Reckitt va scinder son traitement de la dépendance à l'héroïne

lundi 28 juillet 2014 12h16
 

LONDRES, 28 juillet (Reuters) - Reckitt Benckiser a annoncé lundi son intention de scinder dans les douze mois à venir son traitement de la dépendance à l'héroïne dont les ventes baissent face à la concurrence des génériques.

Les ventes de Suboxone ont chuté et Reckitt a deux nouveaux médicaments en route, susceptibles de diversifier ses sources de revenu et d'améliorer la valorisation du segment en Bourse.

Le laboratoire britannique avait placé le Suboxone sous revue stratégique en octobre et déclaré en avril qu'il penchait en faveur d'une scission plutôt qu'une cession.

Les évaluations des analystes financiers divergent largement en raison de l'incertitude concernant l'impact à plus long terme de la concurrence des génériques. Deutsche Bank valorise le traitement à 2,9 milliards de livres (2,16 milliards d'euros), dette comprise. Les premières valorisations d'autres analystes s'échelonnent entre deux milliards et 5,5 milliards de livres.

Le groupe britannique n'a pas complètement écarté l'éventualité d'une simple vente de Suboxone si un acheteur se manifeste. Il n'a pas non plus décidé s'il garderait ou non une participation en cas de scission.

Reckitt, qui produit aussi les préservatifs Durex et l'antalgique Nurofen, a par ailleurs publié un chiffre d'affaires en hausse de 4% pour le premier trimestre, à taux de change constant et hors Suboxone, dont les ventes ont baissé de 8%. La hausse du chiffre d'affaires est conforme aux attentes.

Le groupe a maintenu son objectif d'une croissance de 4% à 5% de son chiffre d'affaires en 2014 et s'attend à une poursuite de la croissance de sa marge bénéficiaire suite à ses récents efforts de réduction des coûts, notamment dans la publicité.

L'action Reckitt prend 2,76% à Londres à mi-journée.

Selon les analystes de Bernstein, la part de marché de Suboxone aux Etats-Unis est actuellement de 79% contre 85% avant l'arrivée des produits génériques en mars de l'an dernier. (Martinne Geller, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)