April 9, 2009 / 11:50 AM / 8 years ago

LEAD 2 GDF Suez affiche ses ambitions dans le nucléaire

7 MINUTES DE LECTURE

* Vise 3 ou 4 réacteurs de nouvelle génération d'ici à 2020

* Un ou deux EPR au Royaume-Uni

* Possible développement dans le nucléaire US

* Nombreux contacts préliminaires pour d'autres réacteurs

par Benjamin Mallet

THURY-SOUS-CLERMONT (Oise), 9 avril (Reuters) - GDF Suez GSZ.PA a annoncé jeudi qu'il visait trois ou quatre réacteurs nucléaires de nouvelle génération d'ici à 2020 dont un ou deux EPR (Evolutionary Power Reactor) au Royaume-Uni.

L'énergéticien a en outre déclaré lors d'un séminaire destiné à la presse qu'il n'excluait pas de se développer dans le nucléaire aux Etats-Unis et a fait état de nombreux contacts préliminaires pour exploiter des réacteurs dans d'autres pays.

Au Royaume-Uni, il vise des EPR dans le cadre de son partenariat avec l'espagnol Iberdrola (IBE.MC) et l'écossais Scottish & Southern Energy (SSE) (SSE.L), qui participe actuellement au processus de vente des terrains nucléaires détenus par la Nuclear Decommissioning Authority.

Prié de dire quels sont les objectifs de GDF Suez en matière de réacteurs nucléairs de nouvelle génération d'ici à 2020, le directeur des activités nucléaires du groupe, Paul Rorive, a déclaré : "Si on fait un calcul brutal lié au développement du groupe, on arriverait à un chiffre qui serait situé entre trois et quatre."

GDF Suez dispose aujourd'hui de 4.060 mégawatts (MW) de capacités nucléaires en Belgique, 700 MW en Allemagne et détient une participation dans deux réacteurs en France qui représente 1.170 MW.

Il souhaite notamment faire passer son parc de production électrique de 68,4 gigawatts (GW) à fin 2008 à environ 100 GW en 2013 - dont plus de 10 GW en France contre 6,5 GW de capacité installée fin 2008 - et conserver sur le long terme une part d'environ 20% de production d'électricité d'origine nucléaire dans le groupe (contre 17% à fin 2008).

De son côté, EDF est déterminé à défendre son statut de premier exploitant nucléaire mondial - avec environ 66 gigawatts (GW) installés et 58 réacteurs en France. Il compte investir d'ici 2020 dans plus de dix centrales EPR qu'il exploitera, dont quatre au Royaume-Uni.

Contacts Avec Les Etats-Unis, Le Bresil, L'italie...

Les allemands RWE (RWEG.DE) et E.ON EONG.DE se sont pour leur part alliés pour tenter également une percée sur le marché britannique.

GDF Suez est en outre en contacts préliminaires pour d'éventuels projets nucléaires avec des autorités ou des exploitants dans d'autres pays, dont la Hongrie, l'Italie, la Pologne, la Slovaquie, le Thaïlande, le Brésil, le Chili ou encore les Etats-Unis.

"Je vois peu de possibilités aux Etats-Unis pour un renouveau du nucléaire par un seul acteur. Cela va être des consortiums de plusieurs acteurs. Dans des consortiums de ce genre là, il est tout à fait possible d'avoir une place", a souligné Dirk Beeuwsaert, directeur général adjoint en charge de la branche Energie Europe et International.

En France, GDF Suez participera à la construction d'un deuxième EPR à Penly (Seine-Maritime) auprès d'EDF. La construction devrait commencer en 2012 pour un raccordement au réseau en 2017.

"Notre demande est d'être partenaire industriel. Cela veut dire participer à l'ensemble du projet, pas comme un actionnaire passif, (...) mais être présent dans la conception, la construction et ensuite l'exploitation", a déclaré jeudi Paul Rorive.

Evoquant l'éventuelle entrée d'E.ON (EONGn.DE) au capital de Penly, il a en outre a déclaré que GDF Suez n'avait "pas d'objection de principe" mais qu'il faudrait clarifier le rôle des différents acteurs participant au projet. L'Elysée, en annonçant en janvier le partenariat entre EDF et GDF Suez, a laissé entendre que ce dernier pourrait en outre participer à un troisième réacteur de nouvelle génération en France.

Decision Aux Emirats Fin 2009

En partenariat avec Total (TOTF.PA) et Areva CEPFi.PA, GDF Suez a par ailleurs proposé la construction et l'exploitation de deux EPR à Abou Dhabi.

"Comme toujours au Moyen Orient, la compétition est rude. Les autorités ont élargi le champ de l'appel d'offres au niveau mondial, l'objectif étant de construire au final une puissance de 4.000 à 5.500 MW/h à l'horizon 2017-2020", a souligné Paul Rorive, précisant qu'une décision était attendue fin 2009.

Interrogé sur un éventuel intérêt de GDF Suez pour des actifs que pourrait céder Areva CEPFi.PA - qui cherche à financer ses investissements -, Paul Rorive a déclaré : "Notre métier de base, c'est de produire et de vendre de l'électricité. Ce qui consolide ce métier est susceptible de nous intéresser. A contrario, nous ne sommes pas constructeurs d'équipements."

"Racheter une usine d'Areva, des générateurs de vapeur ou des cubes de réacteurs ne nous intéresse pas."

GDF Suez, qui a déjà pris une participation de 5% dans sa future usine d'enrichissement Georges Besse II d'Areva, n'exclut pas en revanche d'augmenter sa participation dans ce projet, a déclaré Paul Rorive. "Si un jour Areva nous demande si on veut prendre plus, on examinera la question."

Edité par Benoît Van Overstraeten

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below