12 mars 2009 / 10:50 / il y a 8 ans

CAC 40-Résultats 2009 attendus en repli, dividendes en question

* Les professionnels anticipent une nouvelle baisse des résultats des sociétés du CAC 40 en 2009

* Tous les dividendes ne pourront être maintenus cette année

* Les stratégies d'investissement se compliquent

PARIS, 12 mars (Reuters) - Les résultats des sociétés du CAC 40 devraient accuser une nouvelle baisse en 2009, après s'être repliés en moyenne de 37% l'an dernier, une situation qui complique encore des stratégies d'investissement déjà pénalisées par la crise.

(Pour lire le tableau récapitulatif des résultats 2008, cliquer sur [ID:nLC392718])

Les professionnels interrogés estiment aussi que dans ce contexte, une révision des consensus est inéluctable et que les entreprises ne pourront maintenir cette année leurs dividendes en l'état.

"On va avoir une baisse des résultats du CAC 40 en 2009. D'après le consensus, on serait environ sur un recul de 16-17% du BPA synthétique par rapport à 2008, moi je pense qu'on va pratiquement être au double", estime Jean-François Virolle, directeur général de la société de bourse Global Equities.

"Nous sommes plutôt sur une baisse de 30% par rapport à 2008. Cela traduit une aggravation, avec très très peu de visibilité sur 2010", ajoute-t-il.

"Sur les actions, le cycle des bénéfices est à mi-chemin par rapport au pic des profits de 2007", a précisé de son côté Patrick de Fraguier, responsable de la stratégie de Crédit agricole Asset Management.

"Après l'éclatement de la bulle internet en 2000, ou lors de la récession du début des années 90, la chute des profits par rapport au pic avait été de l'ordre de 40%, le point bas n'étant touché qu'après un délai de deux ans et demi.

Le CAC 40 .FCHI est retombé jeudi dernier sous la barre des 2.600 points et a retrouvé ses plus bas de six ans. Depuis le début de l'année, l'indice des principales valeurs de la Bourse de Paris a perdu environ 17%, après avoir chuté de près de 43% sur l'ensemble de 2008.

Sur l'ensemble de 2008, l'indice MSCI global des marchés actions .MIWD00000PUS a chuté quant à lui de 43,5%.

Henderson Global Investors s'attend à ce que le mouvement de vente continue après les nouveaux plus bas du cycle touchés la semaine passée par les marchés actions mondiaux.

L'un des indicateurs d'Henderson laisse augurer une nouvelle chute moyenne de 35% des résultats d'entreprises dans le monde en 2009 par rapport aux niveaux actuels. Avec cette baisse, les valorisations traduiraient des PER de 15, un ratio jugé élevé dans l'environnement actuel.

LE DIVIDENDE, UN RETOUR DE PLUS EN PLUS INCERTAIN

L'aversion au risque profitera à certains secteurs défensifs, comme la distribution, mais les stratégies classiques deviennent plus hasardeuses. Les technologies et la construction pourraient cette année donner des signes de stabilisation, tandis que dans les secteurs énergétiques et financiers, l'incertitude est à son comble.

Pour les valeurs de l'énergie, les gérants anticipent de nets reculs car l'année 2009 a commencer avec un prix du baril inférieur de moitié à son niveau de l'été dernier, tandis que pour la banque et l'assurance, la solvabilité reste une source d'inquiétude majeure.

La recherche effrénée de sécurité profite d'ores et déjà aux emprunts d'État, dont les taux sont tombés à des plus bas historiques. Certaines sociétés de gestion préconisent aux investisseurs qui voudraient prendre quelques risques de se positionner sur les obligations d'entreprises, à condition qu'elles soient très bien notées.

Sur la question des dividendes, sujet devenu très politique depuis les plans de sauvetage publics du secteur bancaire - Nicolas Sarkozy a demandé aux groupes bancaires de "modérer" en 2009 leur distribution de dividende - les professionnels écartent l'idée qu'ils puissent être tous maintenus cette année.

"L'argument de la rentabilité des actions par rapport aux obligations ne peut plus tenir", souligne Jean-François Virolle. "Globalement, le niveau des dividendes du CAC va baisser fortement cette année. Pour des raisons politiques et puis pour des raisons financières, des entreprises vont couper le dividende, ou le payer en actions."

Romain Boscher, responsable de la gestion actions de Groupama AM, juge lui aussi dans une lettre d'analyse que le consensus des analystes pour 2009 est encore "beaucoup trop optimiste".

"Si, dans les grandes masses, les marchés ont plus ou moins intégré la forte baisse des bénéfices que nous attendons (-60% en deux ans), nous craignons que la concrétisation de mauvaises nouvelles tant microéconomiques - alerte sur les profits, charges exceptionnelles - que macroéconomiques n'entraîne de nouveaux chocs sur les marchés."

Gilles Guillaume, édité par Jacques Poznanski

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