Takata pessimiste sur son résultat, s'excuse pour ses airbags

jeudi 6 novembre 2014 12h07
 

par Mari Saito et Maki Shiraki

TOKYO, 6 novembre (Reuters) - L'équipementier automobile japonais Takata, dont les airbags sont mis en cause dans une enquête sur la mort de quatre personnes aux Etats-Unis, a annoncé jeudi que sa perte serait plus élevée que prévu en 2014 et qu'il passerait le dividende pour la première fois depuis son introduction à la Bourse de Tokyo en 2006.

Takata, qui fournit ses coussins gonflables à de nombreux constructeurs, est confronté à un problème chronique avec ses actionneurs d'airbags, susceptibles d'exploser avec une force excessive et de projeter des pièces métalliques dans l'habitacle.

Ce défaut a amené les autorités américaines à ouvrir une enquête et il a entraîné le rappel de 17 millions de voitures à travers le monde au cours des six dernières années.

Devant une salle de conférence bondée à la Bourse de Tokyo, le vice-président exécutif et directeur financier de Takata s'est incliné en signe d'excuses envers les clients affectés par ces rappels. "Nous voudrions présenter nos excuses pour les soucis et les inquiétudes causés à tous nos clients, constructeurs automobiles et actionnaires qui ont été affectés par les rappels répétés de voitures équipées de nos airbags", a dit Yoichiro Nomura.

Takata, qui occupe 22% du marché mondial des actionneurs d'airbags, a déjà provisionné 75 milliards de yens (522 millions d'euros), soit une somme à peu près suffisante pour couvrir le rappel de neuf millions de véhicules. Il dit avoir inscrit une charge supplémentaire de 2,3 milliards de yens pour la période juillet-septembre afin de couvrir le rappel de 160.000 autres voitures.

Il n'a en revanche pas mis de fonds de côté pour couvrir d'éventuelles actions de groupe à son encontre devant la justice américaine et affirme ne pas avoir subi d'annulations de commandes.

Takata a enregistré une perte exceptionnelle de 49,9 milliards de yens (348 millions d'euros) pour le semestre avril-septembre, en intégrant des coûts sans rapport avec les rappels de voitures.

L'équipementier japonais, qui conserve une trésorerie importante, a revu sa prévision de résultat annuel à la baisse et envisage une perte nette de 25 milliards de yens contre 24 milliards prévus auparavant. Cette prévision se fonde sur l'hypothèse qu'il aura à supporter l'intégralité du coût des rappels, avec "la responsabilité des constructeurs", a précisé Yoichiro Nomura, tout en disant ne pas être informé de la moindre négociation à ce sujet avec les constructeurs.

Il a fait état d'une perte nette de 35,24 milliards de yens au premier semestre, contre un bénéfice de 769 millions de yens un an auparavant.

Takata a effectué ces annonces après la clôture de la Bourse de Tokyo. Le titre, qui a perdu quasiment la moitié de sa valeur depuis janvier, avait auparavant fini la séance en baisse de 1,4% à 1.527 yens. (Bertrand Boucey pour le service français, édité par Véronique Tison)