AB Inbev - Le bénéfice bat le consensus au T1, cession en Corée

jeudi 7 mai 2009 08h00
 

BRUXELLES, 7 mai (Reuters) - Anheuser-Busch InBev INTB.BR, premier brasseur mondial, a annoncé jeudi une hausse plus forte qu'attendu de son excédent brut d'exploitation et la vente d'une filiale en Corée du Sud mais il a mis en garde contre des bases de comparaison défavorables pour la suite de l'exercice.

Le groupe a réalisé sur les trois premiers mois de l'année un bénéfice avant impôt, charges financières, dépréciation et amortissement (Ebitda) de 2,79 milliards de dollars (2,1 milliards d'euros), en hausse de 25,9% à données comparables, alors que 13 analystes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne un résultat de 2,56 milliards.

Le propriétaire, entre autres, des marques Budweiser, Stella Artois et Beck's publie pour la première fois des résultats en dollars. Il note que toutes ses régions d'activité ont amélioré leur marge d'Ebitda, notamment l'Amérique du Nord où elle ressort à 37,3% contre 29,9%.

L'Amérique du Nord représente environ 40% du chiffre d'affaires du groupe après le rachat l'an dernier d'Anheuser-Busch par InBev pour 52 milliards de dollars. L'Ebitda de la zone a progressé de 31,7% à données comparables.

AB InBeV met toutefois en garde contre l'évolution des perspectives, expliquant que "l'environnement général reste chargé de défis" et que "les comparaisons deviennent de plus en plus difficiles".

Les volumes de ventes ont augmenté de 0,9% au premier trimestre alors qu'ils étaient attendus globalement stables; le groupe affiche ainsi une évolution plus favorable que celle de ses concurrents: SABMiller SAB.L, numéro deux mondial, a vu ses volumes baisser de 1% tandis que Heineken (HEIN.AS: Cotation) et Carlsberg (CARLb.CO: Cotation) affichent des reculs respectifs de 6,3% et 5% à données comparables.

AB InBev a aussi annoncé ce jeudi son intention de céder le sud-coréen Oriental Brewery au groupe de capital-investissement Kohlberg Kravis Roberts & Co pour 1,8 milliard de dollars. L'opération, qui générera une plus-value de 500 millions de dollars, permettra de réduire l'endettement net du groupe, porté à 45 milliards par le rachat d'Anheuser-Busch.

Le groupe, qui s'est fixé un objectif d'économies liées à la fusion de 2,25 milliards de dollars sur trois ans, précise qu'elles ressortent à 295 millions sur les trois premiers mois de l'année.

En Bourse, le cours d'AB InBev a plus que doublé par rapport au plus bas touché en novembre, après une baisse favorisée par les inquiétudes sur la dette et une augmentation de capital. La valeur affiche désormais une surcote de 25 à 30% par rapport à ses concurrents européens sur la base du ratio cours/bénéfice.

Pour certains investisseurs, cette surcote est justifiée par la solidité de la génération de cash-flow et par les économies. Mais d'autres jugent que ces dernières sont déjà intégrés dans le cours.

(Philip Blenkinsop, version française Marc Angrand)