle de 7,25%, à comparer à 7% en 2007.
 "Thales se maintient bien et nous sommes optimistes pour
2008 malgré un environnement complexe", a déclaré Patrice
Durand.
 Le dirigeant a mis en avant les difficultés induites par la
parité euro-dollar et des problèmes rencontrés sur des contrats
de transport public aux Pays-Bas et au Danemark, lesquels ont
détérioré la rentabilité de la division sécurité et conduit la
société à inscrire une charge exceptionnelle de 45 millions
d'euros.
 "Les résultats de la division sécurité (51 millions d'euros
au premier semestre, contre 104 millions un an plus tôt, ndlr)
vont s'améliorer au deuxième semestre", a promis Patrice Durand,
ajoutant que, "de manière générale, nous attendons une
croissance à deux chiffres de notre carnet de commandes cette
année."
 L'entreprise a également reconnu rencontrer des obstacles
sur un logiciel dédié à l'avion de transport militaire A400M
construit par EADS et avoir dû, en conséquence, passer une autre
charge, de 20 millions d'euros, dans ses comptes semestriels.
 "Nous allons tenir nos délais mais les coûts seront plus
importants", a expliqué le directeur financier.
 Le programme A400M enregistre actuellement six à douze mois
de retard. EADS a expliqué à plusieurs reprises avoir rencontré
des problèmes avec la motorisation de l'appareil et sa gestion
informatisée.
 Le titre Thales a clôturé sur une note stable à 37,64 euros
mardi à la Bourse de Paris. /MB
 
 (édité par Yann Le Guernigou)