Goldman contraint de déprécier un prêt à Espirito Santo

mercredi 14 janvier 2015 11h59
 

NEW YORK, 14 janvier (Reuters) - Goldman Sachs a dû déprécier au quatrième trimestre un prêt accordé à la banque portugaise en difficulté Banco Espirito Santo, ce qui a pesé sur ses résultats et les bonus distribués à certains de ses salariés, a-t-on appris de plusieurs sources.

La dépréciation est intervenue en toute fin de trimestre, après la décision rendue le 22 décembre par la banque centrale portugaise qui a définitivement privé certains créanciers de Banco Espirito Santo de tout espoir de remboursement.

Plusieurs hauts dirigeants de Goldman Sachs se sont réunis le 24 décembre pour débattre du sujet et de ses conséquences, notamment sur les bonus, ont rapporté plusieurs personnes proches du dossier.

Quinze à 20 personnes ont travaillé sur l'opération BES mais la dépréciation pourrait avoir un impact sur les bonus d'une cinquantaine de personnes au total.

Goldman et certains de ses clients ont prêté en juillet 835 millions de dollars (710 millions d'euros) à BES par l'intermédiaire d'un véhicule basé au Luxembourg, Oak Finance Luxembourg SA.

BES a reçu le mois suivant 4,4 milliards d'euros de la Banque du Portugal avant d'être scindée en deux, ses actifs les plus risqués étant cantonnés dans une structure de défaisance aujourd'hui en cours de liquidation tandis que les plus sains étaient regroupés dans Novo Banco.

Certains responsables de Goldman Sachs jugeaient que le prêt d'Oak Finance serait protégé dans la nouvelle structure, en partie parce qu'un haut responsable de la Banque du Portugal l'avait écrit noir sur blanc, a déclaré une porte-parole de la banque américaine. Mais le 23 décembre, Novo Banco a annoncé que la banque centrale avait décidé de ne pas transférer le prêt à Novo Banco.

La probabilité d'un remboursement du prêt s'en trouve donc considérablement réduite, tout comme la valeur de la créance.

On ignore quelle part des 835 millions de dollars a été apportée directement par Goldman Sachs.

Une source a déclaré que l'impact de la dépréciation sur les résultats ne serait pas "important", ce qui sous-entend que la banque n'aura pas à fournir des explications détaillées dans ses résultats trimestriels, attendus vendredi. (Lauren Tara LaCapra, Marc Angrand pour le service français)