BlackBerry renonce à la conception de ses téléphones

mercredi 28 septembre 2016 15h12
 

TORONTO, 28 septembre (Reuters) - BlackBerry a annoncé mercredi qu'il allait cesser de concevoir et de développer lui-même les smartphones qui ont fait sa renommée de pionnier du secteur, le groupe canadien misant désormais sur les logiciels et les services à destination d'une clientèle professionnelle et institutionnelle.

Dans le cadre de cette nouvelle stratégie lancée par le directeur général John Chen, BlackBerry va désormais externaliser l'intégralité du développement de ses appareils. Il confie déjà à des prestataires la fabrication de ses combinés et a renoncé à équiper ses deux plus récents appareils avec son propre système d'exploitation, auquel il a préféré Android.

"C'est probablement une décision parfaitement sage et qui aurait certainement dû être prise depuis longtemps", a réagi John Jackson, analyste du secteur technologique chez IDC. "Les revenus tirés des logiciels et le profil de marge qui leur est associé auraient dû être au coeur des attentions et cela peut désormais être le cas."

L'action BlackBerry cotée à New York gagnait près de 3% dans les échanges avant l'ouverture.

Le chiffre d'affaires de la division logiciels et services, dont la marge est plus élevée, a atteint 156 millions de dollars (139 millions d'euros) au trimestre clos le 31 août, contre 105 millions de dollars pour la division appareils.

Les ventes totales ont été de 334 millions de dollars, contre 490 millions de dollars un an plus tôt, alors que les analystes attendaient 393,75 millions de dollars.

BlackBerry a affiché une perte nette de 372 millions de dollars, soit 71 cents par action, contre un bénéfice de 51 millions de dollars, soit 24 cents par action, un an plus tôt.

En excluant des charges de 147 millions de dollars liées à sa restructuration, le groupe canadien a dit être à l'équilibre. Sur cette base, les analystes interrogés par Reuters attendaient une perte de 5 cents par action, selon Thomson Reuters I/B/E/S.

BlackBerry a relevé sa prévision de résultat annuel dans une fourchette comprise entre une perte de 5 cents par action et un bénéfice nul, hors exceptionnels, alors qu'il tablait auparavant sur une perte de 15 cents par action. (Alastair Sharp et Allison Martell; Bertrand Boucey pour le service français)