Maersk Line va réduire ses coûts et ses effectifs

mercredi 4 novembre 2015 12h34
 

COPENHAGUE, 4 novembre (Reuters) - Maersk Line, le numéro un mondial du transport de conteneurs, a annoncé mercredi un plan d'économies et de réduction de ses effectifs, complété par l'abandon d'options sur des commandes de nouveaux bateaux, en arguant du ralentissement de l'activité sur les liaisons entre l'Asie et l'Europe.

La société, filiale du groupe A.P. Moeller-Maersk , est considérée comme un baromètre de l'évolution du commerce mondial et du marché du transport maritime, dont la plupart des acteurs sont des entreprises non cotées, donc discrètes sur leurs résultats.

"Un certain nombre de marchés ont déçu avec une demande bien plus faible qu'attendu cette année", a déclaré le directeur général de Maersk Line, Soren Skou, lors d'une téléconférence.

"Il s'agit avant tout de toutes les lignes de l'Asie vers l'Europe, qui ont enregistré une croissance négative. Les Européens ont moins importé cette année depuis l'Asie que l'an dernier et, franchement, c'est une surprise", a-t-il ajouté, expliquant cette évolution par un mouvement de réduction des stocks.

Les liaisons vers les ports de matières premières, en Afrique de l'Ouest et sur la côte est de l'Amérique latine, ont aussi ralenti, ce que Soren Skou explique par l'évolution de la croissance en Chine, principale destination des matières premières. "Ce qui avait monté avec la Chine a baissé avec la Chine", a-t-il résumé.

Maersk Line prévoit d'économiser 250 millions de dollars sur ses dépenses commerciales et administratives sur les deux ans à venir et entend réduire ses effectifs de 17%, soit 4.000 personnes, principalement par non-remplacement des départs.

La compagnie va aussi renoncer à des options sur six bateaux de très grande capacité, des "Triple-E" de 400 mètres de long capables de transporter jusqu'à 20.000 conteneurs. L'exercice de ces options aurait profité aux chantiers navals sud-coréens de Daewoo Shipbuilding and Marine Engineering.

Maersk Line renoncera aussi à deux options pour des navires de capacité inférieure qui le liait au singaporien Cosco .

Les surcapacités de transport maritime pénalisent le secteur depuis longtemps déjà et ont eu pour effet d'alimenter la baisse des tarifs sur les liaisons Asie-Europe les plus fréquentées.

Néanmoins, plusieurs grandes compagnies, comme MSC ou CMA CGM, continuent de commander de grands bateaux pour remplacer des navires de moindre capacité, dans le but d'améliorer l'efficacité de leur flotte.

(Sabina Zawadski; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)