February 4, 2016 / 9:19 AM / a year ago

LEAD 2-AstraZeneca voit une baisse du bénéfice 2016 sous l'effet Crestor

5 MINUTES DE LECTURE

* Des profits qui seront mis à mal en 2016 et 2017

* Le DG évoque une "période de transition"

* Le titre perd 4,3% (Actualisé avec commentaire du DG sur la croissance externe)

par Ben Hirschler

LONDRES, 4 février (Reuters) - AstraZeneca a annoncé jeudi qu'il subirait cette année une baisse du chiffre d'affaires et de ses bénéfices en raison de l'arrivée de génériques de son traitement du cholestérol Crestor, ce qui annulera les effets de la croissance des ventes de nouveaux médicaments.

La laboratoire anglo-suédois, qui avait repoussé en 2014 une tentative d'OPA de Pfizer, risque de voir ses profits mis à mal cette année et la suivante et espère ensuite un redressement de ces derniers à la faveur de nouveaux médicaments expérimentaux jugés prometteurs.

Pour l'année en cours, il faut s'attendre à un recul en pourcentage du chiffre d'affaires et du résultat par action hors exceptionnels dans la partie basse d'une marge à un chiffre, à taux de change constant, a précisé le groupe pharmaceutique.

Il faut aussi compter avec un effet de change négatif de l'ordre de 3%, a-t-il ajouté.

Vers 14h20 GMT, l'action perdait 6,38% en Bourse de Londres, accusant la deuxième plus forte baisse de l'indice Stoxx 600.

Le directeur général Pascal Soriot a dit qu'AstraZeneca traversait une "période de transition" car le Crestor tombera dans le domaine public aux Etats-Unis en mai 2016.

Mais, a-t-il observé, "nous sommes persuadés qu'une solide exécution de la stratégie, combinée aux avantages d'investissements ciblés et à de nouveaux lancements, doit nous permettre de retrouver une croissance durable conforme à nos objectifs".

Pari Sur L'oncologie

Le chiffre d'affaires du quatrième trimestre 2015 a reculé de 5%, à 6,40 milliards de dollars (5,8 milliards d'euros), sous le coup de l'expiration de certains brevets, tandis que le bénéfice par action ajusté sur la période est ressorti à 0,94 dollar, soit une hausse de 26%.

Les analystes financiers avaient anticipé respectivement 6,29 milliards de dollars et 0,95 dollar, selon un consensus Thomson Reuters.

Outre l'effet Crestor, les résultats de 2016 pâtiront aussi d'une dilution à court terme induite par les récentes acquisitions d'Acerta Pharma et de ZS Pharma.

"Les résultats d'AstraZeneca démontrent que des progrès sont accomplis et un certain nombre d'éléments positifs se détachent clairement", dit Mick Cooper, analyste chez Trinity Delta. "Toutefois, le sentiment général qui prévaut largement est qu'il faudra encore attendre avant de voir la lumière au bout du tunnel".

Pascal Soriot s'emploie à procéder à des acquisitions ciblées de biotechnologiques prometteuses destinées à renforcer la recherche interne, tout en revendant des actifs non stratégiques pour payer ces achats.

Ces cessions, ou accords d'"externalisation", ont apporté une contribution de 1,1 milliard de dollars au C.A. de 2015 et elle devrait être encore plus élevée cette année.

AstraZeneca parie sur l'oncologie comme vecteur de croissance et a élaboré plusieurs produits prometteurs, notamment le Tagrisso, un traitement du cancer du poumon lancé récemment.

Il veut également se développer plus particulièrement dans le segment de l'immuno-oncologie mais la concurrence y est plus rude, en particulier celle de l'américain Bristol-Myers Squibb , dont le traitement injectable Opdivo occupe une position de force.

Après trois années de refonte du groupe pharmaceutique, Pascal Soriot estime que le portefeuille de médicaments d'AstraZeneca est "complet", tout en restant disposé à réaliser des acquisitions qui seraient rentables dès le départ.

"Nous nous concentrons sur le développement de notre portefeuille de médicaments mais nous sommes bien sûr toujours en quête et ouverts aux opportunités d'acquisitions,", a-t-il déclaré à Reuters après la publication des résultats 2015.

"Nous n'allons pas réaliser de nouvelles acquisitions qui augmenteraient la taille de notre portefeuille. Nous sommes prêts à étudier des opérations qui seraient relutives, c'est-à-dire qui auraient un impact positif immédiat sur les résultats." (Wilfrid Exbrayat et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten et Bertrand Boucey)

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