Sanofi ne juge pas des acquisitions "indispensables"-Pdt

lundi 30 mars 2015 08h38
 

PARIS, 30 mars (Reuters) - Sanofi ne juge pas des opérations de croissance externe indispensables à sa stratégie dans un secteur pharmaceutique marqué l'an dernier par une forte activité de fusions et acquisitions, déclare le président du conseil d'administration du groupe, Serge Weinberg, dans une interview aux Echos de lundi.

"Nous avons étudié des dossiers mais nous n'avons pas trouvé les éléments qui justifiaient les prix proposés pour ces activités. De notre côté, nous avons fait le choix d'un équilibre entre une stratégie d'innovation et de diversification qui ne rend pas indispensables des acquisitions", a-t-il dit.

Interrogé sur les grandes manoeuvres qui ont marqué le secteur en 2014, Serge Weinberg a répondu qu'elles s'expliquaient par plusieurs raisons. "Certaines tiennent à des raisons fiscales, et notamment à la 'tax inversion' des labos américains. D'autres sont liées à des stratégies spécifiques à certains acteurs. C'est le cas de Valeant, dont le 'business model' repose en partie sur une contraction des efforts de recherche pour générer de la valeur. D'autres sont liées à un redécoupage pur et simple des portefeuilles."

Le canadien Valeant a annoncé le 16 mars avoir relevé son offre d'achat sur Salix à 10,4 milliards d'euros en numéraire, surenchérissant ainsi sur Endo qui a jeté l'éponge..

Après l'éviction de Chris Viehbacher à l'automne dernier, Sanofi a annoncé la nomination en date du 2 avril d'Olivier Brandicourt comme nouveau directeur général. Serge Weinberg, qui a assuré l'intérim à la direction générale, a indiqué que Sanofi reviendrait alors à un partage des pouvoirs classique.

Il a souligné qu'il jouerait ainsi désormais "le rôle d'un président de conseil d'administration, c'est-à-dire de participer à l'élaboration du plan stratégique, de contrôler son exécution et puis de veiller à la qualité des comptes et de la communication financière", a-t-il dit aux Echos. "J'ai été amené par les circonstances à prendre la responsabilité de directeur général. Je ne l'avais pas souhaité. Olivier Brandicourt aura les pleins pouvoirs pour diriger le groupe. Il ne peut pas y avoir de double commande dans une entreprise." (Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot)