Perte historique pour le groupe minier brésilien Vale

jeudi 25 février 2016 20h58
 

RIO DE JANEIRO, 25 février (Reuters) - Le groupe minier brésilien Vale a annoncé jeudi son intention de céder une large palette d'actifs après avoir accusé sa plus lourde perte trimestrielle depuis au moins 20 ans, conséquence de l'effondrement des prix des matières premières et en particulier du minerai de fer, sa principale activité.

La perte a atteint 8,57 milliards de dollars (7,77 milliards d'euros) au quatrième trimestre, du jamais vu depuis que l'entreprise est en Bourse, sous le coup de la baisse des cours des métaux et de dépréciations massives. Les analystes interrogés par Reuters prévoyaient en moyenne une perte limitée à 56 millions de dollars.

Vale, en perte sur cinq des six derniers trimestres, avait jusqu'ici annoncé son intention de vendre des actifs non stratégiques comme des usines d'engrais ou des navires, pariant sur un redressement du marché à temps pour 2018, quand sa nouvelle mine S11D en Amazonie aura atteint sa pleine capacité.

La déprime des cours du minerai de fer, que bon nombre d'analystes voient stagner autour de 45 dollars la tonne pendant plusieurs années, a amené le groupe à réagir et à annoncer son intention de vendre pour 10 milliards de dollars d'actifs en 18 mois, un objectif jugé peu réaliste par les analystes.

Lors d'une conférence téléphonique, le directeur général Murilo Ferreira a affirmé qu'il n'y aurait "aucune restriction" sur le périmètre de ce qui pourrait être vendu pour réduire l'endettement du groupe, actuellement autour de 15 milliards de dollars. Il n'a pas été plus précis sur les actifs qui pourraient être cédés ni indiqué si des négociations étaient déjà engagées avec des repreneurs éventuels.

"Je peux comprendre la stratégie de Vale car si le minerai de fer tombe à 35 dollars la tonne, il y a en effet un problème", commente Andreas Bokkenheuser, analyste chez UBS. "Mais il se posera alors la question de la valorisation que Vale pourra obtenir sur ses cessions d'actifs", ajoute-t-il en jugeant important que le groupe ne brade pas ses installations d'avenir. (Stephen Eisenhammer, Véronique Tison pour le service français)