Eramet juge que les difficultés de la SLN pourraient le menacer

jeudi 18 février 2016 13h09
 

PARIS, 18 février (Reuters) - Eramet pourrait à terme être mis en danger par les difficultés de la Société Le Nickel (SLN), a estimé jeudi le PDG du groupe minier et métallurgique, justifiant les nouvelles mesures annoncées pour sa filiale calédonienne.

Plombé par la chute des cours du nickel et du manganèse, dus au ralentissement chinois et à une offre excédentaire, Eramet a annoncé mercredi un renforcement du plan d'économies de la SLN, dont la perte opérationnelle courante a atteint 260 millions d'euros en 2015.

Le groupe souhaite réduire le "cash cost" de la SLN de 5,8 dollars la livre en 2015 à 4,5 dollars à fin 2017, notamment en spécialisant la société dans la production de ferronickel.

"On ne peut pas continuer à perdre 20 millions d'euros par mois à la SLN, sinon c'est même le groupe Eramet qui sera mis en danger, à échéance pas immédiate (...) mais on ne sait pas combien de temps va durer la crise", a déclaré son PDG Patrick Buffet lors d'une conférence de présentation des résultats 2015.

Eramet a accordé mercredi une rallonge de trésorerie de 30 millions d'euros à la SLN après 120 millions en décembre, a également indiqué Patrick Buffet. "Ça tiendra jusqu'au conseil d'administration d'avril", a-t-il précisé, ajoutant qu'Eramet aurait alors à nouveau à se prononcer sur le sujet.

Le groupe souhaite en particulier que les trois provinces calédoniennes, qui détiennent une participation de 34% dans la SLN à travers la Société Territoriale Calédonienne de Participation Industrielle (STCPI), assurent leur part de financement.

Patrick Buffet a également estimé que les investissements d'Eramet, en perte de 714 millions d'euros au titre de 2015, ne devraient pas dépasser 250 millions d'euros en 2016 (contre 267 millions l'an passé).

A 12h55, l'action Eramet perd 6,44% à 17,01 euros, accusant une baisse de 42% depuis le début de l'année après -61% en 2015, pour une capitalisation de 452 millions.

Société générale indique dans une note que la perte de la division Nickel est ressortie supérieure à ses attentes et estime que les 980 millions d'euros de crédit syndiqué tirés par le groupe début janvier ne sont pas une bonne nouvelle. (Benjamin Mallet et Gus Trompiz, avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Dominique Rodriguez)