7 avril 2009 / 12:37 / dans 8 ans

LEAD 2 EADS-Gallois confiant pour l'A400M, risque au Royaume-Uni

* EADS maintient son engagement de construire l‘A400M mais n‘exclut pas une annulation des commandes du Royaume-Uni

* Visibilité sur 6 à 7 mois, l‘année 2010 jugée “cruciale”

* Remplacement prochain du président du conseil d‘administration Rüdiger Grube

(Actualisé avec détails)

par Matthias Blamont

PARIS, 7 avril (Reuters) - EADS EAD.PA s‘est une nouvelle fois engagé mardi à mener à terme le programme d‘avion de transport militaire A400M, actuellement en retard de près de quatre ans, mais n‘a pas écarté une éventuelle annulation de la commande placée par le Royaume-Uni.

Louis Gallois, président exécutif du groupe européen d‘aéronautique et de défense, a également déclaré que 2010 serait “cruciale” pour l‘entreprise, qui ne dispose selon lui que d‘une visibilité de “six à sept mois” alors que la crise économique continue d‘exercer une pression forte sur l‘activité des compagnies aériennes.

Interrogé sur la possibilité d‘une annulation de tout ou partie de la commande de 25 A400M passée par la Grande-Bretagne - qui pourrait par exemple louer d‘autres appareils pour répondre rapidement aux besoins de ses forces armées, notamment en Afghanistan et en Irak - le dirigeant d‘EADS a estimé qu‘une telle décision porterait “incontestablement un coup sérieux” au programme mais qu‘elle ne signerait pas nécessairement la fin d‘un projet dont le développement est estimé à quelque 20 milliards d‘euros.

“On peut continuer sans eux mais je ne le souhaite pas. Nous avons des capacités industrielles très importantes en Grande-Bretagne qui ne demandent qu’à fonctionner. Les Anglais ont un potentiel technologique utile pour l‘avion, leur commande est importante pour le ‘business plan’ et il ne faut pas ménager nos efforts pour qu‘ils restent dans le programme”, a-t-il dit au cours d‘une conférence consacrée aux questions de défense organisée par le quotidien Les Echos.

Louis Gallois a ajouté qu‘il était “convaincu” que le programme A400M était indispensable à la défense et à l‘industrie européennes. “Cet avion nous pousse à la limite de la technologie dans tous les domaines mais c‘est un appareil qui va voler pendant 40 à 50 ans”, a-t-il mis en avant.

L‘A400M a enregistré 192 commandes à ce jour dont 180 passées par sept pays de l‘Otan : l‘Allemagne, la Belgique, l‘Espagne, la France, la Grande-Bretagne, le Luxembourg et la Turquie.

Certains, dont le Royaume-Uni et l‘Allemagne, ont manifesté un mécontentement très vif face à l‘accumulation des retards de développement de l‘avion et ont déclaré étudier des solutions alternatives. EADS et l‘Occar, l‘autorité publique chargée de représenter les sept pays de l‘Otan clients, devraient signer dans les prochains jours un moratoire destiné à geler toute décision unilatérale jusqu‘en juillet.

D‘ici là, des négociations liées au versement d’éventuelles pénalités de retard devraient avoir lieu.

EADS a prévenu début mars que de nouvelles “provisions A400M” étaient susceptibles d‘affecter son résultat opérationnel au cours des prochains mois alors que les surcoûts du programme atteignent déjà deux milliards d‘euros. Selon certains analystes, les dépassements pourraient atteindre trois milliards d‘euros en 2009.

VISIBILITE TOUJOURS REDUITE, DEPART DE RÜDIGER GRUBE

Revenant sur les perspectives d‘EADS et de sa principale division Airbus, Louis Gallois a rappelé que les effets de la crise étaient décalés dans le temps.

“A ce stade, je ne peux faire de pronostic ni sur 2010 ni sur la fin 2009, notre visibilité et celle d‘Airbus en particulier est de six à sept mois, a-t-il expliqué. Nous ne savons pas ce que vont faire les compagnies aériennes en termes de commandes ou de livraisons.”

Mardi, Air France-KLM (AIRF.PA), première compagnie aérienne européenne, a annoncé que son trafic de passagers avait reculé de 9,4% en mars [ID:nL7685720].

Louis Gallois a répété qu‘EADS envisageait toujours d‘effectuer des acquisitions aux Etats-Unis dans le cadre de sa stratégie de diversification dans la défense et la sécurité, mais a indiqué que le contexte actuel ne permettait pas de nouer d‘opérations à court terme et que la priorité allait à la préservation de la trésorerie.

Alors que Rüdiger Grube, président du conseil d‘administration d‘EADS, annonçait mardi matin qu‘il démissionnerait de ses fonctions s‘il était nommé à la présidence du directoire de la Deutsche Bahn [DBN.UL] [ID:nL7932670], Louis Gallois a semblé avoir déjà intégré son départ.

“Je suis heureux pour lui car il va prendre une position à un poste passionnant mais je suis triste car nous avons formé un couple formidable. Depuis 2007, nous avons mis en place une gouvernance qui a pacifié les choses, permis de revenir au ‘business’ et d‘estomper le conflit latent dans l‘entreprise entre Français et Allemands.”

Les statuts d‘EADS prévoient que les intérêts allemands au capital de la société nomment le prochain président du conseil d‘administration. Pour Louis Gallois, le nouveau dirigeant devrait être connu “rapidement.”

Certaines sources industrielles indiquent que Bodo Ubber, directeur financier du constructeur automobile Daimler (DAIGn.DE), qui contrôle 22,5% du capital d‘EADS, est bien placé pour succéder à Rüdiger Grube.

Edité par Pascale Denis

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