Anglo American cède des actifs et suspend le dividende

mardi 8 décembre 2015 11h34
 

JOHANNESBURG, 8 décembre (Reuters) - Le groupe minier Anglo American a annoncé mardi un plan de restructuration prévoyant une réduction drastique de périmètre et une suspension du dividende jusqu'à la fin de 2016.

Confronté à la baisse des prix des matières premières, le groupe va réduire ses actifs de 60%, ramener ses effectifs à 50.000 personnes contre 135.000 actuellement et réorganiser ses six divisions en trois pôles, De Beers pour les diamants, Industrial Metals pour le platine et les métaux de base, et Bulk Commodities qui regroupera le charbon et le minerai de fer.

Anglo, cinquième groupe minier mondial par la capitalisation boursière, espère retirer quatre milliards de dollars (3,7 milliards d'euros) de ses ventes d'actifs, objectif revu en hausse par rapport à une première estimation de trois milliards, et il confirme son intention de vendre ses activités de phosphates et de niobium l'année prochaine.

"Nous avons continué de tenir nos objectifs de restructuration et de performance mais la gravité de la détérioration des prix des matières premières exige une action plus courageuse encore", a déclaré le directeur général Mark Cutifani.

Le groupe ne versera plus de dividende pour le restant de 2015 et en 2016, a-t-il ajouté.

Anglo, coté à Londres, a vu son cours de Bourse baisser de 70% depuis le début de l'année en dépit des efforts de redressement du groupe lancés dès 2013 par Mark Cutifani.

A ce jour, les ventes d'actifs lui ont rapporté deux milliards de dollars.

Anglo n'est pas le seul groupe minier à tailler ainsi dans le vif. Glencore, confronté à un lourd endettement, a également annoncé ces derniers mois des cessions d'actifs et la suspension de son dividende.

A la Bourse de Londres, l'action Anglo American perd 6,11% à 346,45 pence vers 10h30 GMT, la deuxième plus forte baisse de l'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 après Glencore, affectée comme ses pairs par la nouvelle chute des cours des matières premières et des métaux. L'indice sectoriel des ressources de bases recule de plus de 4%.

(Olivia Kumwenda-Mtambo, Véronique Tison pour le service français)