8 octobre 2008 / 14:33 / dans 9 ans

LEAD 2 Thales maintient ses prévisions pour 2008

(actualisé avec cours de Bourse, nouvelles déclarations, détails)

par Matthias Blamont

LAUPHEIM (Allemagne), 8 octobre (Reuters) - Mettant en avant un carnet de commandes solide et la récurrence de ses budgets de défense, Thales (TCFP.PA) a maintenu mercredi ses objectifs financiers pour 2008 même si son P-DG, Denis Ranque, a estimé que ces derniers représentaient un “défi” pour l‘entreprise dans le crise financière actuelle.

Le dirigeant du spécialiste de l’électronique pour l‘aéronautique, la défense et la sécurité a néanmoins reconnu que la santé financière de ses fournisseurs constituait un motif de préoccupation et souligné que Thales était prêt à agir si l‘un d‘entre eux devait se déclarer en difficulté, faisant écho à des propos similaires tenus la semaine dernière par Louis Gallois, président exécutif d‘EADS EAD.PA.

“Nous maintenons nos prévisions de croissance (du chiffre d‘affaires, ndlr) et de résultats, l‘incertitude sur les ventes porte sur une fraction de pourcentage. En matière de résultat, une marge opérationnelle à 7,25% va représenter un défi pour Thales mais c‘est un défi à plus ou moins 0,1 ou 0,2%, grâce aux facteurs de stabilité de l‘entreprise”, a dit Denis Ranque à des journalistes en marge d‘un déplacement à Laupheim (Allemagne).

Cette année, le spécialiste de l’électronique pour l‘aéronautique, la défense et la sécurité vise une marge d‘exploitation de 7,25%, à comparer à 7% en 2007, ainsi qu‘une augmentation de 6% de son chiffre d‘affaires.

Le groupe, qui collabore étroitement avec les constructeurs aéronautiques européen Airbus et américain Boeing (BA.N), avait annoncé fin juillet un bénéfice opérationnel en baisse de 6% et un résultat net divisé par près de moitié au titre du premier semestre, sans pour autant remettre en question ses ambitions pour l‘ensemble de l‘exercice [ID:nL9403246].

“La crise nous impacte relativement peu pour une série de raisons, nous avons plus de deux ans de carnet de commandes donc toutes les évolutions conjoncturelles sont lissées et, à l‘heure actuelle, nous ne voyons rien sur nos commandes”, a expliqué Denis Ranque.

“Nos clients ont des situations financières fortes, plus de 80% d‘entre eux sont des gouvernements ou des opérateurs d‘infrastructures qui ont des revenus réguliers, ils ne subissent pas la crise. De plus, notre bilan est équilibré : nous ne sommes pas endettés et nous ne sommes pas du tout dépendants de financements extérieurs”, a-t-il ajouté.

Thales a clôturé mercredi en baisse de 4,7% à 31,86 euros dans un marché de nouveau très déprimé [ID:nL8345549]. Depuis le début de l‘année, il perd 21,8%.

INQUIETUDES SUR LES FOURNISSEURS

Denis Ranque a jugé que la solidité des fournisseurs de son groupe était source d‘inquiétudes. “Autant nous avons de grands clients, autant nous avons des fournisseurs de toutes tailles et, pour les petits, nous avons lancé une étude pour voir qui serait touché par la crise du crédit et si nous avions un fournisseur défaillant, nous ferions en sorte qu‘il ne le reste pas”, a-t-il assuré.

EADS, la maison mère d‘Airbus, a de son côté annoncé le 3 octobre qu‘elle viendrait à l‘aide de son équipementier Latécoère (LAEP.PA), déstabilisé financièrement [ID:nL3557738].

Aux côtés du conglomérat allemand Diehl Aerospace, Thales a signé début août l‘acquisition du site industriel de Laupheim auprès d‘Airbus, une cession qui s‘inscrit dans le cadre du plan d’économies “Power 8” du constructeur.

Le site de Laupheim, spécialisé dans les aménagements de cabine, permet à Thales de devenir un partenaire de rang 1 (Tier one) pour Airbus en fournissant des équipements pour les familles A320, A330-A340, A380 et A350 XWB.

François Quentin, directeur général adjoint de Thales en charge des activités aéronautiques, a de son côté expliqué que son entreprise avait significativement augmenté sa position sur le futur long courrier A350 XWB, lequel viendra concurrencer, à partir de 2013, le 787 de Boeing.

“Avec une part de marché de 40% (le groupe affronte la concurrence du japonais Panasonic, ndlr), nous allons être en mesure de dégager un chiffre d‘affaires de sept millions de dollars par avion, c‘est douze fois plus que sur l‘A330”, a-t-il observé.

“Avec la montée en puissance des programmes A350 et A380, le site de Laupheim devrait tourner autour de 400 millions d‘euros de chiffre d‘affaires en 2011 (240 millions en 2007,ndlr)”, avait-il précisé dans la matinée. /MB

Matthias Blamont, édité par Benoît Van Overstraeten

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